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Les argumentaires

Pour l’abolition du travail forcé dans les Colonies

brochure publiée par Solidaires et le CRAN

Le lundi 11 avril 2016, soixante-dix ans jour pour jour après la loi Houphouët-Boigny qui a aboli le travail forcé, le CRAN, le Comité d’Organisation du 10 mai, l’Union Syndicale Solidaires et le Collectif Dom de la CGT organiseront un happening Place de la République, à partir de 12h30.

Les journalistes, les militants et les passants ont été invités à jouer à la « Roue de la Fortune coloniale » et à participer à cette grande aventure, comme au « bon vieux temps des colonies ». Ils ont pu acquérir gratuitement des mines de diamants, des gisements d’or, des puits de pétrole ou des concessions portuaires, et s’enrichiront ainsi grâce aux indigènes mis à leur disposition dans le cadre du travail forcé.

Par ailleurs, sur un mode plus sérieux, le public a été également invité à signer un appel pour la reconnaissance du travail forcé, tel qu’il a eu lieu dans les colonies françaises, comme crime contre l’humanité.

Expliquant l’enjeu de cet événement original, Louis-Georges Tin a déclaré : « L’abolition de l’esclavage en 1848 pose à la France un grave problème : comment éviter la ruine, étant donné que le modèle économique du pays est fondé sur l’exploitation coloniale ? Dès lors, dans les nouvelles colonies d’Afrique et d’Asie, ne pouvant instituer l’esclavage, désormais illégal, les colons mettent en place le travail forcé, système très différent du point juridique, mais tout à fait semblable du point de vue pratique. C’est ainsi qu’on est passé de l’esclavage colonial à la colonisation esclavagiste », a ajouté le président du CRAN.

« C’est ainsi qu’on est passé de l’esclavage monarchiste à l’esclavage républicain, a ajouté Théo Lubin, vice-président du CRAN chargé de la mémoire. Plusieurs millions de personnes ont ainsi été raflées, déportées, internées dans des camps de travail et littéralement tuées à la tâche, comme le montre l’exemple du chemin de fer du Congo-Océan, mis en place par la Société de Construction des Batignolles, dont nous poursuivons les descendants ».

« Ce sont des faits relativement récents, qui font partie de notre histoire nationale, mais qui ont été totalement refoulés. Le travail forcé a été un crime contre l’humanité, et c’est pourquoi nous demandons réparation », a commenté Jean-Paul Dessaux (Union Syndicale Solidaires).

A cette occasion, les organisations distribuent une brochure inédite sur le travail forcé, avec des textes d’historiens, spécialistes du sujet, comme Catherine Coquery-Vidrovitch ou Olivier Lecour Grandmaison. Bien que l’Elysée, Matignon et l’Assemblée aient refusé de célébrer le 70e anniversaire de la loi Houphouët-Boigny, les organisations présentes rendent hommage aux victimes.

(Brochure sur le travail forcé à télécharger en PJ)

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Article publié le 11 avril 2016