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Réorganisation montagne : retour sur 4 années de mobilisation du personnel !

Réorganisation montagne : retour sur 4 années de mobilisation du personnel !

Depuis le début des années 90 où s’achevait la départementalisation de Météo-France, l’établissement n’avait plus ouvert une seule implantation en Hexagone. Au contraire, depuis 2011 les fermetures se sont enchaînées et se poursuivent encore malgré un conflit entamé en 2008.

L’objet de ce communiqué est à la fois d’informer sur la finalité mais également sur le chemin à parcourir pour qu’une action militante puisse aboutir à un résultat proche des revendications des personnels impliqués dans un dossier.

Le dossier montagne est ouvert depuis la précédente réorganisation (2012-2016). En 2016, depuis plus de 4 ans maintenant, il est rentré dans une nouvelle phase de lutte qui a suscité une implication et une persévérance qui méritent, pour mémoire, un rappel des étapes qui ont jalonnées ce dossier, et permis d’arriver aujourd’hui à un résultat.

2016

La Direction de Météo-France annonce une nouvelle réorganisation territoriale, décidant, « pour simplifier », que personne ne sera obligé de quitter physiquement son lieu de travail mais que toutes les implantations territoriales fermeront d’ici 2022, à l’exception de quelques centres thématiques.

Hiver 2016 – 2017

Un long combat alpin, notamment à Chambéry, s’achève. Les CDM à activité montagne de Chambéry, Nice, Pau et Saint-Girons sont fermés. La prévision montagne-nivologie se réorganise tant bien que mal sur les centres restant avec parfois la participation à distance d’agents dont les centres départementaux ont fermé. Une certaine Transpyrénées à ski est réalisée par une bande de copains…

Eté 2017

Frédéric Atger est missionné par le PDG de l’époque pour réorganiser l’activité montagne-nivologie de Météo-France

Automne 2017

Frédéric Atger effectue une tournée des centres montagne pour présenter les grandes lignes de son projet. Des pans de son diagnostic sont partagés mais les pistes envisagées sont très loin des attentes des prévisionnistes montagne, des nivologues et des enjeux pour la sécurité des personnes et des biens.

Hiver 2017 – 2018

Un long combat des personnels s’amorce, tant dans les Alpes que dans les Pyrénées : des élus se plaignent en Savoie et Haute-Savoie, à Météo-France, des actions et grèves ponctuelles et locales de nivologues sont organisées.

Printemps 2018

Publication du rapport « Atger » sur la refonte de la prévision montagne-nivologie. Aucune des grandes lignes du projet de Météo-France n’a bougé. Le rapport préconise la centralisation de la nivologie sur Grenoble (pour les Alpes) et Tarbes (pour les Pyrénées), suggère même une centralisation totale à Grenoble à terme, et s’accompagne d’une réduction drastique des effectifs dévolus à cette activité (15 ETP pour les Alpes et 6 ETP pour les Pyrénées).

Le mécontentement des élus alpins, relayé par la voie préfectorale, remonte jusqu’au ministère de tutelle de Météo-France qui déclenche la mission du CGEDD (Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable) dite « Marbouty ». Cette mission porte sur le volet prévision nivo-météorologique du projet AP2022 de Météo-France, spécifiquement sur les Alpes du Nord.

Une plate-forme revendicative (implantations, effectifs, méthodes et outils) est construite par les nivologues mobilisé·e·s. Un courrier est adressé à Dominique Marbouty.

Une conciliation a lieu suite aux actions et grèves des nivologues durant la saison 2017-2018. Des experts Alpes et Pyrénées exposent les revendications.

Hiver 2018 – 2019

La direction dialogue et tente d’apaiser mais sans transiger sur les grandes lignes. Les actions des nivologues se multiplient : grèves, courriers aux élus et aux acteurs de la montagne, rencontres physiques et téléphoniques avec les élus, communiqué de presse, interviews, vidéo-fiction des résultats d’une diminution des moyens alloués à la PRA (Prévision du Risque d’Avalanches), etc.

