COLLECTIF NATIONAL POUR LES DROITS DES FEMMES
CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES
TOUTES ET TOUS A PARIS
Samedi 24 Mars
14H30 République
Pour protéger les structures qui accueillent les femmes victimes de violences et promouvoir la proposition de loi cadre, le Collectif national pour les droits des femmes et la Fédération nationale solidarité femmes avec le soutien de nombreuses associations et organisations appellent a une manifestation nationale a Paris le samedi 24 mars.
A la demande d une assistante sociale du Val de Marne, l’association Sedire de Dunkerque, membre de la Fédération Nationale Solidarité Femmes, héberge une femme, mère de 3 enfants, victime de violences conjugales graves ayant entrainé une hospitalisation.
2006 : le père des enfants, auteur des faits de violences cite en correctionnelle la présidente et la directrice de l association pour soustraction " d un enfant mineur des mains de ceux qui exercent l autorité parentale " (article 227-7 du Code pénal).
8 décembre 2006 : la procédure est déclarée nulle pour vice de forme mais l affaire n est évidemment pas terminée... Elle doit repasser en justice prochainement.
Cette affaire met dramatiquement en lumière les difficultés de protection des femmes victimes de violences conjugales lorsqu elles décident d une procédure de séparation. L’opinion publique s émeut du fait que tous les trois jours une femme meurt suite a des violences conjugales, mais la loi impose que le détenteur de l’autorité parentale puisse voir ses enfants meme s il est très violent avec leur mère au point de l’envoyer à l’hopital, au point de risquer un homicide. Quelle schizophrénie !
Dans une société qui se targue d’avoir progressé dans la prise en compte des violences faites aux femmes, cette affaire est proprement intolérable ! Elle risque de remettre en cause tout le travail réalisé par les structures, issues pour la plupart des mouvements féministes, qui visent a protéger les femmes victimes de violences afin de leur rendre leur autonomie et leur capacité de vivre de manière indépendante.
Les féministes luttent depuis 1972 contre les violences faites aux femmes. Meme si de nombreux progrès ont été réalisés, il est temps maintenant de prendre en compte dans sa globalité et de facon résolue la lutte contre les violences faites aux femmes afin de rendre dans les faits ces violences hors la loi et d assurer aux victimes toute la reconnaissance à laquelle elles ont droit.
C est dans ce sens que le Collectif national pour les droits des femmes a élaboré une proposition de loi cadre contre les violences faites aux femmes qui prend en compte l aspect préventif, d information, de solidarité, judiciaire, financier, prévention de la récidive, etc.
TRACT UNITAIRE
CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES
TOUTES ET TOUS A PARIS
SAMEDI 24 MARS
14H30 REPUBLIQUE
MANIFESTATION NATIONALE
LES FAITS
En France, une femme décède tous les trois jours sous les coups de son compagnon (Etude nationale des décès au sein du couple, Directions générales de la police nationale et de la gendarmerie nationale. Bilan des 9 premiers mois 2006).
60% des appels nocturnes de Police secours à Paris concernent des violences conjugales ( Enquête Droit des Femmes 1988).
48 000 femmes sont violées par an et seulement 8% portent plainte (Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France 2002).
Même si les évaluations nationales manquent, les associations féministes agissent auprès de nombreuses jeunes filles dans des situations de mariages forcés.
« La violence à l’égard des femmes est un fléau répandu dans le monde entier dont souffre une femme sur trois en moyenne au moins une fois dans sa vie, selon un rapport du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, publié mardi 10 octobre 2006. » Le Monde 11 octobre 2006.
LE SCANDALE
Et pourtant en France il n’existe pas, gravé dans le marbre de la loi, de
politique de prévention systématique contre les violences faites aux
femmes, ni de prise en compte des violences psychologiques par
exemple. La législation est parcellaire et incomplète.
En France on a pu afficher en 2000, au nom de l’humour, sur les
panneaux publicitaires de nos villes : « Babette, je la lie, je la fouette
et parfois elle passe à la casserole... » Il s’agit de crème fraîche mais
ça vous fait penser à quoi ?
