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Interpellation de Ian B du collectif Désarmons les

Dernière minute voir le message de Ian , libéré, à la fin...

Communiqué de Solidaires

Lundi 25 mars en fin d’après-midi, alors qu’il rentrait d’une conférence qu’il dispensait sur le maintien de l’ordre, Ian B, a été interpellé à sa sortie du train. Il est membre du collectif « désarmons-les », collectif connu pour ces travaux contre les violences policières, et qui dénonce les dégâts que causent les armes « non-létales » utilisées par l’État français lors des manifestations, évacuations. Ian était intervenu à la soirée « commission d’enquêtes » sur la répression, les violences policières et la loi anti-manifestation notamment organisée par Solidaires, et qui a fait salle comble à la bourse du travail le 20 mars dernier.

Ian a été placé en garde à vue pour port d’arme prohibée, en l’occurrence des munitions vides qui illustraient son exposé et qu’il transportait sur lui. Il est actuellement détenu dans les locaux du commissariat du 7ème arrondissement.

On ne peut s’empêcher de lier cet événement au travail de fond, de recensement et d’accompagnement des blessé.e.s, qu’accomplit ce collectif depuis plusieurs semaines afin de visibiliser les violences policières inédites que subissent les Gilets Jaunes. Ian lors de la soirée a notamment fait le constat que l’assemblée des blessé-es à laquelle il participe, avait dénombré une cinquantaine de blessé-es graves en vingt années d’existence, et que ce chiffre avait doublé depuis les trois derniers mois !

Après les blessures graves de la militante d’ATTAC que le pouvoir justifie par les interdictions de manifester qu’il prononce, arrive-t-on désormais au stade où celles et ceux qui s’y opposent seront arrêté-es ?

Solidaires dénonce cette interpellation, et la criminalisation grandissante des acteurs-trices du mouvement social. Nous demandons la libération immédiate et inconditionnelle de Ian.

Communiqué unitaire

Communiqué unitaire du 26 mars 2019 :
Lundi 25 mars en fin d’après-midi, alors qu’il rentrait d’une conférence qu’il dispensait sur le maintien de l’ordre, Ian B, a été interpellé à sa sortie du train. Il est membre du collectif « désarmons-les », collectif connu pour ces travaux contre les violences policières. Il était intervenu en tant que « témoin -expert » à la soirée « commission d’enquêtes » sur la répression, les violences policières et la loi anti-manifestation que nous avons unitairement organisée et qui a fait salle comble à la bourse du travail le 20 mars dernier.
Ian a été placé en garde à vue pour port d’arme prohibée, en l’occurence des munitions vides qui illustraient son exposé et qu’il transportait sur lui. Il est actuellement détenu dans les locaux du commissariat du 7ème arrondissement.
On ne peut s’empêcher de lier cet événement au travail de fond, de recensement et d’accompagnement des blessé.e.s, qu’accomplit ce collectif depuis plusieurs semaines afin de visibiliser les violences policières inédites que subissent les Gilets Jaunes.
Après les blessures graves de la militante d’ATTAC que le pouvoir justifie par les interdictions de manifester qu’il prononce, arrive-t-on désormais au stade où celles et ceux qui s’y opposent seront arrêté-es ?
Nous dénonçons cette interpellation, et la criminalisation grandissante des acteur-trices du mouvement social. Nous demandons la libération immédiate et inconditionnelle de Ian.

Signataires :
ATTAC
Comité vérité et justice pour Adama
DAL
Copernic
Union syndicale Solidaires
UD CGT 75
NPA
Ensemble
GDS
Coopérative Politique Ecologie Sociale

Message de Ian B

Salut à tous !

Mon communiqué à diffuser :

Je suis sorti vers 18h30 du commissariat du 7ème arrondissement où
j’étais en garde-à-vue depuis lundi soir.

Contrôlé et arrêté à ma descente du train Gare Montparnasse, j’avais
avec moi une valise, dans laquelle je transportais des affaires
personnelles, dont mon ordinateur et une clé USB, ainsi qu’un
échantillon de chaque munition utilisée par les forces de l’ordre pour
réprimer les foules.

J’ai été immédiatement interpellé et placé en garde-à-vue sous la place
des Invalides, pour « port d’arme prohibée de catégorie A » et « non
respect d’un contrôle judiciaire », celui-ci datant d’il y a trois ans
(instruction judiciaire dans le cadre d’une arrestation ciblée au début
de la mobilisation contre la loi Travail).

Il semble que mes antécédents judiciaires et notamment les petites
fiches des renseignements ont allumé quelques voyants à la Préfecture de
Police et ont justifié une l’excitation malsaine de l’État Major de la
Police, qui a mis la pression sur les OPJ et tout entrepris pour que les
magistrats du Parquet ne me laissent pas sortir tranquille.

Dans la matinée de mardi, la police a procédé à l’exploitation de mon
téléphone et de ma clé USB, mais ne semble pas avoir pu accéder au
contenu de mon ordinateur. Des photographies prises au Pays Basque et
d’autres sur les Champs Élysées ont intéressé particulièrement l’OPJ,
quand bien même elles ne montraient rien de répréhensible. L’OPJ a
également eu une petite note d’une collègue l’enjoignant à s’intéresser
à ma participation le 1^er décembre lors de la manifestation des Gilets
Jaunes…

Parallèlement, une taupe de la police a violé le secret de l’enquête en
transmettant au journaflic du Point le contenu de fichiers de
renseignement, mes déclarations en audition et le contenu exact de ma
valise.

Dans l’après-midi, un équipage de police de la BAC du 7ème m’a emmené à
mon domicile en fonçant à toute allure sur le parcours aménagé pour la
venue du président chinois, et a procédé à une perquisition sans
témoins, perquisition qui s’est révélée négative, malgré le travail
efficace d’un chien renifleur dénommé Fenzy, chargé de trouver des
explosifs cachés.

A notre retour au commissariat, l’enquête semble avoir pris subitement
une autre tournure, puisque les auditions qu’on m’avais promis n’ont pas
eu lieu et j’ai finalement été libéré vers 18h20 avec un simple rappel à
la loi. Mon bagage m’a été intégralement restitué.

J’adresse aux journalistes du Point et de LCI, Aziz Zemouri et Georges
Brenier, véritables chiens de garde du Pouvoir, toute l’expression de
mon mépris et je les invite vivement à démissionner pour cesser de nuire
à autrui. Il sont à l’image de ce journalisme poubelle qui participe au
glissement totalitaire de notre société actuelle.

Je crois que la préfecture de police et le Parquet ont rétropédalé pour
s’éviter un nouveau scandale ou un fiasco judiciaire. Je remercie
infiniment toutes les personnes qui ont contribué à ne pas laisser la
répression s’accomplir en silence et qui ont réagi rapidement pour
remettre les choses à leur place, me soutenir et m’accueillir à ma
sortie de garde-à-vue.

Ne laissons pas les autorités nous intimider par leurs pratiques
mafieuses. Continuons le combat.



Article publié le 26 mars 2019
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