UNION SYNDICALE SOLIDAIRES
Offre raisonnable d’emploi pour les chômeuses et les chômeurs : c’est du perdant, perdant !
Le projet de loi sur l’offre « raisonnable » d’emploi vient d’être adopté au Conseil des
ministres et sera discuté au Sénat le 23 juin. Le gouvernement souhaite boucler l’affaire à la
mi-juillet au Parlement. Conforme à l’avant-projet, la future loi est une attaque sans précédent
contre les droits des chômeurs, et vise à faire du personnel du service public de l’emploi les
auxiliaires de cette politique anti- sociale.
Les chômeurs et les chômeuses sont priés
de « chômer » moins pour gagner moins !
Comble de cynisme, la loi parle de définition « conjointe » de la nature et des caractéristiques
de l’emploi recherché entre le demandeur d’emploi et le service public de l’emploi, alors que
le rapport de forces entre l’institution et les chômeurs est totalement inégalitaire.
Les critères contraignants se durcissent dès le troisième mois de chômage. L’offre d’emploi
est définie comme « raisonnable » dès lors que celle-ci est « compatible » avec ses
qualifications et que la rémunération est égale à 95 % du salaire antérieur. Au bout de six
mois, ce taux descendra à 85 % et après un an au niveau de l’indemnisation chômage.
Le terme de « compatible » est suffisamment flou pour que toutes les pressions s’exercent sur
les chômeurs et l’obligation, qui leur est faite, d’accepter des salaires au rabais est clairement
une aubaine pour les employeurs.
De plus, au bout de six mois, les chômeurs devront accepter un temps de trajet entre le
domicile et le lieu de travail d’une heure ou de 30 kilomètres.
La radiation, et donc la suspension des allocations chômage pendant deux mois, sera
immédiate en cas de deux refus d’offres d’emploi.
Que ce soit au niveau du salaire comme du temps de trajet, les femmes vont être
particulièrement pénalisées. Majoritaires parmi les bas salaires et les familles monoparentales,
leurs conditions de vie vont se dégrader encore plus.
Une attaque contre les chômeurs et tous les salarié-es !
Par ces mesures, c’est l’ensemble du salariat qui est visé. Ces mesures visent à tirer encore un
peu plus les salaires vers le bas. Les restructurations et les licenciements plongent des milliers
de salarié-es dans le chômage. Le discours sur les « faux » chômeurs, les « profiteurs » du
système, cherche à occulter la responsabilité patronale dans ce gâchis social.
Augmenter les cotisations patronales pour redistribuer des allocations chômage pour tous les
sans emploi, sans condition et sur une longue durée, ce serait justice. Par ailleurs, il faudra
bien un jour, imposer le droit effectif à l’emploi en créant un nouveau statut du salarié.
Dans l’immédiat, les associations de chômeurs, les organisations syndicales doivent se battre
jusqu’au bout contre cette logique de « dumping social », pour le droit des chômeurs à
disposer d’un revenu décent et à décider librement de leurs choix professionnels.
Le 16 juin 2008
le mardi 17 juin 2008
P.S. :
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