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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

Solidaires Meurthe-et-Moselle - 54

Le 1er mai, même confiné·es, plus que jamais réaffirmons nos revendications

Communiqué SUD-Solidaires, CGT, FO, FSU, UNEF de Meurthe-et-Moselle pour le 1er mai
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Nous vivons une crise historique. Avec l’épidémie liée au coronavirus, des millions de personnes sont confinées. Cette crise est sanitaire, économique mais aussi sociale.

Ce que cette crise révèle avant tout c’est l’importance de celles et ceux qui font tourner l’économie, produisent les richesses et assurent le fonctionnement de notre société. Les travailleurs et les travailleuses, aujourd’hui confiné·es, sont rendu·es visibles parce qu’en leur absence, la production s’arrête. Invisibles et oublié.e.s hier, cette crise révèle aussi l’importance de celles et ceux qui continuent à travailler, dans des conditions difficiles, le plus souvent au risque de leur propre santé : les personnels de santé et les agents des Ehpad qui n’ont pas compté leurs heures et leur dévouement, les salarié·es du secteur du nettoyage, celles et ceux du commerce et de l’agro-alimentaire, souvent des femmes, sans oublier les personnels des services publics, sacrifiés depuis des années sur l’autel de la ’rentabilité’.

Cette crise révèle ensuite, comme lors des précédentes, l’importance de notre système de protection sociale et de nos services publics, fondés sur le principe de la cotisation et de la solidarité.

Depuis des années les différents gouvernements ont méthodiquement attaqué notre protection sociale et nos services publics. Aujourd’hui, les paroles de reconnaissance de ces mêmes gouvernant·es ne changent rien à notre colère et à notre détermination à transformer la société. Nous ne nous satisferons pas de vagues promesses sur la préservation des services publics et à la suspension des contre-réformes de l’assurance-chômage et des retraites, nous réclamons leur abandon. Pour nous, les belles paroles restent en décalage avec les actes :

En premier lieu, la Ministre du Travail, depuis le début de la crise, n’a de cesse d’empêcher les organisations syndicales et les inspecteur·trices du travail de prendre les mesures nécessaires à la protection des salarié·es. Aujourd’hui dans notre région, les sanctions prises à l’encontre d’Anthony Smith, inspecteur du travail, sont tout à fait scandaleuses. Il lui est reproché d’avoir demandé à l’employeur d’une structure d’aide à domicile de mettre à disposition des salarié·es (dont certain·es étaient déjà touché·s par le Covid-19) des masques et équipements de protection. Nos organisations s’associent à la protestation de l’ensemble des organisations syndicales du Grand Est (sauf CFDT) et demandent l’abandon des sanctions et la réintégration immédiate d’Anthony Smith.

En second lieu, nous n’acceptons pas les mesures dites ’d’urgence’ qui ont été prises en plein confinement : des semaines à 60 heures de travail, la perte des congés, des jours de repos, le travail dominical étendu et les abus sur le télétravail. Et ce n’est pas une prime désocialisée et défiscalisée, c’est à dire qui ne participera pas au financement de notre protection sociale, prime donnée au bon vouloir de l’employeur, qui rendra ces mesures plus acceptables. Nos revendications d’avant la pandémie restent intactes. A l’heure où nombre d’actionnaires de grandes entreprises maintiennent le versement de leurs dividendes, nous réaffirmons la nécessité de véritables revalorisations des minima sociaux, des pensions et des salaires, tant dans le secteur privé que dans le public.

En troisième lieu, nous nous alarmons de la situation vécue par nombre de salarié·es précaires qui se sont multiplié·es ces dernières années. Vacataires, intérimaires, intermittent·es, chômeur·euses et étudiant·es ont vu leur situation dégradée et payeront le prix fort de la crise. Malgré l’extension de l’activité partielle, le dogmatisme du patronat qui refuse le maintien à 100 % des rémunérations fait craindre à nos organisations une explosion de la pauvreté. Alors que des milliards sont débloqués pour les entreprises, que des milliards de dividendes sont versés aux actionnaires, ce ne sont pas les aides mineures pour celles et ceux qui sont dans des situations difficiles qui empêcheront l’explosion des inégalités sociales qui s’annonce si des mesures sociales d’urgence ne sont pas prises sur les loyers, l’énergie, l’accès aux transports et à internet. Des mesures d’urgence sont également nécessaires pour les sans-papiers aujourd’hui ignoré·es sur le plan sanitaire et social. La situation dans les banlieues rappelle aussi la nécessité impérative de prendre des mesures sociales.

