Solidaires, un autre syndicalisme !
Vous vous interrogez sur l’utilité du syndicalisme et l’intérêt de vous syndiquer…
Par cette brochure, nous souhaitons vous présenter l’Union syndicale Solidaires et vous
convaincre que votre engagement au sein de Solidaires peut vous aider à faire respecter
vos droits, à faire vivre les principes de solidarité et de justice sociale et à mener les
luttes indispensables face au pouvoir patronal et aux attaques antisociales.
Seul-e, nous
n ‘allons nulle part ; ensemble, tout est possible !
SOMMAIRE
3 Le syndicat, c’est quoi ?
4 Solidaires
5 Carte de visite
8 Une organisation et un mode de fonctionnement originaux
11 Déclaration du 5e congrès
UNION SYNDICALE SOLIDAIRES
144 boulevard de la Villette - 75019 Paris
Tel : 01 58 39 30 20 t : 01 43 67 62 14
Mail : contact@solidaires.org
Site : www.solidaires.org
Le syndicat, c’est quoi ?
Face aux suppressions d’emploi, aux
remises en cause de nos droits, aux abus
des patrons, les « débrouilles » individuelles
ne peuvent être une solution.
Nous avons besoin d’un outil pour mieux nous
défendre, individuellement et collectivement.
Cet outil, c’est le syndicat !
* Le syndicat a une double fonction : la défense
des revendications des salarié-e-s quels que
soient leur entreprise ou leur statut, et la transformation
sociale, c’est-à-dire la possibilité
d’agir sur son environnement professionnel et
être acteur de sa vie.
* Le syndicalisme agit pour réduire les inégalités
économiques et sociales, et pour permettre
l’élévation du niveau de vie du plus grand
nombre et prioritairement des plus démunis.
* Le syndicalisme lutte pour l’amélioration
des acquis sociaux, défend les revendications
spécifiques de chacun-e tout en cherchant à
dépasser la vision sectorielle pour unifier les
préoccupations des salarié-e-s.
* Le syndicat est une structure regroupant les
salarié-e-s, c’est à dire toutes celles et ceux
qui ont un CDI, un CDD, un emploi statutaire,
sont en stages, en formation, au chômage, en
retraite.
Solidaires
L’Union syndicale Solidaires est une union
interprofessionnelle qui rassemble des
organisations syndicales aux histoires
assez différentes, à l’image de leurs équipes
militantes comme de leurs adhérent-e-s. Mais
les projets et les aspirations rassemblent et
convergent autour de valeurs, démarches
et pratiques qui construisent une identité
commune selon des règles de fonctionnement
originales.
Solidaires fédère des syndicats et des fédérations
de la fonction publique, des entreprises
publiques et du secteur privé. Au 1er juin 2011,
elle regroupait cinquante-sept organisations
syndicales professionnelles nationales et structurait
des unions locales dans la quasi-totalité
des départements.
Son mode de fonctionnement repose sur une
volonté partagée de créer une force d’entraide
permettant à chaque organisation d’exister
avec plus de puissance d’action et d’expression
dans le champ syndical global.
Il est également marqué par la volonté de
mutualiser les moyens, les savoir-faire des uns
et des autres, les compétences acquises dans
certains domaines, pour en faire profiter l’ensemble
de notre Union syndicale. Le souci de
préserver l’autonomie des organisations, de ne
pas les déposséder de leurs positions, d’éviter
les dérives bureaucratiques et la mise en place
de superstructures de plus en plus éloignées
des réalités des adhérent-e-s, nous a conduit à
essayer d’inventer une autre manière de fonctionner.
Carte de visite
Les syndicats membres appartiennent à
des secteurs professionnels très divers -
relevant aussi bien du secteur public que
du secteur privé : aérien, banques et finances,
commerce, culture, éducation, énergie, hôtellerie
et restauration, industrie, métallurgie,
Poste et télécommunication, prévention et
sécurité, rail, recherche, santé, secteur associatif...
Aujourd’hui, Solidaires est la première
organisation syndicale dans un certain nombre
d’établissements, d’entreprises, de services,
d’administrations, de ministères...
Cette union interprofessionnelle, qui compte
actuellement 100 000 adhérent-e-s, met en
oeuvre un fonctionnement original basé sur la
recherche constante de ce qui unit plutôt que
de ce qui divise. Il s’agit de mieux s’organiser
pour mieux agir ensemble et éviter les phénomènes
d’institutionnalisation, de délégation
de pouvoir, d’experts, de superstructures que
connaissent trop souvent les grandes confédérations.
