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Solidaires Alsace 67/68

Etat d’urgence sanitaire : La démocratie et les libertés bafouées

La démocratie et les libertés bafouées
Depuis deux mois que nous subissons les flux
d’informations en direct (qui laissent peu de place à
l’esprit critique et à la réflexion), nous sommes tous
devenus des épidémiologistes, des virologues et nous
discutons des effets comparés de la chloroquine ou du
désinfectant en intraveineuse, non plus au bistrot du
coin mais sur les réseaux sociaux. Mais il semble que le
méfait principal du virus nous échappe encore et ne
fait qu’apparaître progressivement au grand jour, c’est
son effet délétère sur nos libertés et sur la
démocratie dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire.
Dans un retour étonnant au Moyen Age nous avions
déjà sacrifié au virus notre liberté fondamentale de
nous déplacer librement, en nous confinant plus ou
moins volontairement (faute d’une politique de
prévention des épidémies, en raison des pénuries de
matériel et des effets de la cure d’austérité imposée à
l’hôpital public) afin d’en limiter la propagation.
Maintenant le gouvernement veut ficher et tracer les
contagieux (grâce une future application qui menace
les libertés individuelles) comme autrefois les lépreux
qui agitaient leurs cloches pour se signaler aux bien
portants. Pour les bien-pensants, la loi AVIA, présentée
(à tort) comme une loi anti-haine, prévoit le retour de
la mise à l’Index des contenus numériques qui
déplaisent au pouvoir en place, qui sont promis à la
censure sur les réseaux sociaux. Dans le prolongement
de la loi instaurant l’état d’urgence et de la loi
« anticasseurs », elle renforce les pouvoirs de
l’autorité administrative et de la police au détriment
des pouvoirs du juge. Mais cela n’est pas assez, il faut
aussi embastiller ceux qui continuent à s’opposer et
qui ont le culot de vouloir manifester les samedis. Il
faut même revenir en arrière pour trainer en justice
ceux qui ont eu l’audace d’utiliser cette arme de
destruction massive des idées qu’est l’autocollant
collé sur une permanence d’un candidat LREM.
Les quelques rares opposants qui tentent de réveiller
la flamme de la lutte et de la contestation se voient
remettre rapidement, dès le premier samedi de sortie,
les nouvelles lettres de cachet que sont les
contraventions de l’état d’urgence. C’est vrai que de se
rassembler sur la place publique pour contester les
décisions ubuesques de notre gouvernement est
dangereux pour la santé de la population, seules les
réunions dans les temples de la production et de la
consommation que sont les usines et les centres
commerciaux sont approuvées et validées par les
autorités spécialisées en mesures sanitaires que sont
les forces de l’ordre !! Les travailleurs des classes
populaires peuvent s’entasser dans les transports en
commun pour aller au boulot, mais il est interdit de
manifester pacifiquement en petit groupe dans le
respect des préconisations sanitaires.
De qui se moque-t-on ?! Comment la préfecture ose-t-
elle invoquer l’interdiction de rassemblement de plus
de 10 personnes sur les places pour quelques
manifestants par ailleurs respectueux de toutes les
règles de distanciation et d’équipement alors qu’en
arrière plan certaines rue sont noires de monde ?!
Comment
peut-on
justifier
les
tracasseries judiciaires pour le collage de quelques
autocollants alors que toutes les manifestations sont
restées pacifiques ?! A trop vouloir souffler sur les
braises de la contestation pour l’éteindre, on risque
d’en raviver la flamme et si la fièvre monte cela sera
sans doute aussi la faute du virus ! Nos organisations
syndicales
départementales
condamnent
vigoureusement ces dérives liberticides que d’aucuns
voudraient justifier par la lutte contre le virus. Nous
nous battrons toujours pour défendre les libertés
individuelles et collectives contre ceux qui veulent les
limiter et les brider.
Strasbourg, le 26 mai 2020



Article publié le 27 mai 2020


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