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Actualités internationales

Rencontre à propos du mouvement ouvrier libanais - 30 mars Paris

L’Union syndicale Solidaires organise, le samedi 30 mars de 14h30 à 16h30, au 31 rue de la Grange-aux-Belles (métro Colonel Fabien ou J. Bonsergent), une rencontre avec Joseph Daher à propos du mouvement ouvrier libanais. Le titre correspond à un chapitre de son livre Le Hezbollah, un fondamentalisme religieux à l’épreuve du néo-libéralisme.

Le mouvement ouvrier libanais n’est sans doute pas ce qui est le plus connu dans le milieu militant français ; une occasion de découvrir, apprendre, comprendre…. et aussi discuter du travail commun possible, même si cette partie renvoie à des contacts ultérieurs avec les organisations concernées.

Extrait de l’introduction du livre :

Le chapitre 5 traite de l’orientation du Hezbollah à l’égard du mouvement ouvrier libanais. En abordant l’histoire du mouvement syndical durant la période de la guerre civile, il examine les diverses contestations sociales et ouvrières qui ont perduré des années 1990 à aujourd’hui. Le chapitre montre comment les forces politiques bourgeoises et confessionnelles, redoutant les capacités de mobilisation de la Confédération générale des travailleur·euses libanais·es (CGTL) – la principale confédération syndicale –, l’ont progressivement affaiblie et subordonnée à leurs intérêts. Nous analyserons ainsi le comportement du Hezbollah envers les revendications économiques, les grèves et l’organisation des travailleur·euses. Le chapitre établit le lien entre l’analyse de l’économie politique des chapitres 2 et 3 et l’analyse socio-politique du chapitre 4. Il offre ainsi une illustration des tensions nées dans l’organisation, résultant de son affirmation à représenter les luttes et les besoins des couches paupérisées de la population chiite, concomitamment à son changement de base sociale.

Extrait du chapitre 5 :

[…] Lors d’une autre conférence, en octobre 2013, réunie pour discuter de la question de la CGTL, des militants syndicaux et politiques ont également défendu la perspective de fonder un mouvement syndical indépendant, combatif et démocratique comme alternative à la confé­dération existante (Al-Hajj, 2013). Charbel Nahas a déclaré à cette occasion que « la direction de la CGTL n’était rien de plus qu’un agent des milieux d’affaires » et que « son rôle était de maintenir le couvercle sur le mouvement ouvrier et d’accepter les concessions les unes après les autres » (Al-Hajj, 2013). Ghassan Sleibe a souligné que la grande majorité des responsables de la CGTL étaient liés à des partis politiques confessionnels qui paient leurs salaires. Dans la plupart des cas, a-t-il ajouté, « ils n’appartiennent même pas au secteur qu’ils représentent et donc sont extrêmement peu à même de représenter la base » (Al-Hajj, 2013).

L’opposition montante à la politique de la confédération s’est expri­mée à l’occasion des défilés du 1er mai devant le siège de la CGTL dont les murs étaient recouverts du slogan « Le peuple veut renverser la confédération ». Une campagne de graffitis menée par de jeunes mili­tants de gauche dans les rues de Beyrouth a été organisée le 1er mai 2012 pour exprimer leur rejet de la CGTL, « un traître qui ne repré­sente pas les intérêts des travailleur·euses mais ceux du gouvernement » (Al-Kantar, 2013).

Plusieurs initiatives ont eu lieu pour encourager la création d’un mou­vement ouvrier démocratique et indépendant : des appels à la trans­formation du CCS en une fédération indépendante comme prélude à la création d’un mouvement ouvrier indépendant et démocratique ; la création d’un syndicat indépendant chez Spinneys, l’une des plus grandes chaînes de supermarchés, initiative qui est considérée comme une première devant être étendue à tous les secteurs ; la démission offi­cielle de la Fénasol de la CGTL et son appel à la création d’un syndicat indépendant et démocratique ; en décembre 2014, six travailleur·euses ont demandé au ministère du travail de former un syndicat pour les domestiques.

À l’exception de la démission de la Fénasol, ces initiatives ne se sont cependant pas concrétisées jusqu’à aujourd’hui en raison des refus et de la répression de l’État libanais […]



Article publié le 19 mars 2019