La gauche plurielle a voulu faire de la loi sur les 35 heures un symbole de « progrès social dans l’efficacité économique ». Pourtant en faisant sauter certains verrous, en particulier à travers l’introduction de la modulation et de l’annualisation dans son projet, elle a laissé toute latitude au patronat de transformer une loi de réduction du temps de travail en véritable loi de flexibilité. La contagion de grèves qui ont éclaté, site après site, au moment de l’application des 35 heures au niveau local, témoigne qu’il existait, malgré la faiblesse du tissu syndical dans notre pays, un réel potentiel pour contrecarrer cette offensive de régression sociale, constat qui met cruellement en lumière l’incapacité du mouvement syndical à proposer une riposte interprofessionnelle unitaire à la hauteur de tels enjeux.
Alors que la Loi Fillon a encore aggravé les dispositions les plus néfastes des lois Aubry, une VERITABLE réduction du temps de travail demeure un outil indispensable de lutte contre le chômage de masse et doit constituer un axe essentiel de toute politique progressiste de l’emploi.
Cependant, les leçons du passé ne doivent pas être oubliées et les futures avancées en la matière devront se faire dans le cadre d’un grand mouvement collectif, sans baisse des salaires, sans intensification du travail, et avec une obligation de créations d’emploi correspondant à l’ampleur de la RTT
... Faute de quoi le marché de dupes ne pourra que se répéter !
Sur cette question, nous vous proposons de (re)lire :
- une brochure réalisée par le G10 Solidaires à l’occasion des lois Aubry ;
- un texte, "la RTT, cheval de Troie de la flexibilité", rédigé par notre Union syndicale dans le cadre de l’ouvrage « Travailleurs précaires, unissez-vous ! » publié en novembre 2003 par ATTAC dans la collection Mille et une nuits.
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