C’est une autre façon de vivre les structures
interprofessionnelles. En ce sens, nous avons
l’ambition de contribuer à répondre à la crise
du syndicalisme et de participer à sa rénovation
pour redonner aux salarié-e-s le goût de
l’action collective.
◗ Le syndicalisme est un outil pour
l’action collective. Il doit en déterminer
les formes les plus appropriées.
Il n’y a pas « une » forme d’action
collective meilleure en soi. Il faut
partir de la réalité.
Trouver la démarche la plus adaptée,
celle qui va rassembler le plus
de monde, qui sera la plus mobilisatrice,
celle dans laquelle le maximum
de salarié-e-s sera prêt à s’engager.
Voilà ce qui importe.
Ainsi, une pétition signée par tout un
service peut être plus efficace qu’une
grève suivie à 2 % !
Si le problème est un problème
interprofessionnel, il faut mettre en
oeuvre un mouvement interprofessionnel,
mais il n’y a pas de forme
d’action privilégiée a priori. Par
ailleurs, s’il importe que la
forme d’action soit proposée
par le syndicat, elle
doit pouvoir être discutée
par les concerné-e-s
eux-mêmes, syndiqué-e-s
ou non-syndiqué-e-s, en
assemblée générale ou
lors de consultations.
Les « non-syndiqué-e-s » doivent
avoir eux/elles aussi le droit de décider,
ne serait-ce que parce qu’ils/
elles sont présent-e-s dans les luttes.
◗ Historiquement issue essentiellement du secteur public, notre
Union syndicale a considérablement élargi son champ d’activité,
malgré les difficultés liées aux lois sur la représentativité, aux
entraves juridiques utilisées par nombre de directions d’entreprise…
et d’organisations syndicales qui ne pensent pas qu’il appartient aux
seul-e-s travailleurs-euses de choisir leurs représentant-e-s.
Ce fonctionnement privilégie la recherche du
consensus et donc de ce qui unit plutôt que de
ce qui divise.
Solidaires entend mettre en oeuvre un syndicalisme
de contre-pouvoir qui lie défense
quotidienne des salarié-e-s et transformation
de la société. Un syndicalisme de lutte pour
la construction d’un rapport de forces en vue
de contrer les politiques patronales et gouvernementales.
Un syndicalisme de lutte pour la
mise en oeuvre de projets alternatifs favorables
aux salarié-e-s quels que soient leur statut ou la
taille de leur entreprise, aux chômeurs/euses,
aux précaires, aux retraité-e-s et aux sansdroits.
Un syndicalisme qui agit contre toutes
les discriminations, qu’elles soient liées au sexe,
à l’orientation sexuelle ou à l’origine. Solidaires
s’inscrit dans une démarche féministe en agissant
pour l’égalité entre les hommes et les
femmes.
Aujourd’hui, il s’agit de créer des conditions
d’actions efficaces pour imposer d’autres choix
économiques et sociaux.
Pour Solidaires, défendre efficacement les
travailleurs/euses, c’est être capable d’agir sur
l’ensemble des facteurs qui déterminent leurs
conditions d’existence.
Agir localement contre les décisions patronales
ou gouvernementales ne peut suffire si, dans le
même temps, rien n’est fait pour s’attaquer aux
causes premières à l’origine de ces décisions.
Notre Union syndicale essaye de développer
une stratégie et une pratique syndicales, au
niveau professionnel comme au niveau interprofessionnel,
permettant aux sala-rié-e-s de
mieux faire le lien entre ce qu’ils/elles vivent sur
leur lieu de travail et une mondialisation libérale
et financière en marche d’un bout à l’autre
de la planète. C’est pourquoi notre syndicalisme
ne s’arrête pas à la porte des lieux de
travail et s’inscrit pleinement dans un mouvement
global.
Dans un contexte où les salarié-e-s, les
chômeurs/euses et les retraité-e-s sont les
premières victimes d’une crise dont ils/elles ne
sont aucunement responsables, il est primordial
de renforcer le syndicalisme de lutte et
de transformation sociale qui agit à tous les
niveaux - local, national, européen, international
pour imposer ensemble un autre partage
des richesses dans un monde plus solidaire et
plus égalitaire !
