Note de présentation

Le rejet massif des « valeurs » de haine et d’exclusion véhiculées par l’extrême-droite exprimé à l’occasion du second tour des élections présidentielles de 2002 (aussi bien dans la rue que dans les urnes) n’a pas effacé - comme par magie - les raisons qui ont amené nombre de français (en particulier chez les ouvriers, employés et chômeurs) à voter pour celle-ci au printemps 2002.

Aujourd’hui, tous les ingrédients semblent réunis pour que les échéances électorales du printemps prochain se traduisent par une nouvelle poussée électorale du Front national.

Au-delà de raisons plus ou moins ponctuelles (controverse sur le voile islamiste, affirmation de communautarismes, sentiment d’insécurité persistant, chute de popularité du gouvernement, incapacité de la gauche à représenter une véritable alternative, scandales politico-financiers à répétition…), l’accélération actuelle des politiques libérales et sécuritaires trop souvent menées depuis 25 ans dans notre pays - avec le développement des inégalités sociales, de la précarité, de la pauvreté et de l’exclusion qu’elles génèrent - ne fait qu’accroître une désespérance sociale sur laquelle le Front national entend bien prospérer.

A l’heure même où le FN opte pour une nouvelle « stratégie de gouvernement » et essaye d’avancer masqué derrière une façade supposée plus respectable et plus crédible (en particulier à travers la mise en avant de Marine le Pen), sa volonté de tirer profit du contexte actuel l’a conduit à axer en grande partie sa campagne électorale sur le thème de l’insécurité sociale.

Cette stratégie, alors même que le contenu du programme du FN est ultra-libéral et antisocial, ne peut que rappeler plus fortement au mouvement syndical (si besoin était) la responsabilité qui lui incombe de tout mettre en œuvre pour dénoncer cette imposture.

Plus que jamais, nous devons poursuivre notre travail d’explication afin que l’extrême droite ne puisse plus apparaître comme un recours possible pour une partie du monde du travail - alors même que le projet politique qu’elle propose est suicidaire pour celui-ci et l’ensemble de la société.

Dans cette perspective, il avait été décidé, lors du Conseil national de novembre 2003 (à l’issue d’un débat sur l’extrême droite animé par un représentant de Ras l’Front), de la constitution, à l’occasion des échéances électorales de ce printemps, d’un document de synthèse sur le contenu du programme officiel du FN.

C’est ce document qui vous est aujourd’hui proposé.



rédaction en haut menu rapide