SOLIDAIRES
Nous rejoindre Journalistes Membres
Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

Solidaires avec nos camarades de Renault Bursa en Turquie

Les revendications
En décembre 2014, le syndicat jaune Türk Metal et le MESS ont signé pour 3 ans, contre l’avis des ouvriers, une convention collective prévoyant une augmentation de 3.78 % et plus 6 % sur la moyenne des salaires par usine pour les 6 premiers mois.
Pour les 2e, 3e, 4e et 6e semestres, l’augmentation était indexée sur le taux d’inflation, avec un rajout de 3.5 % pour le 5e. Dans un pays où l’inflation est galopante et où les produits de première nécessité connaissent une augmentation à 2 chiffres, cette convention signifie une baisse du pouvoir d’achat des ouvriers, déjà amputé de 40 à 60% en 20 ans dans certains secteurs !
À la colère légitime des ouvriers, Türk Metal a toujours imposé des conventions de « trahison » en réprimant lui-même les ouvriers contestataires, qu’ils faisaient licencier.
La lutte des ouvriers de Renault Bursa
C’est un accord signé en mars dernier entre Türk Metal et l’entreprise Bosch qui a mis le feu aux poudres. Cette convention de 2 ans prévoyait en effet une augmentation plus importante des salaires. Pour les ouvriers de l’automobile, cela prouvait qu’il était donc possible d’avoir aussi une meilleure convention.
La lutte s’est organisée, mais Türk Metal n’a pas hésité à réprimer les grévistes, la direction de Renault entamant quant à elle des procédures de licenciement contre 16 « meneurs ». Les ouvriers ont immédiatement débrayé et stoppé la production, avec pour revendication principale la réintégration de leurs 16 camarades. Ils ont aussi choisi leurs propres représentants pour les négociations. Dans les grandes usines alentour, notamment chez Tofas, Moka, Coskunöz et Valeo, des débrayages ont également lieu. Par solidarité avec les ouvriers de Renault, mais aussi pour la renégociation de leurs propres salaires. Devant cette détermination, la direction de Renault a dû réintégrer
les 16 ouvriers licenciés et accepter de renégocier la convention signée avec Türk Metal. Une première victoire qui renforcé la détermination des ouvriers et donné un souffle nouveau à l’ensemble de la lutte des ouvriers en Turquie.
Le double langage de Renault
Pour renégocier cette convention, la direction locale de Renault a demandé un délai jusqu’au 20 mai, car elle voulait consulter le siège national en France. Mais dès le premier jour, elle a eu recours à des méthodes inacceptables pour tenter de briser le
mouvement. Elle a ainsi fait appel aux anciens ouvriers licenciés pour qu’ils viennent travailler avec des contrats précaires ! En bafouant le droit de grève, la direction locale de Renault montre sa conception de la négociation, et il est impossible que cette stratégie soit prise sans concertation avec la direction de Renault France.
Celle-ci doit maintenant intervenir auprès de ses filiales en Turquie pour que le droit de grève soit respecté, pour que des négociations soient menées avec les vrais représentants des ouvriers, pour qu’une nouvelle convention plus favorable soit signée !
Renault doit signer une convention plus juste !
Renault doit augmenter les salaires !
Renault doit respecter les droits des ouvriers de Turquie !
Face à ses manoeuvres, la grève s’amplifie : depuis samedi 16 mai, les ouvriers et leurs
familles campent devant l’usine et 2 autres usines de l’automobile ont rejoint le mouvement avec les mêmes revendications. C’est l’une des plus grandes grèves ouvrières du pays depuis longtemps. L’Union syndicale Solidaires, Solidaires Industrie et les syndicats SUD Renault feront tout pour la soutenir et qu’elle soit victorieuse !

Documents à télécharger



Article publié le 18 mai 2015