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liminaire 12 fev 09
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UNION SYNDICALE SOLIDAIRES
Fonctions Publiques et Assimilés


Déclaration de l’Union syndicale Solidaires au Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’Etat du 12 février 2009

Monsieur le Ministre,

Le 29 janvier dernier, le mouvement de grève a été très fortement suivi et a rassemblé des millions de personnes dans une unité privé/public que nous n’avions pas vu depuis longtemps.

Contrairement à l’analyse que certains ont pu faire, il ne s’agissait pas seulement d’une expression d’inquiétude ou d ‘un cri lancé face à la crise mais aussi et surtout d’une opposition à la politique menée par le Président de la république et le gouvernement. Vous avez déclaré récemment sur le site d’un journal gratuit que ce n’était pas un mouvement fonction publique et que les personnels, dont (je vous cite) on entend souvent dire que ce sont des privilégiés, qui n’ont pas à craindre pour leur emploi se sont ralliés à la manifestation par solidarité.

Vos propos Monsieur le Ministre relève de la provocation et de la mauvaise foi.

Vous dites encore que depuis 18 mois, vous avez lancé de grandes réformes et qu ‘aucun syndicat n’a quitté la table de négociations. Faut-il que nous nous levions, que nous quittions cette salle ou d’autres pour que vous preniez au sérieux les préoccupations des personnels ?

C’est cela, votre conception du dialogue social ?

Si ce n’est que cela, ça peut s’arranger et Solidaires prendra dans ce cadre toute sa responsabilité.

Comment pouvez-vous tenir de tels propos alors que nos huit organisations ont appelé unitairement à la grève dans la Fonction publique le 29 janvier !

Comment pouvez-vous tenir de tels propos alors que depuis l’année dernière les mouvements de grève, de protestations s’enchaînent dans un rejet massif de vos projets de réformes (de liquidation) de la Fonction publique. Dans la globalité de la fonction publique, par secteurs professionnels et là nous pensons à tous les personnels malmenés par les fusions, restructurations, délocalisations, suppressions de directions nationales qui vous démontre à chaque mobilisation leur inquiétude et leur rejet de votre politique.

Comment pouvez-vous tenir de tels propos alors que les enseignants chercheurs sont mobilisés contre le décret dont nous vous avions indiqué lors d’un précédent Conseil supérieur qu’il était précurseur pour toute la Fonction publique et qu’il entraînait comme toute la réforme de l’université la recherche dans le trou noir de la concurrence et de l’arbitraire.

Il est sur que vous devez vous sentir appuyé totalement par le Président de la République qui n’a déjà pas annoncé grand chose pour l’ensemble des salariés mais qui en plus en pleine tempête a décidé de garder le cap des suppressions d’emplois dans la Fonction publique.

Quand on se prétend pragmatique, on ne garde pas un cap idéologique qui risque de faire couler le bateau. Plus que jamais dans la période, nous avons besoin de services publics de qualité, de proximité. Nous avons besoin de définir quels sont les véritables besoins en services publics avec les usagers, avec les représentants des personnels. Il nous faut ensemble préserver et développer les services publics et certainement en créer de nouveaux, je pense particulièrement à la gestion de l’eau.

Vous vantez Monsieur le Ministre, la qualité du dialogue social dans la Fonction publique. Pour Solidaires, nous vous l’avons déjà exprimé, le dialogue social ce n’est certainement pas multiplier les réunions où les organisations devraient accompagner le dynamitage de la Fonction publique.

La réorganisation administrative départementale de l’Etat est un exemple flagrant du manque de dialogue social et de la façon dont vous souhaitez une flexibilité maximum pour les agents publics quitte à contourner les règles de gestion. Est-ce du dialogue social quand le Premier ministre, un 31 décembre, décide d’un trait de plume de liquider une administration comme la DGCCRF, ceci est à l’ordre du jour nous en reparlerons.

Est-ce normal, Monsieur le Ministre, quand ces temps de tempête sociale et météorologique , avec la RGPP, les suppressions de poste soient programmés aussi fortement dans des établissement publics comme la Météorologie nationale ou l’Office national des Forêts.

Sur le dialogue social dans ce dernier établissement, nous vous remettrons, Monsieur le Ministre, à la fin de ce Conseil, une copie d’un projet honteux élaboré par la direction de cet établissement qui s’apparente plus à du chantage qu’à du dialogue social ?

Est ce du dialogue social, Monsieur le Ministre , lorsque on introduit dans la loi un nouveau contrat de type CDD dit d’opération à l’INRAP sans passer ni par ce Conseil supérieur , ni par les CTP concernés ?

Est-ce du dialogue social quand on annonce la délocalisation de services sans véritable concertation, parce que le président de la république a parlé ?

Est-ce du dialogue social quand les fusions de directions (impôts/trésor, DDE-DDA…) sont menées au pas de charge, avec leur cortège de suppressions d’emplois au mépris des conditions de travail des agents et de l’exercice de leurs missions de services publics.

Enfin pensez vous, Monsieur le Ministre, que les personnels de la Fonction publique se sont mobilisés par solidarité le 29 janvier ou bien parce qu’ une très grande majorité d’entre eux comme des millions d’habitants de ce pays, ont du mal à finir leurs fins de mois.

Alors oui, Monsieur le Ministre, le pouvoir d’achat, les conditions de travail et d’exercices des missions, l’emploi sont au coeur des revendications des personnels en accord avec une majorité de citoyens.

En pleine tempête, il faut savoir changer de cap, voir changer de bateau et parfois même remonter le fleuve jusqu’à sa source pour recommencer sur une autre voie de navigation celle de la justice sociale.

Sinon, effectivement, vous n’aurez plus personne autour d’une table mais, beaucoup de monde dans la rue.

Quand on voit que celle-ci est occupée très régulièrement par nos collègues il faudrait non seulement être sourd mais aussi aveugle pour ne pas répondre aux préoccupations réelles des personnels.

Permettez moi, enfin, Monsieur le Ministre, d’apporter la pleine Solidarité de notre organisation à l’ensemble de la population de la Guadeloupe, de la Martinique mais aussi de la Guyane et de La Réunion, ce n’est pas faute, là aussi d’avoir alerté le gouvernement lors de discussions sur l’ITR ou sur les congés bonifiés des problèmes liés à la vie chère dans ces territoires.



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