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Prends l’oseille et tire toi

Carlos Ghosn s’est évadé du Japon, où il était en résidence surveillée dans l’attente de son procès, et est arrivé lundi 30 décembre à Beyrouth à bord d’un avion privé. L’ex PDG déchu de Renault-Nissan aurait fui sous une fausse identité et présenté aux contrôles douaniers japonais un passeport falsifié. Il n’en était plus à une falsification près.

Fuir la justice tout en criant au complot

Arrêté le 18 novembre 2018 et libéré depuis sous caution, Ghosn se pose en martyr. Il serait victime d’une « persécution politique » et l’« otage d’un système judiciaire japonais partial ». Ce supposé grand complot politico-industriel viserait à l’empêcher de renforcer la mainmise de Renault sur Nissan.

La réalité est plus prosaïque. Par sa fuite, l’ex PDG de l’alliance Renault-Nissan se soustrait à quatre mises en examen. Une mise en examen pour avoir détourné à son profit une partie des 13,4 millions d’euros versés sous l’intitulé de « primes de performances » à un concessionnaire omanais de Nissan. Une seconde mise en examen pour avoir fait couvrir, par Nissan, des pertes réalisées sur des placements personnels au moment de la crise de 2008. Et deux autres mises en examen pour avoir minoré de 74 millions d’euros ses revenus déclarés aux autorités financières.

En marge de ces inculpations, Carlos Ghosn affronte aussi Nissan devant les tribunaux sur d’autres affaires de détournement, notamment pour s’être approprié un yacht de 12 millions d’euros et une résidence au Liban de 15 millions d’euros payés par Nissan. La liste n’est pas exhaustive. En France, il est aussi sous le coup d’une enquête du parquet de Nanterre sur le financement de son mariage au château de Versailles, et sur certains paiements qu’il aurait ordonnés à Renault.

Avec les siens

Ghosn se terre désormais au Liban où il compte de nombreux soutiens dans la classe politique, à commencer par l’entourage du président Michel Aoun. Cette même classe politique corrompue dont la population libanaise, qui manifeste depuis le 17 octobre 2019, réclame le départ. Tout un symbole.

Carlos Ghosn peut clamer son innocence et crier au complot, il restera dans nos mémoires un PDG sans scrupules qui a réduit les effectifs de Renault sas et de Nissan au Japon, et mis sous pression les salariés qui restaient au point d’en pousser certains au suicide, comme au Technocentre en 2006/2007. Son seul objectif était de faire de Renault et de Nissan des machines à cash pour le plus grand profit des actionnaires, et du sien.

Carlos Ghosn se croit au-dessus des lois. Il doit être jugé pour ses délits, même si de nombreux salariés l’ont déjà fait. Qu’il soit au Japon ou au Liban, il ne nous manquera pas.

>> sur le site de SUD Renault



Article publié le 31 décembre 2019