Le groupe Total vient de faire 14 milliards de bénéfice, annonce 555 suppressions
d’emplois et augmente de 10 % les dividendes versés à ses actionnaires.
Ces faits illustrent parfaitement la logique du capitalisme actionnarial
qui traite les salariés comme des marchandises jetables, tout juste bons
à augmenter les profits.
Le cynisme n’est pas l’apanage de Total. Les déclarations offusquées de
membres du gouvernement appelant à la responsabilité du groupe participent
de l’hypocrisie générale. Car Total n’est pas la seule entreprise à se
comporter ainsi. Alors que la récession s’aggrave, le grand patronat veut
faire payer la crise aux salariés et fait du versement de dividendes aux
actionnaires sa priorité.
Dans cette situation, la seule solution crédible, si l’on veut dépasser les
habituelles lamentations, est d’interdire les licenciements dans les entreprises
qui font des profits. Plus globalement, il faut instaurer un statut du
salarié, financé par une nouvelle cotisation sociale patronale, qui garantisse
la continuité de la rémunération et de la protection sociale en cas de sortie
de l’emploi.
L’exemple de Total confirme qu’il n’y a rien à attendre d’un patronat
s’agrippant à ses privilèges et soutenu par un gouvernement qui, au-delà des
mots, continue à lui faire régulièrement des cadeaux tout en se refusant à
prendre la moindre mesure réelle de protection des salariés. Pour l’Union
syndicale Solidaires, la mobilisation des salariés est la condition de la sortie
de crise. Le 19 mars, à l’appel de toutes les organisations syndicales, les
salariés doivent montrer leur volonté d’imposer une autre logique économique
et sociale.
Le 11 mars 2009