◗ Notre démarche s’inspire de la Charte
d’Amiens : défense immédiate des
salarié-e-s , transformation sociale et contrepouvoir
! Nos rapports avec le domaine
politique se nourrissent aussi du bilan que
font nos militants à propos de « la gauche
au gouvernement », notamment du parti
socialiste. Nous avons appris qu’il faut juger
les « politiques » à leurs actes, et non à leurs
déclarations ou leurs promesses. Nous
sommes, non seulement par principe mais
aussi dans la réalité, attaché-e-s à l’indépendance
du syndicat. D’un point de vue organisationnel,
cela se traduit par l’interdiction
du cumul des mandats syndicaux et politiques
: il n’est pas possible d’accéder à une
responsabilité syndicale si l’on dispose d’une
responsabilité politique nationale.
◗ Le syndicalisme est à nos yeux une école de
formation, de réflexion. Il doit être un outil
permettant aux salarié-e-s de comprendre le
monde dans lequel ils vivent. Il doit donner
des instruments d’analyse de la réalité et les
moyens de devenir capable de penser par
soi-même. En ce sens, le syndicalisme est
aussi un espace d’émancipation individuelle
et collective.
◗ L’ ouverture du syndicalisme au mouvement
social au-delà du champ professionnel est
l’une des caractéristiques de Solidaires. Notre
Union syndicale est durablement impliquée
dans le mouvement social et altermondialiste
Une organisation et un mode de fonctionnement originaux
La constitution de Solidaires obéit au principe
de liberté et de pleine autonomie des
organisations qui la composent.
Les organisations adhérentes conservent pleinement
leur indépendance et leur personnalité
juridique, le droit d’ester en justice, de
négocier et signer tous protocoles électoraux
professionnels, accords collectifs d’entreprise,
conventions collectives dans leurs secteurs
d’activités tels que définis par leurs statuts.
Tous les trimestres, un Comité national définit
les positions et les campagnes interprofessionnelles
menées par l’Union syndicale Solidaires.
Chaque syndicat ou fédération membre,
quelque soit le nombre de ses adhérents, ne
compte que pour une voix et dispose d’un droit
de veto motivé. Chaque syndicat est responsable
de sa délégation. Les organisations
syndicales membres désignent librement leurs
représentant-e-s.
Toute organisation qui adhère à l’Union syndicale
Solidaires est représentée de droit au
Comité national. Chaque Comité départemental
ou régional (représenté par un-e délégué-e)
compte aussi pour une voix. Toute décision se
prend au consensus. À défaut de consensus,
si aucun syndicat ou fédération n’utilise son
droit de veto, la majorité des 2/3 des structures
membres présentes est suffisante.
◗ C’est en tant que mouvement syndical,
porteur d’idéaux et d’exigences
démocratiques, de justice, d’égalité,
que nous luttons contre l’extrêmedroite
et son cortège de haine, de
division de la classe ouvrière. Plus
généralement, notre syndicalisme
Solidaires s’inscrit dans les luttes
contre les discriminations, le racisme,
le sexisme, l’homophobie.
Dans un contexte marqué,
en France comme dans de
nombreux pays européens,
par la montée des extrêmesdroites
et de leurs idées,
notre Union syndicale fait de
cette lutte un axe prioritaire
de réflexion et d’intervention
auprès des salarié-e-s et des
citoyen-ne-s.
◗Toutes nos orientations sont
traversées par deux soucis
fondamentaux : le souci démocratique
qui nous porte à « ne
pas faire à la place de », et le
souci pragmatique d’efficacité
qui nous rappelle que le
mouvement syndical, c’est le
mouvement réel des gens,
qu’on ne saurait confondre
avec celui des appareils. Le
syndicat est un outil d’analyse,
de proposition, d’organisation.
◗ L’unité est une nécessité aux yeux
des salarié-e-s qui en sont très
demandeurs/euses, pour créer le
rapport de forces le plus favorable
possible dans un contexte difficile, et dans la perspective d’une
évolution globale du paysage syndical vers un syndicalisme de lutte
et de transformation sociale. C’est la raison pour laquelle Solidaires
se bat pour l’unité d’action la plus large au-delà des divergences
stratégiques que nous pouvons avoir avec telle ou telle organisation.
◗ L’enjeu pour nous, à court terme, est de franchir un
nouveau cap dans notre développement ; notre syndicalisme
doit être en capacité de peser au plan national interprofessionnel
autant que nous le faisons déjà dans certains
secteurs. Chaque mouvement social le rappelle : une Union
syndicale Solidaires plus forte est nécessaire pour gagner.