Enfin, l’objectif de déconfinement à partir du 11 mai, reste dans la droite ligne de la manière dont le gouvernement a géré cette crise depuis le début, en faisant primer l’économie et la préservation des profits sur la santé de la population. Si la ’reprise’ de la vie sociale, dont le travail fait partie, est une espérance, une nécessité pour beaucoup d’entre nous, cela ne peut se faire sans la garantie la plus absolue de la sécurité de chacun, chacune, ainsi que celle des enfants et de leur entourage. Entre les impératifs économiques et la santé des citoyen·nes, nos organisations choisiront toujours la préservation de la santé. Alors que de nombreux pays européens ont repoussé la réouverture des écoles à septembre, que nos voisin·es du Bénélux prévoient logiquement de faire reprendre les élèves les plus âgé·es avant les plus jeunes, chez nous, faire passer la réouverture des écoles comme une nécessité d’égalité sociale est proprement scandaleux. Le vrai objectif du gouvernement est en effet de remettre les parents au travail. Le Ministère de l’Education est incapable pour l’heure de garantir sur le plan matériel et organisationnel une reprise satisfaisante.

Au niveau régional, les services de l’Etat sont à la manœuvre pour essayer de nous faire avaliser une pseudo charte dont le but est de bâillonner les organisations syndicales et de leur faire endosser la responsabilité d’une reprise d’activité à tout prix et sans autre garantie que celles des déclarations de bonnes intentions. Nos organisations dénoncent la méthode et ne s’inscriront pas dans cette démarche.

Chez les étudiant·es, les universités ne seront pas ouvertes avant septembre. Le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche ne donne aucune réponse quant aux questions sur la mise en place d’examens du second semestre. L’université de Lorraine rejette la mise en place du 10 améliorable, sauf à la faculté de droit de Nancy, et met en place des examens à distance qui ne prennent pas en compte la situation des étudiant·es les plus précaires, des étudiant·es salarié·es, des effets psychologiques d’un enfermement de longue durée dans des appartements de petite surface, des étudiant·es en situation de handicap, des étudiant·es étranger·ères et de tou·tes les étudiant·es en rupture numérique qui représentent presque 10% des étudiant·es de l’université de Lorraine.
La précarité ne fait que s’accroître pour les étudiant·es, et les aides sociales ne sont pas suffisantes pour subvenir aux besoins premiers et creusent les inégalités. Nous demandons des réelles mesures prises pour tou·tes les étudiant·es comme l’exonération des loyers en cité universitaire pour limiter la précarité étudiante.

Pour nos organisations, à l’occasion de ce premier mai, journée internationale de solidarité et de revendications des travailleurs et des travailleuses, et dans un contexte de crise sanitaire, sociale et économique historique, nous souhaitons réaffirmer nos revendications. Pour nous, le déconfinement ne doit pas se faire sans réorientation globale des politiques économiques et sociales. Nous n’accepterons pas que le jour d’après remette sur pied une version 3.0 et vaguement verte d’un système capitaliste financiarisé faisant primer les profits sur les conditions de travail ainsi que sur la santé et les droits des travailleur·euses, les intérêts privés sur les services publics, le marché sur la protection sociale, la concurrence sur la solidarité et l’égalité, la croissance sur l’environnement. À l’inverse, nous affirmons la nécessité de faire primer nos vies sur les profits, de garantir à toutes et tous les droits fondamentaux à la santé, au logement, à l’éducation et à la culture, et pour cela d’abolir la dette publique, de réinvestir massivement dans les services publics et de renforcer les régimes solidaires fondés sur la cotisation sociale, en d’autres termes : la Sécurité Sociale. Pour nos organisations, le jour d’après sera social, écologique et démocratique ou ne sera pas.

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Article publié le 29 avril 2020


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