Ce scandale va-t-il encore durer longtemps ? La société ne doit-elle pas se donner de véritables moyens de lutte contre les violences faites aux femmes ?
Autre scandale : des dirigeantes d’associations sont attaquées : la présidente et de la directrice de l’association Sedire de Dunkerque sont poursuivies pour soustraction « d’enfant par ascendant des mains
de la personne chargée de sa garde », après avoir mis en sécurité une femme, mère de 3 enfants, victime de violences graves.
Et pourtant, ces associations remplissent des missions de service
public. Elles ont du mal à fonctionner puisque leurs budgets ne sont
jamais assurés et régulièrement revus à la baisse. Et maintenant les
directions de ces associations peuvent être menacées par des
attaques en justice !
Cette attaque risque de mettre en péril toutes les structures de
solidarité mises en place par le Mouvement féministe.
C’est notre bien
commun qui est visé, ce qui est inacceptable !
EGALITAIRE ET DEMOCRATIQUE, NOTRE PAYS ?
Ces violences se passent en France aujourd’hui, dans le pays qui se
veut toujours le fer de lance de la défense des droits humains. Leur
ampleur, très tôt mise en lumière par les associations, a été
corroborée par l’Enquête nationale sur les violences envers les
femmes en France de 2002. Ces violences ne sont-elles pas une
atteinte à la démocratie, au principe d’égalité femmes/ hommes ?
Elles sont en fait le point extrême de toutes les discriminations et
oppressions à l’encontre des femmes et sont le moyen de contrôle
social sur elles. Elles ont lieu sensiblement dans les mêmes
proportions, dans tous les milieux, toutes les classes sociales
(Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France
2002).
LA MANIFESTATION
Le 24 mars 2007 aura lieu une manifestation nationale sur les
violences faites aux femmes.
Cette manifestation portera sur :
- la défense de la présidente et de la directrice de l’association
Sedire de Dunkerque.
- la prise en compte réelle de la proposition de loi cadre contre les
violences à l’encontre des femmes élaborée par le Collectif national
pour les droits des femmes qui vise, à l’instar de la loi espagnole, à
intégrer dans un même texte les aspects préventifs, d’information,
de solidarité, judiciaires, financiers, de prévention de la récidive,
etc qui sont à l’heure actuelle absents de la législation.
- la nécessité d’un Ministère d’Etat à l’égalité femmes- hommes
disposant de réels pouvoirs transversaux dans l’ensemble des
ministères. Celui ci devra être doté des moyens correspondants à
l’ampleur et à la diversité de sa tâche.
A l’initiative de :
Collectif national pour les
droits des femmes,
Fédération nationale
Solidarité Femmes,
Mouvement français pour le
Planning familial,
Collectif féministe
contre le viol,
Femmes Solidaires
Avec le soutien de :
Elu/es contre les violences
faites aux femmes,
Groupe pour l’Abolition des
Mutilations Sexuelles,
Observatoire départemental
des violences envers
les femmes de
Seine-Saint-Denis,
Maison des femmes de Paris,
Marche Mondiale
contre la pauvreté et les
violences, Collectif
Féminin-Masculin (Vitry 94),
Rajfire
Et de :
APEL, Association pour
l’Égalité, Association des
Tunisiens en France,
Atalante vidéo féministe,
ATTAC, CADAC,
CAFO Mali France,
CGT, Collectif 13 Droits des
Femmes, Coordination
Lesbienne en France,
CQFD Fierté Lesbienne,
Encore Féministes !, FSU,
Groupe Femmes de
Turquie/L’ACORT,
La Meute, LCR, LDH,
Les Alternatifs,
Les Chiennes de garde,
Les Verts, MFPF-69,
Mille et Une Femmes,
Mix-Cité, MJS, Parti
Communiste Français,
Parti socialiste,
Pluri-Elles Algérie,
Rien sans elles à Brest.
Union syndicale Solidaires,
Voix rebelles
le jeudi 15 mars 2007
P.S. :
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