Cela ne signifie pas que nous pensons être la forme achevée
du syndicalisme.
Nous avons à apprendre de la culture et des pratiques
d’autres courants syndicaux, mais nous voulons développer
Solidaires parce qu’à nos yeux, dans la période actuelle,
c’est l’outil le plus utile pour les travailleurs-euses, pour
les luttes sociales et pour contribuer à l’émergence d’une
société plus juste.
L’ Union syndicale Solidaires est animée par un
Bureau national dont les membres sont désignés
par les organisations syndicales adhérentes.
Le Bureau national est l’organe directeur
de l’Union syndicale Solidaires. Il se réunit
au moins une fois par mois. Chaque syndicat ou
fédération membre, quelque soit le nombre de
ses adhérent-e-s, ne compte que pour une voix
et dispose d’un droit de veto motivé. Chaque
syndicat est responsable de sa délégation. Les
organisations syndicales membres désignent
librement leurs représentant-e-s. Toute organisation
qui adhère à l’Union syndicale Solidaires
est représentée de droit au Bureau national.
Toute décision se prend au consensus. À défaut
de consensus, si aucun syndicat n’utilise son
droit de veto, la majorité des 2/3 des syndicats
membres présents est suffisante.
Un Secrétariat national met en application les
orientations et décisions définies par le Comité
national et le Bureau national. Ce Secrétariat
national est élu par le Bureau national.
Il est composé de sept membres minimum
(un-e délégué-e général-e, des délégué-e-s
adjoint-e-s, un-e trésorier-e- et un-e trésorier-eadjoint-
e) proposés par les organisations nationales.
Il fonctionne sur un mode collégial.
Ce Secrétariat national est renouvelé après
chaque Congrès et la même organisation ne
peut y détenir plus de deux postes.
Des commissions nationales spécialisées,
ouvertes aux fédérations et syndicats nationaux
et aux Solidaires locaux, sont chargées de
travailler sur un certain nombre de domaines
spécifiques : services publics, formation professionnelle,
retraités, formation syndicale, protection
sociale, écologie, emploi, femmes, international...
◗ Un syndicalisme de classe et de masse, de
luttes et de transformation sociale.
Vouloir un syndicalisme de masse, ne signifie
pas recentrer son discours et abandonner ses
valeurs, le syndicalisme de luttes et de transformation
sociale. C’est, affirmer la nécessité
d’un syndicalisme de classe, massivement
implanté. C’est aussi travailler à populariser
nos idées, nos revendications, et faire un
travail de défense quotidienne auprès des
salarié-e-s. C’est mettre en pratique le fait que
le syndicalisme a vocation à rassembler les
travailleurs/ses, sur la base de leur appartenance
à cette classe sociale.
◗ Nous ne sommes pas des spectateurs-trices
ni des commentateurs-trices du mouvement
social. Nous voulons en être pleinement
acteurs-trices et peser sur son évolution.
◗ Notre syndicalisme n’est ni
d’accompagnement, ni de
témoignage : il vise résolument
à promouvoir une transformation
sociale et à obtenir
des avancées concrètes pour
les salarié-e-s.
Déclaration du 5e congrès de
l’Union syndicale Solidaires
(9 juin 20111)
Patronat, actionnaires et gouvernements s’attaquent frontalement aux
travailleurs-euses. L’assaut est d’autant plus rude que la crise du système
capitaliste aggrave la situation sociale, dans tous les pays. Dans une
logique de « toujours plus », celles et ceux qui prétendent diriger le monde
ne cessent de vouloir supprimer les droits conquis par les salarié-e-s au fil des
luttes sociales, et de confisquer les richesses. Dans ce contexte, un mouvement
syndical fort, unitaire, offensif, indépendant, internationaliste, écologiste
et féministe est d’autant plus nécessaire. Salarié-e-s en activité, au chômage, en
formation, en retraite, ont des intérêts communs à défendre.
Les organisations membres de l’Union syndicale Solidaires sont des outils au
service des salarié-e-s, pour la défense de leurs revendications quotidiennes et
pour construire les mouvements sociaux d’ampleur nécessaires à l’indispensable
et profonde transformation de la société. Les deux aspects sont liés :
c’est dans, et par, les luttes d’aujourd’hui que nous construisons la société de
demain !
