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Actualités internationales

Rencontre avec des représentant-e-s du camp de réfugié-e-s de Langadikia

L’auto-organisation plutôt que la charité dirigée

Le camp de Langadikia accueille essentiellement des réfugies en provenance d’Irak et de Syrie, plus d’un millier à son ouverture. Il est situé dans une ancienne base militaire. A la différence d’autres dispositifs « d’accueil » des migrants-es, comme certains en France, la liberté de circulation hors du camps et très limitée et en tous cas contrôlée. A l’ouverture du camp, les autorités locales ont confié à des ONG la « gestion » des affaires courantes liées à la vie dans le camp. Les représentant-e-s des exilés se sont très vite heurtés à une attitude autoritaire des membres des ONG alors qu’ils rappellent que parmi elles et eux se trouvent des médecins, infirmiers, enseignant-es ingénieurs... à même d’organiser eux-mêmes les soins, la logistique, et l’enseignement à l’intérieur du camp . Ce qu’elles et ils ont fait. Ils ont organisé une école, une priorité pour les enfants qui ont subi les horreurs d’une situation de guerre et un dispensaire. Ainsi qu’une cellule de soutien psychologique. Pour le dispensaire, ils ont pu compter sur l’aide du dispensaire autogéré de Thessalonique. Il a fallu batailler avec les ONG pour organiser tout ça car la seule forme d’autogestion qu’on voulait bien leur accorder était le nettoyage du camp.. Une des situations difficiles et souvent négligée pour les réfugiés parqués dans des camps est l’attente, interminable, avant de pouvoir éventuellement poursuivre leur trajet vers d’autres pays. Il y a beaucoup de femmes seules dans le camp. Certaines femmes, à la fois pour se donner une occupation et gagner de l’argent, se sont mis à produire des cahiers pour les enfants du camps puis des objets artisanaux. Elles ont organisé des expositions. Ces objets ont commencé à se vendre en dehors du camp et à devenir une source de revenu pour ses habitant-es. Quand les autorités de Thessalonique l’ont appris elles ont exigé que leur sont versées les taxes correspondantes. Alors qu’en principe elles limitent drastiquement la circulation des réfugiés...
En France, on présente souvent la cohabitation, en Grèce, comme étant plus pacifique entre les habitant-e-s des lieux où sont installés les camps et les réfugiés. La réalité est plus complexe. D’abord l’afflux soudain de réfugié-e-s à proximité de petites localités génère inévitablement des problèmes. Surtout dans un pays touché de plein fouet par les politique « d’austérité » de l’UE. Néanmoins, les réfugié-e-s témoignent d’une cohabitation plutôt pacifique et même d’une entente. Les habitant-es de la localité ont proposé des dons spontanément, vêtements, médicaments.. La possibilité de vendre leurs productions ou de l’échanger a créé une forme de solidarité, toutes proportions gardées.
Enfin, l’auto-organisation au sein du cas par celles et ceux qui l’habitent, selon leur témoignage, est aussi un moyen de limiter l’influence des passeurs et de leur tentative d’y étendre leur influence.

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Article publié le 24 novembre 2016