Eté 2019

Les actions, les communications et échanges avec les élus se poursuivent. Mais s’ils commencent à porter leurs fruits au niveau de la popularisation de la problématique montagne à tous les niveaux, le poids et le traitement des Pyrénées diffèrent de celui des Alpes…

Un certain Jean-Marc Lacave est débarqué du bateau Météo-France. L’histoire ne dit pas le poids du dossier montagne dans son baluchon ...

15 octobre 2019

Le sujet est évoqué en CTEP en présence d’experts. Des avancées se font jour dans les discussions depuis l’arrivée de la nouvelle PDG. Cette dernière a mandaté, dès sa prise de fonction, une mission interne montagne qui veut « redéfinir la position stratégique de Météo-France... ». Les lignes bougent : http://www.solidaires-meteo.org/Montagne-ou-en-sommes-nous.html

Hiver 2019 – 2020

Aux actions classiques s’ajoute la menace de « raccrocher les skis » et l’exécution locale de ces menaces, ce qui met à mal l’organisation de la saison dans les Pyrénées. Les échanges se poursuivent entre les personnels et la mission interne. La problématique de la montagne percute celle de l’ICP, retardée mais pas suffisamment pour pouvoir identifier correctement les postes. Des postes « montagne-nivologie sans localisation géographique précise » sont proposés… De leur côté, des agents continuent de se battre, allant jusqu’à démarcher les services administratifs (en avance de phase sur la DG) pour trouver des locaux pour un éventuel centre ariégeois !

Printemps 2020

Alors que démarre la crise Covid, les Alpes bénéficient d’un rapport de mission CGEDD spécifique et d’une mission interne lancée par la PDG qui réfléchit au statu-quo pour apaiser les tensions au niveau des autorités locales.

Par contre, les nivologues pyrénéens doivent poursuivre leur bras de fer. Ils obtiennent une rencontre avec la PDG et le DS (Directeur de la stratégie, rapporteur de la mission interne). Entre le « tout-à-Tarbes » et le statu-quo, Foix est évoqué comme une piste de réflexion crédible par la PDG. La DG demande du temps en raison de l’urgence sanitaire à gérer.

Automne 2020

La Direction annonce que la tutelle valide le nouveau projet montagne proposé par Météo-France. A la clé, une révision à la hausse des effectifs prévus, le maintien des implantations alpines de Chamonix, Bourg-Saint-Maurice, Grenoble et Briançon, et 2 sites pour les Pyrénées où l’organisation de la prévision montagne-nivologie sera répartie entre Tarbes et un nouveau site de Météo-France implanté à Foix !

Les effectifs (hors encadrement) prévus pour assurer la nivologie et la prévision montagne restent à consolider mais seraient portés à 25 ETP pour l’ensemble des sites des Alpes (au lieu des 15 prévus) et à 12 ETP pour ceux des Pyrénées (au lieu des 6 prévus).

Ce qu’il reste à faire

*- Nous attendons de la Direction qu’elle répare les dégâts causés par la longueur du dossier. Les démissions et réorientations d’agents formés et toujours volontaires pour certain·e·s ont affaiblis les services.

*- L’organisation pour les Alpes du Sud nécessite d’être consolidée, et l’apport des agents de Nice pour l’observation sur les versants sud sous la responsabilité du centre de Briançon, est une base de travail qui nous semble pertinente.

*- Nous attendons également des clarifications sur l’articulation entre les prévisions montagne et la nivologie.

Au regard du contexte actuel de destruction des services publics et du projet initial de la DG, la préservation des implantations alpines et l’ouverture d’un nouveau site de Météo-France à Foix constituent des victoires pour la prévision montagne-nivologie et plus largement pour la sécurité des personnes et des biens. Mais ces victoires s’accompagnent de deux défaites : on ne peut que déplorer la fermeture à terme des centres montagne de Perpignan et Blagnac.
Solidaires-Météo retiendra que sans la mobilisation et la persévérance des acteurs de ce dossier nous aurions dû déplorer beaucoup d’autres fermetures de centres et rien que des fermetures.

Ce dossier montagne rappelle à celles et ceux qui en douteraient que l’action militante n’est pas vaine, loin de là...



Article publié le 23 novembre 2020


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