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Conférence de presse Solidaires du 16 septembre

Solidaires tenait une conférence de presse de rentrée le lundi 18 septembre (essentiellement tournée autour de 3 sujets : retraites, climat et situation du syndicalisme) à laquelle était présent-es des journalistes de l’AEF, Actuel CE, AFP, Syndicollectif, Libération et Le Parisien (Le Monde et L’Humanité s’étaient excusés).

Ci-dessous quelques 1ers retours.

AFP

Retraites : Solidaires dénonce la sélectivité de l’exécutif sur le choix des interlocuteurs

16/09/2019 - Dialogue et relations sociales - Marché du travail et emploi - Protection sociale

PARIS, 16 septembre 2019 (AFP) - Solidaires a dénoncé lundi "un choix clair" de l’exécutif de ne parler qu’avec des syndicats favorables à la réforme du système des retraites par points, comme la CFDT ou l’Unsa, lors d’une conférence de presse.

"Visiblement, du côté du gouvernement et du président, il y a un choix clair de discuter avec des organisations qui sont pour un système de retraite par points", a regretté Eric Beynel, le porte-parole de Solidaires, opposée à cette réforme.

Edouard Philippe a reçu le patronat et les organisations syndicales représentatives (c’est-à-dire qui ont obtenu 8% des suffrages) les 5 et 6 septembre sur la réforme des retraites. L’Unsa a également été entendue - un syndicat non représentatif comme Solidaires - mais pas Solidaires.

"Nous n’avons pas été sollicités pour les discussions à Matignon", a regretté Cécile Gondard-Lalanne, une autre porte-parole.

Or Solidaires, comme l’Unsa, a participé aux réunions organisées dans le cadre de la première concertation avec Jean-Paul Delevoye, lancée il y a 18 mois et qui a donné lieu à un rapport publié mi-juillet, ont assuré les deux porte-paroles.

En outre, Emmanuel Macron a reçu la semaine dernière la CFDT, favorable à une réforme des retraites par points comme le souhaite le gouvernement, et l’Unsa, qui n’y est pas opposée.

Dimanche, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a demandé que son syndicat soit reçu par le président de la République pour une "question de démocratie".

Sur la mobilisation des retraites, Mme Gondard-Lalanne a pointé "deux difficultés" pour les syndicats opposés à la réforme : l’absence "d’un front syndical uni" et le fait que "des secteurs vont négocier sur des timings différents", ce qui risque de rendre compliquée toute mobilisation interprofessionnelle.

Ce lundi, les avocats défilaient en masse lundi dans la capitale, accompagnés de professionnels du soin (médecins, infirmiers, etc.) et du transport aérien (pilotes, hôtesses, stewards), pour défendre leurs régimes. Vendredi, c’étaient les agents de la RATP.

Samedi, Force ouvrière appelle seule à une manifestation. Elle sera suivie par la CGT et Solidaires, le 24 septembre.

Actuel CE

AEF

Syndicollectif

https://syndicollectif.fr/la-rentree-de-lunion-syndicale-solidaires/

-L’Union syndicale Solidaires a organisé une conférence de presse le lundi 16 septembre pour exposer son programme d’actions en cette rentrée 2019. Les deux co-porte-parole : Eric Beynel et Cécile Gondard-Lalanne, ainsi que Didier Aubé, Murielle Guilbert, Gaelle Martinez, membres du secrétariat national, ont introduit la conférence et répondu aux questions. Nous en rendons compte ci-dessous selon les thèmes abordés.

Prise de notes : Jean-Claude Mamet

  • Les mobilisations en cours ou annoncées :

Grèves : très grosse lutte RATP au lendemain des annonces du 1er Ministre sur le calendrier de la réforme des retraites : c’est « un marqueur important ». Grève aux Finances publiques le 16 septembre : grève bien suivie. A noter aussi le mouvement de longue haleine des urgences hospitalières, après les luttes dans la psychiatrie en 2018.

Climat : appels intersyndicaux (Solidaires, CGT, FSU, UNEF, UNL) à participer à la grève du vendredi 20 et aux manifestations du samedi 21. Solidaires a déposé des préavis de grève pour les deux jours. Une jonction est aussi possible avec les appels des Gilets jaunes pour le 21. Ces convergences illustrent le mot d’ordre : « Fin du monde, fin du mois, même combat ».

De plus en plus de salarié-es sont sensibilisé-es aux questions climatiques et écologiques. Elles sont dans le débat public. Les salarié-es sont déjà accoutumé-es aux problèmes de « sobriété ». A la SNCF, la question du fret ferroviaire est forte.

  • La question des retraites :

Solidaires n’a pas été invitée aux réunions de concertation mises en place par le 1er Ministre récemment. La CGT non plus d’ailleurs. Par contre, Solidaires avait participé aux réunions avec Jean-Paul Delevoye avant l’été, chaque fois qu’elle a été sollicitée.

Solidaires est opposé au système par points.

