SOLIDAIRES
Nous rejoindre Journalistes Membres
Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

Actualités partenaires

Inégalités de revenus : stabilité dans la morosité

Observatoire des inégalités

Les inégalités de niveau de vie se stabilisent depuis 2013 dans un contexte de stagnation des revenus. On est loin d’avoir effacé la hausse des inégalités de la période 1996 à 2012. L’analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

« Depuis la crise économique de 2008, [le revenu médian] [1] connaît une période de quasi-stagnation d’une durée inédite ». Dans sa dernière note de présentation annuelle de l’évolution des revenus en France, l’Insee s’inquiète. De mémoire de statisticiens des revenus, dix ans de stagnation, on n’avait jamais vu ça. Il faut sans doute remonter aux années 1930 pour trouver une telle morosité. Ce constat concerne le niveau de vie médian. Pour le seuil des 10 % les plus pauvres, le calme plat remonte même au milieu des années 2000 : il n’a gagné que 40 euros par mois en 15 ans, une fois pris en compte l’effet de l’inflation.

Cette situation contraste avec les décennies précédentes : la montée du chômage et de la précarité dans les années 1980 et 1990 n’avaient que partiellement entamé la progression globale des revenus, notamment des classes moyennes. De 1970 jusqu’au milieu des années 2000, le niveau de vie médian avait été en effet multiplié par deux. La majorité des Français entraient alors pleinement dans la société de consommation et en découvraient les joies.

Ce n’est plus le cas. Pour les plus pauvres, l’inversion ne date pas d’hier. Leur niveau de vie n’augmente plus depuis 15 ans. Entre 2008 et 2012, une partie des catégories modestes a même vu son revenu diminuer. Le contraste est encore plus fort pour les couches moyennes habituées à voir leurs revenus s’élever. Depuis dix ans, c’est la douche froide : elles sont mises au même régime que les couches populaires. Si la tendance à la hausse des années 2000 s’était maintenue dans les années 2010, leur niveau de vie serait supérieur de 20 %. Pour le dixième le plus favorisé aussi, l’heure n’est plus à la fête. Le niveau de vie moyen annuel des 10 % du haut de l’échelle avait gagné 14 000 euros entre 1997 et 2007. Il a continué a progresser jusqu’en 2011 pour revenir ensuite au niveau de 2007.

[...]

>> Inégalités de revenus : stabilité dans la morosité



Article publié le 16 septembre 2019