La transformation sociale n’est possible qu’à partir d’une prise en charge des
problèmes concrets, sur le lieu de travail et aussi dans les localités.
La protection sociale demeure un enjeu important ; patronat
et gouvernement veulent tout casser, pour des raisons
économiques mais aussi parce que la solidarité dont est
porteuse la protection sociale depuis ses origines va à
l’encontre de ce dont a besoin le capitalisme ! Il en est de
même, et pour des raisons identiques, pour les services
publics. Sur le dossier « aide à l’autonomie », comme pour
la défense et l’amélioration des services publics, l’Union
syndicale Solidaires sera à l’offensive dans les mois qui
viennent, en recherchant l’unité la plus large, dans le cadre
d’objectifs revendicatifs partagés.
L’amélioration des conditions de vie est une revendication
essentielle. L’augmentation immédiate des salaires,
des minimas sociaux, des pensions de retraite, la création
d’un revenu socialisé d’études sont des nécessités.
De nombreuses grèves ont lieu pour l’augmentation des
salaires, dans quasiment tous les secteurs professionnels. Il
nous faut unifier ces luttes, pour leur donner plus de poids
et une dimension nouvelle : c’est bien du partage des richesses produites dont il faut discuter,
et nous voulons imposer une autre répartition ! L’Union syndicale Solidaires a décidé de mener
une campagne nationale sur les salaires ; elle englobera les questions des indemnités pour les
chômeurs/ses, des pensions des retraité-e-s. Nous revendiquons une mesure immédiate pour le
pouvoir d’achat de 400 euros pour toutes et tous, et un SMIC à 1600 euros nets. Personne ne doit
vivre aujourd’hui avec un revenu inférieur à cela, c’est pourquoi nous demandons l’alignement des
minimas sociaux sur le SMIC.
Dans cette période de crise, agir pour la défense et la création d’emplois non précaires, est déterminant,
notamment pour lutter contre le chômage des jeunes, la précarité, les licenciements.
Récemment, gouvernement et patronat ont de nouveau utilisé des chiffres sur « la jeunesse »,
considérée comme catégorie homogène, afin d’accréditer la nécessité de mesures spécifiques
pour l’emploi des jeunes. Celles-ci ne bénéficient en fait qu’aux employeurs, et maintiennent l’ultra-
précarité : stages sous-rémunérés, exonérations de cotisations sociales pour les entreprises,
etc. Nous refusons de cautionner l’éclatement du salariat : les caractéristiques de cette jeunesse
ne sont qu’une amplification des phénomènes que l’on observe parmi l’ensemble des salarié-e-s.
Les solutions pour l’emploi des jeunes sont les mêmes que pour tous les salarié-e-s : réduction du
temps de travail à 32 heures hebdomadaires avec création d’emplois et sans perte de salaire,
redéfinition des finalités de la production.
La lutte pour défendre la santé au travail est une revendication essentielle des équipes syndicales
Solidaires. Les pressions patronales, les organisations du travail, la recherche continue de productivité
dans les secteurs public et privé, créent des situations véritablement inhumaines. Les suicides
sur le lieu de travail en sont une conséquence dramatique, mais ce n’est pas la seule : en France
des dizaines de milliers de salarié-e-s sont victimes de cette violence patronale. En témoigne par
exemple, l’augmentation du nombre d’accidents de travail. L’Union syndicale Solidaires entend
dénoncer non seulement les effets, mais surtout les causes, pour que collectivement nous puissions
imposer que soit mis un terme à cette situation.
La société que nous voulons construire est égalitaire ; les combats pour les droits égaux pour
toutes et tous se situent dans cette perspective. La place des femmes dans la société et notamment
dans le monde du travail est marquée par des inégalités persistantes : salaires, déroulement
de carrière et retraites plus faibles, discriminations à l’embauche, emplois précaires, temps partiel
imposés, etc. Pour les lesbiennes, les gays, les bisexuel-le-s, les trans, l’égalité des droits est également
bien loin d’être atteinte.
Les populations immigrées sont de plus en plus stigmatisées, surexploitées : les grèves des Sanspapiers
montrent qu’il est possible de gagner. Dans toute la France, le Réseau Éducation Sans
Frontières mène des combats pour défendre des élèves et leur famille Sans-papiers. Les collectifs
comme « Unis Contre l’Immigration Jetable », « racket » ou « D’ailleurs nous sommes d’ici »
travaillent à un rassemblement large pour contrer ces politiques xénophobes. Notre implication
dans ces combats est bien réelle et fait partie intégrante de notre projet syndical.