Solidaires appelle à la mobilisation annoncée par la CGT le 24 septembre. Mais il y a une vraie « difficulté sur cette question à construire un front syndical uni ». Certains syndicats vont tenter de négocier le projet, mais ce sera « à la marge ». Par exemple la question de l’âge pivot. Les résultats vont évidemment dépendre du rapport de forces, en fonction des secteurs concernés. L’étalement dans le temps des délais peut aussi jouer un rôle pour des possibilités de mobilisations. Mais dès lors que la part du PIB consacrée aux retraites est bloquée à 14%, cela ne peut que réduire les pensions dans le temps. Les marges d’évolution sont dès lors très limitées.

Concernant la propagande du gouvernement sur les 42 régimes de retraite et la volonté de tout ramener à un seul système simplifié : « Ce n’est pas parce que c’est plus simple que c’est plus juste ». En fait, il faudrait « tout reprendre à zéro ». Notamment sur la pénibilité, où les propositions « ne sont pas à la hauteur ». Les TMS (troubles musculo squelettiques) ne sont pas reconnus. L’impact du travail sur la santé n’est pas intégré. A propos de la santé au travail, les rapports les plus intéressants, comme celui du député Dharréville ou du Dr Frimat, n’ont pas été retenus. Alors que le procès de France Télécom a bien montré l’ampleur des problèmes. De même qu’un récent reportage sur France 2 à propos de La Poste. Les premiers résultats de l’enquête « Summer » de la DARES (ministère du travail) montrent que l’espérance de vie en bonne santé diminue.

A cela s’ajoutent les inégalités femmes/hommes, non résolues, malgré les nombreuses lois non appliquées. Que des régimes soient à revoir, pourquoi pas ? Mais qu’est-ce qui a été fait depuis 30 ans ? Les gouvernements ont abaissé les droits, par l’instauration d’une décote, par le calcul des pensions à partir des 25 meilleures années (au lieu de 10). Etc. D’ailleurs, les mobilisations actuelles des retraités expriment bien tous ces reculs. Les arrêts de maladie augmentent davantage en fin de carrière, parce qu’on oblige à travailler plus longtemps. « La question n’est donc pas le nombre des régimes », 42 ou pas, mais de « construire un système réellement solidaire ». Et pour cela, il faut « revoir la place du travail » dans la vie, dans la société. En fait le prétendu discours sur la « simplicité » se heurte à la vraie répartition inégale des richesses, à l’inégalité femmes/hommes, etc.

  • Sur l’unité syndicale et les difficultés du syndicalisme interprofessionnel :

Solidaires a souvent invité tous les syndicats à se réunir pour agir. Mais il faut faire un constat de divergences sur des points importants. Même pour de simples échanges, c’est devenu difficile. Lors de la dernière tentative de réunion commune début septembre, tout le monde n’est pas venu. Les syndicats présents ont abouti l’appel commun CGT, Solidaires, FSU, UNEF et UNL pour les dates d’action du 20 et 21 septembre. La dernière fois où tout le monde s’est réuni, y compris avec la CFDT, cela a abouti à une mauvaise déclaration à propos des gilets jaunes en décembre 2018, que Solidaires n’a pas signée. Solidaires travaille avec ceux qui le veulent. Sur la question climatique, Solidaires fait partie du collectif d’appel aux mobilisations.

Concernant la question de rapprochements
plus approfondis entre certains syndicats (CGT, FSU…), Solidaires aura son prochain congrès fin 2020 et la FSU a le sien en décembre 2019. Pour Solidaires, le syndicalisme fait partie intégrante du mouvement social.

  • Les effets des ordonnances Macron et les droits syndicaux :

La mise en place des CSE dans les entreprises conduit à des difficultés très importantes, pouvant aboutir à une division par 10 des moyens syndicaux. Cela a rendu aussi plus difficile récemment la construction des mobilisations, vu le temps passé à la mise en place des nouvelles mesures. Dans la fonction publique, les décrets d’application de la nouvelle loi votée seront connus début 2020, pour aboutir à une fusion des CHSCT et CT en 2022.

A propos de la santé au travail, les rapports les plus intéressants, comme celui du député Dharréville ou du Dr Frimat, n’ont pas été retenus. Alors que le procès de France Télécom a bien montré l’ampleur des problèmes. De même qu’un récent reportage sur France 2 à propos de La Poste. Les premiers résultats de l’enquête « Summer » de la DARES (ministère du travail) montrent que l’espérance de vie en bonne santé diminue.

  • Syndicalisation :

Solidaires va atteindre 110 000 syndiqué-es prochainement. Le recrutement est ascendant, de l’ordre de 2 à 3000 par an. Il y a un vrai développement dans le privé ou chez les « ex-publics ». Notamment dans les transports urbains, l’industrie, le bâtiment, commerce et services, chimie, les associations. Il y a une demande chez les jeunes, qui prennent contact. Et aussi chez des gilets jaunes.

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Article publié le 18 septembre 2019