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Rassemblements de soutien à la coopérative agricole Triskalia : Chant du cygne ou prise de conscience salutaire ?

Communiqué Solidaires Bretagne et Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest

Hier soir, l’état major de la coopérative agricole bretonne Triskalia a lancé de son siège de Landerneau, un appel au secours à ses salariés et ses agriculteurs, les invitant à participer ce mardi 4 septembre à des rassemblements de soutien devant quatorze de ses sites.

En effet l’heure est grave pour Triskalia, car si elle s’est engagée depuis plusieurs mois dans un processus de fusion avec un autre géant de l’industrie agroalimentaire bretonne, le groupe Daucy. Elle se trouve aujourd’hui impliquée dans de multiples scandales sanitaires, sociaux et environnementaux qui ont défrayé la chronique depuis plusieurs années.
Ces scandales sont directement liés à l’utilisation irresponsable de pesticides, pour certains interdits, sur plusieurs de ses sites, que ce soit à Plouisy dans son usine de fabrication d’aliments pour bétail ou sur sa plateforme de concentration de ses produits phytosanitaires de Glomel. Et dernièrement : le scandale du maïs traité à la phosphine débarqué sur le port de Brest, et encore tout récemment scandale du lait contaminé par des aliments médicamenteux chez un éleveur de Moustéru, et cette liste n’est pas exhaustive.

Les nombreuses victimes des pesticides de Triskalia, soutenues par l’Union syndicale Solidaires et le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest ainsi qu’un très large Comité de soutien, dont Générations Futures, Phytovictimes et bien d’autres organisations ont pu obtenir réparation devant les tribunaux ou sont en attente de jugement. Ils ont déjà été entendus par la commission des pétitions du Parlement Européen, qui a pu prendre la mesure des pratiques irresponsables de la coopérative.

Les dirigeants de Triskalia n’ont donc pas fini de devoir rendre des comptes sur leurs agissements !

Aujourd’hui ces dirigeants se disent indignés par les attaques qu’ils subissent. L’Union Régionale Solidaires de Bretagne espère que cette indignation sera salutaire et leur permettra enfin de sortir du déni des réalités dans lequel ils se sont enfermés depuis trop d’années.

Il est grand temps qu’à chaque scandale révélé par des salariés ou agriculteurs victimes, devenus par la force des choses lanceurs d’alerte, les dirigeants de Triskalia assument leurs responsabilités, écoutent les victimes et acceptent, comme cela leur a été proposé à maintes reprises, de les indemniser à la hauteur des préjudices qu’ils leur ont fait subir.

Il y a urgence, car la politique du mépris et de l’entêtement est suicidaire pour la coopérative. C’est d’ailleurs ce que pense une majorité de salariés et d’agriculteurs, qui ne veulent plus subir la double peine. Non responsables des turpitudes de la coopérative, ils ne veulent plus devoir comme aujourd’hui, répondre, par obligation, à l’appel au secours de ses dirigeants.

Il est grand temps que les dirigeants de Triskalia se ressaisissent et changent de pratique, pour sortir de l’impasse dans laquelle ils se sont enfermés, car sinon ils devront assumer les conséquences qu’impliquent inévitablement la dégradation de l’image de l’agriculture et de l’agroalimentaire en Bretagne.

Il n’est jamais trop tard !

Saint Brieuc le 4 septembre 2018

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Article publié le 4 septembre 2018


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