SOLIDAIRES
Nous rejoindre Journalistes Membres
Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

Les argumentaires

"Débats" de l’ITS N° 6 sur la transformation des temps

Dans les numéros précédents des Débats de l’ITS, notamment le numéro 2 (« Les liens sociaux en question. Précarités ») et le numéro 5 (« Les reconfigurations du travail ») nous avions eu à plusieurs reprises l’occasion de rencontrer la question du/des temps. Ce numéro est entièrement consacré à cette question.

Deux idées semblaient, au départ, dessiner un nouvel espace temps, un nouveau rapport aux temps (de travail, de vie…) : d’une part, depuis au moins deux siècles, une tendance continue à la baisse du temps de travail, d’autre part, depuis au moins quelques dizaines d’années, une aspiration à vivre autrement qu’à travers le travail.

Pourtant ce regard ne semble plus correspondre à la réalité de ce qui est vécu aujourd’hui : face à « un travail sans limites » (pour reprendre le titre d’un ouvrage de Patrick Cingolani, la question de la centralité du travail dans le temps de vie semble revenir en force.

C’est ce qui apparaît dès le constat de Michel Lallement, qui s’ouvre pourtant sur une présentation argumentée de la baisse tendancielle continue du temps de travail, mais qui, en même temps, fait apparaître des recompositions temporelles (selon les catégories professionnelles, les rythmes de travail, la répartition des tâches…) plus problématiques.

Chantal Nicole-Drancourt observe également la crise de temporalité du régime de temporalité fordiste (où le temps de l’usine conditionne tous les temps sociaux), la déstabilisation des régimes d’activité, mais aussi le développement de nouvelles formes d’emploi, de temps de vie (notamment avec l’importance du chôme), de périodes de qui ne sont plus dépendantes du travail.

Va-t-on pour autant vers un ré-équilibrage des temps sociaux ? Sommes nous arrivés au moment où, pour reprendre la formule de Philippe Tancelin, poète : « le temps est venu où l’on ne compte plus » ?

Il semble bien que, dans la pratique, le développement d’un régime temporel de travail incertain, aboutit à donner le sentiment d’un temps en fait plus pesant.

En tirant les leçons de l’expérience française des 35 heures, Jacques Rigaudiat observe le conteste de cette « exception », et les problèmes posés par la contre-révolution libérale qui cherche, à travers l’individualisation des relations au travail, à développer une nouvelle forme de domination du capital.

Les entretiens que nous ont accordés trois syndicalistes (Sophie Binet – CGT, Eric Beynel – Solidaires, Dominique Hénon – CFDT) montrent bien, quelques mois après les grandes mobilisations contre la « loi travail » au printemps dernier, que sur ce plan, au-delà des crises et des transformations, le changement s’opère avec une certaine continuité.


En pj l’article "La question du temps de travail reste un marqueur central" par Eric Beynel pour Solidaires.

>> En savoir plus (dont bon de commande) sur le site de l’ITS

Documents à télécharger



Article publié le 31 janvier 2017