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La présidence de la république en quête de boucs émissaires

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Le président de la république vient de s’exprimer devant les députés et sénateurs de la majorité, en renouant avec une vieille tradition française : la lepénisation des esprits.

Le lundi 16 septembre, en présentant la question de l’immigration comme la prochaine problématique à traiter, Emmanuel Macron a osé la phrase suivante : « En prétendant être humaniste, on est parfois trop laxiste ». Entendre le président s’adonner à un nouvel exercice de communication n’a rien de surprenant. Il ne fait ici que continuer à développer sa stratégie électoraliste. Celle-ci vise deux objectifs : raboter les voix de l’aile la plus réactionnaire de la droite républicaine, et mettre le RN en position d’être son seul adversaire en 2022 et ainsi, assurer sa réélection...

Cette stratégie à cela d’effrayant qu’elle se fait sur le dos de réfugiés qui pendant ce temps meurent en méditerranée en cherchant à fuir des situations catastrophiques. De plus, cela participe à renforcer le climat délétère dont sont déjà victimes les étrangers en France. Après la loi « asile et immigration », adoptée en septembre 2018, qui avait instauré une nouvelle chute de droits pour les personnes étrangères, voilà encore une fois le racisme et la xénophobie confortés par le sommet de l’Etat.

Cette recherche de boucs émissaires ne trompe personne. Et pointer du doigt de prétendus abus à l’Aide Médicale de l’État ne nous fera pas oublier qu’il ne s’agit là que de planter l’arbre qui doit cacher la forêt de l’évasion fiscale contre laquelle le pouvoir n’est que peu combatif.

Pathétique aussi celui qui agite le chiffon rouge de l’immigration soit disant incontrôlée pour éviter que les projecteurs ne se focalisent trop sur la contestation sociale et les mobilisations en cours et à venir contre de la réforme des retraites.

En opposant des « bourgeois » - terme qu’il utilise, pour la première fois, dans un sens se voulant critique voire moqueur -, décrits comme généreux en verbe mais ne côtoyant pas les immigrés dans leur quotidien, aux classes populaires qui, elles, seraient hostiles à l’immigration parce qu’elles vivent avec les immigrés, puisque tel est bien le sens des déclarations d’Emmanuel Macron, le président de la République tient un propos dangereux, irresponsable et inflammable. Il serait temps que la classe politique cesse de jouer avec le feu en agitant les idées nauséabondes de l’extrême droite.

>> La présidence de la république en quête de boucs émissaires



Article publié le 1er octobre 2019