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Actualités internationales

Mobilisation des travailleur-euses de Deliveroo au Royaume-Uni

Retour Transnational Social Strike - Interview de Callum Cant, travailleur à Deliveroo

Quelles sont les conditions de travail et les salaires des travailleurs de Deliveroo au Royaume-Uni ?

Les livreurs Deliveroo sont tous des « travailleurs indépendants ». Cela signifie que nous n’avons aucun des droits des employés comme le droit aux indemnités de maladie ou le droit aux congés. Mais ce statut d’indépendant est évidemment un mensonge, nous sommes des employés comme tous les autres, juste sans les avantages.
Nous sommes très précaires. La société pourrait nous licencier quand elle le veut, et il n’y a pas de salaire garanti. Nous sommes payés à la pièce : 4 £ par livraison, sans plus de garanties. Parfois, les gens travaillent 5 ou 6 heures et ne font qu’une seule livraison par heure. Nous devons assurer l’entretien des vélos nous-mêmes et payer pour tout.
Ce n’est pas un travail stable, donc c’est surtout fait par les jeunes, les migrants et les travailleurs qui aiment la liberté de ne pas avoir physiquement un patron sur le dos qui leur dise quoi faire.

Y at-il des luttes ?

Les luttes au sein de l’entreprise ont commencé cet été à Londres, où une série de protestations spontanées ont eu lieu contre le projet de l’entreprise de supprimer le salaire horaire existant et se sont développées en grèves sauvages. Les grèves ont duré une semaine et ont suscité beaucoup d’intérêt de la gauche au Royaume-Uni. Elles ont réussi en partie, ce qui signifie que tous les travailleurs qui avaient l’ancien contrat et voulaient garder le salaire horaire pouvaient le faire, mais tous les nouveaux travailleurs sont payés à la livraison seulement.
Parce que nous ne sommes pas légalement employés, aucune des règles habituelles concernant les grèves ne s’applique. Cela veut dire qu’on peut faire la grève quand on veut. D’une manière étrange, cela nous donne un pouvoir très fort.

Comment êtes-vous organisé, les spécificités, les difficultés

Maintenant, après les grèves à Londres, l’organisation s’étend. Un syndicat de base, l’IWGB, recrute des chauffeurs dans des zones de livraison spécifiques à Londres et commence à s’y organiser.
Plan C, une organisation politique dont je fais partie, a aidé à lancer un journal national des travailleurs pour relier les travailleurs qui ne sont pas en mesure de rejoindre le syndicat de base à l’extérieur de Londres. L’union syndicaliste, l’IWW, organise également des réunions avec des travailleurs à Bristol.
Lentement, le niveau d’organisation croît et des travailleurs s’engagent. Ils veulent toujours lutter pour de meilleurs salaires, des conditions de travail différentes... La difficulté est que pour le moment nous ne sommes pas assez connectés - peut-être il y aura quelques grands développements au cours des 6 prochains mois.



What are the working conditions and wages for workers in Deliveroo in UK ?

Deliveroo couriers are all ’self-employed’. This means that we have none of the rights of employees like sick pay or holiday pay. But this self-employed status is obviously a lie, we are employees like any other, just without the benefits.

We are very precarious. The company could fire us whenever it wants to, and there is no guaranteed wage. We are paid a piece rate of £4 per delivery, with no guaranteed shifts. Sometimes people work 5 or 6 hours and make only one delivery per hour. We have to maintain the bikes ourselves and pay for everything.

It isn’t stable work, so it’s mostly done by young people, migrants, and workers’ who like the freedom they get from not having a physical boss telling them what to do.

Are there some struggles ?

The struggles within the company began in the summer in London, where a spontaneous set of protests about the company’s plan to remove the old hourly wage developed into wildcat strikes. The strikes lasted a week, and got a lot of attention from the left in the UK. They were partly successful, meaning that any workers who had the old contract and wanted to keep the hourly wage could do so, but all new workers are paid per delivery only.

Because we are not legally employed, none of the usual rules around strikes apply. That means we can go on strike whenever we want. In a strange way, it gives us a huge amount of power.

How are you organized, specificities, difficulties

Now after the strikes in London, organisation is spreading. A base union, the IWGB, is recruiting drivers in specific delivery zones in London and beginning to organise there.

Plan C, a political organisation I’m a part of, has helped launch a national workers’ newspaper to connect workers’ outside of London, who are currently not able to join the base union. The syndicalist union the IWW is also doing some organising with workers in Bristol.

Slowly the level of organisation is growing, and workers are militant. They always want to strike for better wages, different conditions and so on. The issue is that at the moment we are not connected enough - maybe there will be some big developments over the next 6 months.



Article publié le 16 novembre 2016