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Actualités internationales

Déclaration finale de la rencontre du Réseau Europazapatista

Madrid, 30 mars 2019

De retour de la célébration du 25ème anniversaire du début de la guerre contre l’oubli et de la Rencontre Internationale des Réseaux de Résistance et des Rébellions et de soutien au Congrès Indigène de Gouvernement (CIG) qui a eu lieu au Chiapas, nous avons vu le besoin urgent de nous organiser et d’agir ici, dans l’Europe d’en bas à gauche. C’est pour cela que le Réseau Europa Zapatista s’est donné rendez-vous les 30 et 31 mars pour continuer à tisser les réseaux de rébellion et de résistance.

Comme le disent les compañeros dans la Sexta, « le capitalisme de la globalisation néolibérale se base sur l’exploitation, la spoliation, le mépris et la répression de celles et ceux qui ne se laissent pas faire. C’est-à-dire comme avant, mais maintenant, globalisé, mondial. »
Nous luttons pour un monde sans frontière, contre le capitalisme et le patriarcat.
Nous nous sommes organisés pour travailler sur les sujets suivants : Bricos (brigades de solidarité), Actions, Santé, Communication, Mégaprojets et Prisonnièr-e-s.
Depuis ici, nous pouvons voir et dire que nous avons encore besoin de nous organiser, de partager nos expériences et de mieux faire. Et pour commencer, nous nous sommes regroupé-e-s le samedi 30 mars 2019 à Madrid, Etat espagnol, en face de l’ambassade du Mexique.
Face à l’appel à la solidarité des zapatistes, nous disons aujourd’hui que VOUS N’ÊTES PAS SEUL-E-S !!

Nous sommes venu-e-s de nos territoires, apportant la voix de nos luttes et de nos organisations, pour accompagner la lutte pour la vie et contre la spoliation de nos compañeras et nos compañeros zapatistes.
Depuis ici, nous dénonçons l’auto-dénommée « Quatrième Transformation » du nouveau gouvernement mexicain qui a commencé en 1982 avec l’arrivé de Miguel de la Madrid et son projet de privatisations qui s’est approfondi avec Carlos Salinas de Gortari et la signature du Traité de Libre Echange d’Amérique du Nord. La guerre de conquête a continué avec Ernesto Zedillo, Vicente Fox, Felipe Calderón et Enrique Peña Nieto ; et maintenant ça continue avec le projet trans-sexenal.
Le gouvernement néolibéral que dirige Andrés Manuel López Obrador a le regard tourné vers les territoires des peuples originaires, où, avec l’Institut National des Peuples Indigènes, se tend un réseau de cooptation et de désorganisation qui ouvre le chemin d’une guerre qui a un nom industriel ; elle est faite de projets et de violences qui, avec le crime organisé, étend une obscure toile d’araignée parmi les peuples originaires du pays.

Nous réaffirmons notre ferme opposition aux politiques néolibérales des vieux et des nouveaux gouvernements, notre opposition aux consultations truquées qui n’ont d’autre fin que la spoliation des territoires. Notre opposition à l’exploitation minière, aux barrages, à la construction des autoroutes, à la spéculation immobilière des terres qui s’accélère, c’est-à-dire au modèle du développementisme centré sur les mégaprojets néolibéraux de mort comme le Couloir Transismique ou le Train maya.
Comme le Projet Intégral Morelos qui regroupe deux centrales thermoélectriques, des gazoducs et des aqueducs qui cherchent à spolier les peuples indigènes nahuas des Etats du Morelos, Puebla et Tlaxcala, de la terre, l’eau, la santé, l’identité et la vie paysanne.

Les forces de l’État mexicain et des entreprises Elecnor, Enagas, Abengoa, Bonatti, CFE, Nissan, Burlington, Saint Gobain, Continental, Bridgestone et beaucoup d’autres, ont imposé ce projet par l’intermédiaire de la violence publique étatique, fédérale et de l’armée. En suscitant la terreur dans les villages à travers la torture, la menace, l’incarcération, la poursuite judiciaire, la fermeture des radios communautaires et maintenant l’assassinat de notre frère Samir Flores à Amalcingo, Morelos.

