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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

Textes bruts

ALLUMER LE FEU !

« Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends « aurait dit Nelson Mandela. Comment relire l’année écoulée à l’aune de cette déclaration ? Des luttes ont été gagnées. Notamment dans certaines collectivités où la mobilisation des agents avec leur syndicat SUD a réussi à tordre le bras de leur employeur et maintenir leurs acquis.
Les raisons de combattre ont été nombreuses : augmentation du temps de travail, pression sur les salaires avec la mise en place du RIFSEEP, rémunération au mérite, baisse des moyens, réduction des dotations, privatisations et externalisations, Réforme Territoriale et réorganisations destructrices des collectifs de travail, destruction progressive des services publics, remise en cause des missions, de la formation, des métiers (du social par exemple), management agressif, répression syndicale etc. Les agressions sont nombreuses et la lutte n’est pas une option, elle s’impose ! Les victoires sont rarement éclatantes mais néanmoins la lutte permet de freiner l’érosion de notre modèle social et de nos conquis.
Dans tous les cas, l’acte de résistance posé par les agents avec SUD, a été en lui-même une victoire contre la résignation qui progresse au sein des bureaux et des ateliers. Ce qu’on a appris, c’est que les victoires sont toujours possibles si on y met les forces nécessaires, en restant à l’écoute de nos collègues et de leurs réalités quotidiennes. Nous avons appris qu’en travaillant sans exclusive avec tous ceux qui ne se résignent pas, nous pouvons gagner.

Nous avons malgré tout plus appris que gagner en 2017... Il faut dire que Macron, le fondé de pouvoir du patronat a réussi à jouer de toutes les luttes d’égo et de pouvoir pour fragiliser les résistances tant politiques que syndicales. Ses communicants continuent à marteler le discours d’une politique pragmatique. Ce message correspond sûrement à l’attente d’un monde sans conflit et apaisé, uniquement préoccupé par le progrès. Mais ce n’est que du marketing profitant de façon cynique de la confusion "morale" de notre société. La grande majorité de la population n’est pas dupe et sait que la politique "macronnienne" est toute entière destinée à satisfaire le patronat, les déjà riches et les franges réactionnaires de la société. Car elle commence aussi à comprendre que sous des dehors de "management bienveillant", c’est un réel pouvoir coercitif qui prend possession de tous les leviers politiques, médiatiques, juridiques et policiers pour imposer sa vision, décrédibiliser les opposants, traquer les résistants !
L’Etat d’Urgence institutionnalisé ainsi que les dernières attaques contre l’expression syndicale, tant dans ses formations (Sud Educ 93) que dans ses combats (Inspectrice du travail à Paris, éducatrice dans le 05) sont des exemples de cette dérive vers un état libéral-policier !

Nous avons aussi appris que nos méthodes de combat traditionnelles comme la grève et la manifestation dans un cadre intersyndical font plier parfois les pouvoirs locaux, mais ne suffisent plus à faire plier un gouvernement déterminé. L’heure n’est-elle pas aux stratégies de "guerrilla", faites de résistances opiniâtres, de coordination de réseaux et de coups d’éclat ?

A l’aube d’une année qui se terminera par des élections professionnelles, plus que jamais nous devons mettre en avant notre capacité à incarner cette résistance à l’occupation macron-patronale de notre société et mettre au grand jour sa barbarie pour les travailleurs et travailleuses. De notre proximité avec les salariés-es et agents-es vient notre légitimité à tisser et coordonner les réseaux de militants syndicaux, politiques et associatifs !
Le terrain social est arrosé par le gouvernement et le capitalisme d’un combustible inflammable. A nous de poser les fils et les mèches. Puis ne restera plus qu’à allumer le feu. Allumer le feu !

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Article publié le 1er février 2018