SOLIDAIRES
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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

Edito

Seules, nos luttes

Il fait bien sombre en France. Mais il n’y a rien d’étonnant à cela : les politiques menées depuis longtemps restent si semblables, quand les virages sociaux, écologiques et égalitaires, demeurent encore méprisés. Le constater n’est pas s’y résoudre. Et le score de l’extrême droite française aux élections européennes nous y oblige. Comme la « couleur » d’un parlement européen, toujours si libéral et faisant de plus en plus face à des populismes et nationalismes dangereux pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent une Europe ouverte, sociale, antiraciste, féministe et écologique.

Au sortir des élections européennes, on ne peut être surpris des résultats au vu du manque de réponses concrètes tout au long de la « campagne », eu égard aux enjeux auxquels nous sommes confrontés. Les débats n’auront en aucun cas expliqué les incidences des Traités libéraux sur la vie des travailleurs et travailleuses et de leur emploi, des directives en matière agricoles et de leurs implications sur notre santé, du dumping social et fiscal qui réduit les droits au travail et les possibilités de répartir les richesses entre les populations, de la sacro-sainte croissance économique vendue comme seule perspective de bien être, de l’intérêt des déficits publics et donc de la dette des Etats. Et encore de la capacité de l’Europe à accueillir celles et ceux qui fuient la misère, la guerre ou la répression pour ce qu’ils/elles sont, ou d’assurer des socles de droits fondamentaux pour les femmes ou les LGBT+ dans toute l’Europe... Ainsi notre engagement internationaliste doit se poursuivre, résolument, en continuant notamment à construire à cette échelle notre Réseau syndical de solidarité et les luttes. Face à la montée des populismes et des nationalismes, c’est notre choix.

Les derniers mois, notamment avec la mobilisation des Gilets Jaunes et les « réponses » données à cette colère, ont montré à quel point le capitalisme et ses défenseurs ne supportent pas la contestation. La « force publique » est armée. Et elle tire. Malgré les alertes, même de l’ONU contre l’usage excessif des armes dites « non létales » par la France. Pratique et usage insupportables jusque-là réservés aux quartiers populaires. Quant à la succession de lois répressives (et la limitation des droits à manifester sous de faux prétextes), elle fait écho aux droits collectifs attaqués dans les entreprises ou les administrations.

Notre rôle de syndicalistes engagé.es sur les terrains professionnels et interprofessionnels est encore plus important dans cette période. C’est le sens de notre participation aux mobilisations pour le climat et aux réflexions nécessaires pour l’avenir de la planète en termes d’industrie ou de consommation par exemple. Comme de nos actions, sur le terrain au plus près des travailleuses et travailleurs ou sur celui du juridique contre ce qui nous tue au travail ou met en péril notre santé et notre avenir. Ou encore de nos exigences d’égalité par la présence dans tous les territoires de services publics accessibles, de systèmes de protection sociale et de retraite améliorés...

Il nous faut donc trouver les moyens de convaincre nos collègues, en les invitant à interroger leurs conditions de travail et de vie, les lignes à bouger pour une société plus juste, plus vivable. En refusant les solutions faciles qui visent à s’enfermer : dans l’exclusion, dans le repli sur soi, dans la stigmatisation des « autres ». Nos engagements sont nombreux, ils sont quotidiens, nécessaires, indispensables. Nos luttes aussi.



Article publié le 29 mai 2019