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Actualités internationales

La campagne BDS appelle à signer massivement une pétition

Les derniers mois ont vu se multiplier des actions des tribunaux pour empêcher les appels au boycott, plus récemment le premier ministre Manuel Vals a attaqué la campagne en indiquant sa volonté de ne plus permettre les appels au boycott.

Nous rappelons notre engagement dans cette campagne en indiquant qu’il s’agit pour l’Union syndicale Solidaires d’appel à des actions permettant à chacun et chacune de s’engager pour faire pression sur l’Etat d’Israël et sa politique et aux structures syndicales de relayer cette campagne aussi comme cela a été le cas avec succès pour Orange.

Les amalgames visant à assimiler un boycott de l’Etat, des entreprises, personnalités qui le soutiennent à des actes antisémites visent dans les faits à empêcher l’expression citoyenne à l’encontre de la politique israélienne de plus en plus à droite, coloniale, répressive et agressive contre le peuple palestinien.

Nous vous appelons donc à relayer massivement la pétition.

Nous appelons au boycott des produits israéliens !

"Nous nous associons à l’appel publié dans le Club de Mediapart le 19 janvier 2016, nous appelons à soutenir et renforcer le mouvement BDS et à boycotter les produits israéliens."

Pour signer la pétition, merci de remplir le formulaire disponible à cette adresse

http://goo.gl/forms/w2sz6chLBT


https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/190116/nous-appelons-au-boycott-des-produits-israeliens

Nous appelons au boycott des produits israéliens !

19 janv. 2016 Par Les invités de Mediapart

Nous ne nous plierons pas à la décision de la Cour de cassation du 20 octobre 2015 !
Le 20 octobre 2015, par deux arrêts, la Cour de cassation a déclaré illégal l’appel à boycotter des produits israéliens et confirmé la lourde condamnation de plusieurs militants du mouvement Boycott désinvestissement sanctions (BDS). Elle a utilisé pour cela, un article de la loi de la presse qui évoque le délit de «   provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race, ou une religion déterminée   ».

Cette décision est plus qu’étonnante, elle est scandaleuse. Cette loi est supposée protéger une personne ou un groupe de personnes victimes d’une discrimination à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion. Elle ne prévoit nullement de protéger la politique d’un Etat contre une critique citoyenne, lorsque cette critique prend la forme d’un appel au boycott de produits. A de nombreuses reprises, des organisations ont appelé dans le monde au boycott de la Birmanie ou de la Russie, de la Chine ou du Mexique, sans que soit jamais évoquée une telle clause.

En dépit de l’insistance du ministère de la justice, la plupart des juridictions françaises saisies ont refusé au cours de ces dernières années de considérer que l’appel au boycott de produits israéliens relevait d’une infraction pénale.

Avec la décision de la cour de Cassation, la France devient le seul pays démocratique du monde où une telle interdiction a été prise. Pour un pays qui, depuis un an, n’a pas cessé de se réclamer son attachement à la liberté d’expression c’est une situation d’autant plus paradoxale, qu’il est plus que probable que la Cour européenne des droits de l’Homme reviendra sur ce jugement malvenu. Même la cour de Cassation doit répondre de ses décisions et se conformer à des principes universels que sont, notamment, le droit d’expression.

Le mouvement BDS s’est créé dans un contexte de démission de la communauté internationale incapable de mettre un terme à la colonisation ni de protéger les Palestiniens des exactions quotidiennes que leur infligent armée et colons israéliens. Ce mouvement pour le boycott rencontre un succès croissant dans le monde, en tant que seul moyen non-violent de faire pression sur Israël. Il permet à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de manifester pacifiquement leur solidarité et de protester par là-même contre le traitement de faveur dont bénéficie ce pays de la part de la communauté internationale en dépit de ses violations constantes du droit international. C’est pourquoi nous appelons à soutenir et renforcer le mouvement BDS et à boycotter les produits israéliens.

(1) décision de la Cour de cassation du 20 octobre 2015

Les signataires :

  • Ahmed Abbes, Directeur de recherche au CNRS, Paris
  • Sihame Assbague, militante associative
  • Etienne Balibar, Professeur émérite, Université de Paris-Ouest Nanterre
  • Saïd Bouamama, sociologue
  • Rony Brauman, médecin, essayiste
  • Sonia Dayan, Professeure émérite à l’Université Paris Diderot-Paris7
  • Christine Delphy, sociologue, cofondatrice de Nouvelles Questions Féministes
  • Alain Gresh, journaliste
  • Nacira Guénif, sociologue, Université Paris 8
  • Christian Salmon, écrivain
  • Azzedine Taïbi, maire de Stains
  • Marie-Christine Vergiat, députée européenne


Article publié le 22 janvier 2016