SOLIDAIRES
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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

Edito

Des luttes fondamentales

Quatre mois que la France est secouée par un mouvement social et populaire d’ampleur et toujours très actif après 20 samedis de mobilisation. Du nom d’un vêtement de sécurité routière, ce mouvement né hors des cadres habituels de mobilisation et d’une grande diversité sociologique porte un grand nombre de nos revendications en matière de justice sociale et d’égalité, en un mot de dignité d’existence. Solidaires continue ainsi, sur la base de ses revendications propres, à inviter à rejoindre le mouvement des gilets jaunes et à mettre à disposition notre outil syndical pour informer, répondre aux attentes exprimées et construire ensemble le rapport de force.

Face à cela Macron et son gouvernement poursuivent leur projet de terre brûlée sociale pour faire place nette à un capitalisme où ne compteraient plus qu’avidité et accumulation matérielle et financière, exploitation de la planète et de ses populations et concentration des richesses entre les mains d’une infime minorité. Evidemment sans contre pouvoir. Dans le prolongement de CAP 2022, le projet de loi sur la fonction publique est ainsi une nouvelle déclaration de guerre aux classes sociales les plus modestes et les plus en besoin des services publics. Elle est aussi une attaque contre les fonctionnaires, leurs droits, la sécurité de leur statut d’emploi garantissant notamment leur neutralité d’action. La réforme annoncée des retraites s’en prend violemment aux mécanismes de solidarité entre les diverses classes d’âge perpétuant les inégalités économiques et sociales, les inégalités entre hommes et femmes et prônant un individualisme mortifère pour la société. Ensuite il y a tout à craindre pour l’avenir de l’assurance chômage où le gouvernement, seul décideur depuis l’échec de la négociation UNEDIC, sera sans doute tenté de détruire encore plus les derniers droits des chômeurs et chômeuses, s’en prenant notamment aux cadres. Dans le même temps, les privatisations continuent (Aéroports...). Et la planète risque de souffrir encore longtemps de pesticides, au nom soit disant de la sauvegarde de « l’emploi ». Les opposant-es aux politiques du pouvoir en place se voient interdire de manifester, tout en étant mutilé-es par une police et un pouvoir toujours plus violents.

De plus en plus illégitime et violent, ce pouvoir leurre toujours moins de monde. Le grand débat national a surtout été l’occasion pour Macron de s’offrir une nouvelle campagne électorale. Mais la soif de changer le système sur des bases d’égalité, de justice sociale, fiscale et écologique n’a jamais été aussi grande et ne se contentera pas de vagues promesses. Tout l’inverse du programme de Macron : la population n’est pas dupe de l’exercice et ce sont donc toujours plus d’opposant-es aux revenus modestes, aux statuts très précaires, en grande partie des femmes qui sont disponibles pour la lutte et le rapport de force. Et si le monde du travail parait en retrait, les luttes y existent aussi, notamment dans la fonction publique : finances publiques, douanes, mais aussi dans la santé, à la poste, dans les lycées… Sans oublier les mobilisations climatiques, toujours plus importantes, diverses et populaires et celles opposées aux discriminations et violences sexistes et racistes : dispersées, ces mobilisations commencent à se regrouper. Construisons toujours plus de ponts entre elles et amplifions le mouvement !

De l’autre côté de la Méditerranée, l’Algérie, elle aussi, prend le chemin de la lutte. N’en pouvant plus d’un pouvoir autocrate, clanique et en un mot dictatorial, la population descend massivement depuis février dans la rue pour dégager Bouteflika dont le fantôme entend briguer un 5ème mandat de président, soutenu en cela par Macron. Un même mépris alimente donc la colère de nos deux peuples. Changer de système est ainsi pour toutes et tous d’une urgence absolue : gilets jaunes, roses, rouges ou sans gilets, quels que soient nos emplois, statuts, fonctions, sans emploi ou en formation, partout sur la planète, on lutte. Pour l’égalité des droits, la justice sociale et environnementale, pour une juste répartition des richesses. Car il s’agit d’exigences fondamentales.



Article publié le 26 mars 2019