Nous dénonçons la création de la Garde nationale, organisme qui aggrave la militarisation du pays.
Nous dénonçons aussi la guerre ouverte contre la digne lutte de la communauté indigène nahua de Santa María Ostula, Michoacán.
Nous exigeons :
- le respect inconditionnel de l’autonomie de l’ejido Tila dans l’État du Chiapas,
- l’annulation du projet de centrale hydroélectrique Coyolapa-Atzala et de l’exploitation minière dans la Sierra Negra,
- l’annulation des concessions minières qui impliquent la destruction de la Sierra Sur, dans l’État d’Oaxaca, dans le territoire chontal par l’entreprise Salamera, dans la région des Chimalapas, dans le désert de Wirikuta, San Luis Potosí et dans tout le pays.
- l’annulation du projet de parc éolien connu comme Gunaa Sicarú, de l’entreprise française EDF, sur plus de 4000 hectares sur des terres communales de la communauté binnizá d’Unión Hidalgo, et nous rejetons la consultation que le gouvernement prétend organiser pour obtenir le « consentement » de celle-ci.
- l’annulation immédiate des études de prospection qu’effectuent les spéléologues appartenant au PESH (Espeleológico Sistema Huautla) dans des grottes et des cavernes du peuple mazateco d’Hautla sans son autorisation.
- la présentation en vie des 43 étudiants d’Ayotzinapa et la justice pour les compañeros assassinés,
- la présentation en vie du compañero Sergio Rivera Hernández qui a été enlevé le 23 août 2018 pour sa lutte contre l’exploitation minière Autlán dans la Sierra Negra de Puebla.

Nous nous souvenons que l’année 2018 a été la plus meurtrière pour les femmes mexicaines avec 3568 assassinées en un an, pour le seul fait d’être femmes ; pour cela, nous exigeons un engagement politique de l’État avec le combat contre les féminicides ainsi que l’application de l’alerte de genre dans les 32 États du pays.

Compañeras zapatistes, nous, femmes du Réseau Europa Zapatista, depuis nos collectifs et espaces dans toute l’Europe, nous luttons contre le système capitaliste patriarcal et ses mauvais gouvernements.
Nous continuerons à lutter pour que, comme vous l’écrivez si bien, « plus une seule femme, dans quelque recoin du monde que ce soit, n’ait peur d’être une femme ».

Nous continuons à porter la petite lumière que vous nous avez donnée le 8 mars 2018 et nous la convertissons en rage, en courage et en décision. Cette lumière, nous continuons à l’apporter aux disparues, aux assassinées, aux prisonnières, aux violées, aux frappées, aux harcelées, aux violentées de toutes les façons, aux migrantes, aux exploitées, aux mortes et nous leur dirons à toutes et à chacune qu’elles ne sont pas seules, que nous allons lutter pour elles, que nous allons lutter pour la vérité et la justice que mérite leur douleur et pour que cela n’arrive plus jamais. Nous sommes attentives à ce qui pourrait arriver dans vos terres zapatistes. Et nous ne laisserons pas non plus votre lumière s’éteindre.
Ensemble nous en finirons avec le système capitaliste patriarcal. Ceci est un engagement compañeras, nous allons y arriver ensemble et nous allons commencer à construire le monde que nous méritons et dont nous avons besoin.
Finalement nous voulons faire une mention spéciale de solidarité et de soutien aux prisonniers en lutte et en grève de la faim dans l’État du Chiapas. Miguel Peralta, un autre compañero prisonnier à Cuicatlán, Oaxaca a fait une journée de jeûne et de solidarité avec les compañeros en lutte et en grève de la faim. Les compañeros prisonniers de Comitán ont également décidé de se coudre la bouche comme manière de dénoncer ceux qui veulent voler leur voix et leur décision.
Pour l’immédiate libération des prisonniers en lutte, jusqu’à ce que tombent les murs des prisons.

SAMIR VIVE, VIVE, LA LUCHA SIGUE, SIGUE !

A l’Armée Zapatiste de Libération Nationale
Au Congrès National Indigène
Au Conseil Indigène de Gouvernement
Vous n’êtes pas seul-e-s !

La Europa Zapatista, abajo y a la izquierda.
L’Europe Zapatiste, en bas, à gauche.

20ZLN, Italia
Adherentes a la Sexta Barcelona, Barcelona, Catalunya,Estado Español
Adhesiva, Barcelona, Catalunya
Asamblea de Solidaridad con México, País Valencià
Asamblea Libertaria Autoorganizada Paliacate Zapatista, Grecia
ASSI, Zaragoza
Centro de Documentación Zapatista (CEDOZ), Madrid, Estado Español.
Chiapasgruppa, Noruega
Colectivo Espiral de solidaridad Semilla de resistencia
Cooperazione Rebelde Napoli, Italia
Colectivo Espiral de solidaridad Semilla de resistencia, Grecia
Comitato Chiapas, Bergamo, Italia
London Mexico Solidarity, Reino Unido
Gruppe B.A.S.T.A. Münster, Alemania
Red Ya-Basta-Netz, Alemania
Mut Vitz13, Marseille, Francia
Mut Vitz34, Montpellier, Francia
Solidarity group, Escocia,
TxiapasEkin, Euskal Herria
Union syndicale Solidaires / Fédération SUD éducation, Francia
¡Ya basta ! Milano, Padova, Italia
Y Retiemble, Madrid, Estado Español
Confederación General del Trabajo, Estado Español



Article publié le 13 mai 2019