Paris le 26 novembre 2011
Monsieur le Rédacteur en Chef
Monsieur Rémi Barroux, journaliste
Journal Le Monde
Messieurs,
Dans l’article intitulé : « A Marseille, les syndicats s’affrontent durement pour être représentatifs »,
publié dans votre édition du mercredi 25 novembre 2011, une phrase : « … L’alliance de SUD avec
l’organisation chrétienne, la CFTC, et le Syndicat Libre, issu de la CSL, connue pour ses
proximités avec l’extrême-droite, peut surprendre ... » constitue un amalgame entre le syndicalisme
SUD, une des composantes de l’Union syndicale Solidaires, et l’extrême-droite que nous ne pouvons
accepter.
Cette phrase laisse entendre des arrangements entre un syndicat SUD et un syndicat ayant des
proximités avec l’extrême droite. Votre affirmation ne correspond pas à la réalité de ce qu’est le
Syndicat Libre aujourd’hui dans cette entreprise. Si le Syndicat Libre de la RTM a été lié à la CSL lors
de sa création, ses fondateurs ne sont plus là et son animateur actuel n’a rien à voir avec cette histoire
là.
La rédaction de cette phrase peut laisser penser que nous tournons le dos aux fondamentaux et aux
valeurs de notre syndicalisme qui s’est toujours opposé à l’extrême-droite, ses pratiques et ses idées.
SUD, à la RTM comme partout, est confronté aux conséquences de la loi sur la représentativité. La
recherche d’alliance se pose dans ce cadre, y compris avec des syndicats avec qui il peut y avoir des
points de vue différents : cela existe pour les élections comme pour les actions, pour les organisations
de Solidaires comme pour tous les syndicats.
Eclairer vos lecteurs sur les questions et les difficultés sur le terrain qui découlent de cette loi est une
chose et nous ne nous permettrons aucun commentaire sur votre analyse. Mais nous ne pouvons
accepter qu’à travers le raccourci de la phrase rappelé plus haut, vous laissiez entendre à vos lecteurs
le manque de principe de notre syndicalisme sur un sujet qui nous tient particulièrement à coeur : le
refus de toute compromission et de toute proximité avec l’extrême droite et ses partisans.
Pour ces raisons, nous souhaitons que notre point de vue puisse être publié dans une prochaine édition
de votre journal afin qu’aucune ambiguïté ne subsiste dans la tête de vos lecteurs à la lecture de cette
phrase.
En espérant de votre part une prise en compte de notre démarche, je vous prie de croire, Messieurs, à
l’expression de ma parfaire considération.
Annick Coupé
Déléguée générale