Cette société que nous voulons construire, doit prendre en compte les enjeux environnementaux
et écologiques (OGM, nucléaire, raréfaction des ressources, …). La catastrophe de Fukushima ne
peut que renforcer notre exigence d’arrêt immédiat de tout projet de construction de centrale
nucléaire et de décision politique immédiate de sortie du nucléaire.
Notre syndicalisme est internationaliste. Nous poursuivons la construction d’un syndicalisme de
luttes d’abord au plan européen pour des raisons géographiques évidentes, et aussi euro-méditerranéen
notamment avec nos camarades d’Algérie, Maroc, Tunisie, Egypte, etc. La lutte contre
le colonialisme et le néo-colonialisme est une des composantes de notre action internationaliste.
Nous renforçons aussi le travail avec les syndicats d’Amérique du sud, d’Afrique, d’Asie, avec
lesquelles nous partageons la volonté de pratiquer et développer un syndicalisme de transformation
sociale, qui ne peut se limiter aux frontières des États.
Notre syndicalisme est ouvert à tous, chaque salarié-e y a sa place quels que soient son statut,
sa nationalité, ses idées politiques, etc. Mais le syndicalisme est irrémédiablement opposé au
fascisme, à l’extrême-droite, à la xénophobie, au racisme, à l’homophobie, au sexisme. Celles et
ceux qui défendent de telles « idées » ne peuvent se revendiquer du mouvement ouvrier, ils et elles
en sont les ennemi-e-s ! Nous le réaffirmons d’autant plus que nous savons que la campagne pour
les élections présidentielles va être source de nombreuses déclarations abjectes dans ce sens, et
aussi de compromissions de certain-e-s dans l’espoir de gagner des voix.
Pour l’Union syndicale Solidaires qui défend l’indépendance du mouvement syndical, cette
période doit être celle des débats de fond. Les derniers mouvements sociaux ont porté des revendications
fortes ; il s’agit de rappeler aux organisations politiques leur soutien à ces mouvements.
Les dégâts de l’ultralibéralisme au pouvoir depuis 2007 sont dramatiques, la casse méthodique de
toutes nos conquêtes sociales a des conséquences sur des millions de citoyen-ne-s toujours plus
précarisé-e-s tandis qu’une petite minorité ne cesse de s’enrichir toujours plus. Nous savons aussi
qu’un gouvernement de gauche plurielle fut celui qui privatisa le plus depuis un demi-siècle. La
solution est entre nos mains, dans les luttes que nous saurons mener. Quels que soient les pouvoirs
en place, notre Union syndicale reste un syndicalisme de contre-pouvoir.
Nous voulons changer les choses : au quotidien à travers des revendications immédiates, et plus
fondamentalement en modifiant l’organisation de la société. Notre ambition est justifiée, nécessaire,
mais grande ; elle nécessite un saut significatif dans le développement continu de notre
Union syndicale.
Notre syndicalisme n’existe pas s’il ne s’appuie pas sur une pratique de masse sur le lieu de
travail. Ceci n’est aucunement contradictoire avec la nécessité d’un syndicalisme interprofessionnel,
indispensable pour ne pas tomber dans le corporatisme, pour créer les liens solidaires entre
travailleurs-euses pour engager la transformation écologique de l’économie, pour penser et
construire dans nos luttes d’aujourd’hui la société de demain.
Lors de notre 4e congrès, en juin 2008, nous lancions un « appel à toutes les organisations syndicales
pour que se mette en place, à tous les niveaux, national, local et sectoriel, un front syndical
commun d’action qui permette de construire les rapports de force et les mobilisations nécessaires
». Les mobilisations de 2009 et 2010 constituent un pas non négligeable en ce sens, mais
nous en connaissons aussi les limites ; il nous reste maintenant à faire en sorte que le syndicalisme
de transformation sociale pèse davantage. C’est un élément décisif comme l’a montré l’expérience
guadeloupéenne du début 2010, comme le montre aussi ce qui se joue actuellement par exemple
en Tunisie, en Algérie ou en Egypte… Un affrontement central demeure nécessaire et la grève
générale interprofessionnelle est un moyen essentiel pour y parvenir.











