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Soutien aux mobilisations du Collectif Rosa Parks

Voir également notre communiqué "Nous ne sommes rien, soyons partout ! Tous et toutes dans la rue le 1er décembre"

Nous serons dans la rue avec les manifestations antiracistes lancées par le collectif Rosa Parks. Elles se dérouleront à Paris et dans plusieurs villes : Marseille, Lille Montpellier, Rennes, Angers...
A Paris, la manifestation aura lieu de Nation à République à partir de 14h.
Nous sommes engagés dans cette mobilisation depuis plusieurs mois parce que nous voulons que les discriminations cessent au travail et ailleurs et que nous luttons pour l’égalité. Ce combat est important pour l’unité dans nos luttes.

La page Facebook du Collectif Rosa Parks consacrée à cette mobilisation

http://rosaparks.webflow.io/

Préavis de grève Fp

Le préavis de Solidaires Fonction publique pour ces deux journées de mobilisation

Le tract de Solidaires "Antiracisme - Les syndicats doivent agir avec les associations"

Syndicalistes avec Rosa Parks, pour la justice et la dignité

Tribune collective.
Mardi, 13 Novembre, 2018

En France, le vendredi 30 novembre prochain, le Collectif Rosa Parks appelle toutes les victimes du racisme, toutes et tous celles et ceux qui n’en peuvent plus du racisme et des politiques néolibérales, à disparaître, notamment des lieux de travail. Et à réapparaître en manifestant le lendemain, samedi 1er décembre.

Syndicalistes, nous sommes fermement convaincu·es qu’une injustice faite à l’un ou l’une d’entre nous est une injustice faite à toutes et tous. Quelle que soit sa couleur de peau. Quelles que soient ses origines ou sa religion, réelles ou supposées telles.

C’est cette conviction, aux sources de notre engagement, qui fait que notre combat contre l’exploitation capitaliste va nécessairement de pair avec celui contre tous les actes racistes, contre les stigmatisations et discriminations, contre un système global d’inégalités racistes. L’un ne va pas sans l’autre. Ces combats doivent s’articuler pour se renforcer mutuellement.

Nous soutenons donc pleinement l’appel du Collectif Rosa Parks.

Nous sommes aux côtés de toutes celles et tous ceux qui, dans le monde du travail ou en dehors, sont opprimé·es, dominé·es, discriminé·es, du fait de leur couleur de peau, de leur patronyme, de leur supposées origines ou croyances religieuses.

Nous sommes aux côtés des migrant·es, réfugié·es et exilé·es cibles de législations racistes et des groupuscules identitaires de plus en plus décomplexés.

Nous sommes aux côtés des victimes de crimes et de violences policières, de leurs familles marquées dans leur chair par un racisme institutionnel, symptôme d’un passé colonial qui ne passe pas.

Nous sommes aux côtés de nos camarades travailleuses et travailleurs sans-papiers, de leurs grèves pour leurs droits et leur dignité.

Nous savons que le racisme frappe dans nos entreprises, nos ateliers, nos chantiers, nos services, nos administrations, dans le droit à l’emploi, qu’il produit des inégalités dans la répartition des tâches et des emplois et dans les déroulements de carrière. C’est dorénavant largement reconnu par plusieurs rapports ministériels ou du Défenseur des droits. Et pourtant rien ne bouge.

Le racisme précarise, il assigne, il humilie, il discrimine, il divise et affaiblit nos luttes.

Nous sommes persuadé·es que le combat syndical est aussi un combat contre le racisme, parce que le racisme est profondément social, parce qu’il se manifeste quotidiennement au travail pour des millions de travailleuses et de travailleurs.

Nos organisations syndicales peuvent et doivent donc faire plus et mieux pour intégrer pleinement le combat antiraciste, contre toutes les manifestations du racisme sur nos lieux de travail. Et pour cela nous devons nous en donner les moyens et les outils, ce qui veut dire aussi permettre aux premières et premiers concerné·es de s’organiser et lutter en leur nom propre, sur leurs propres revendications.

Nous appelons toutes et tous les syndiqué·es, toutes et tous les salarié·es qui se reconnaissent dans cette démarche à rejoindre les initiatives proposées par le collectif Rosa Parks les 30 novembre et 1er décembre prochain (voir sur rosaparks.webflow.io).

Nous souhaitons que de telles questions soient mises en débat au sein des structures syndicales à tous les niveaux. Tout simplement parce que notre syndicalisme se doit de prendre part à tous les combats pour l’égalité.

Premier-es signataires : Zohra Abdallah, déléguée syndicale CGT Carrefour Sevran / Jaddi Adil, secrétaire du syndicat CGT Mines-Energie Ouest Île-de-France / Verveine Angeli, Union syndicale Solidaires / Dominique Angelini, Snuipp-FSU Val-de-Marne / Benjamin Bauné, SUD éducation Paris / Grégory Bekhtari, syndicaliste FSU / Manel Ben Boubaker, SUD éducation 93 / Wiam Berhouma, SUD éducation 93 / Maxime Besselièvre, secrétaire CGT Éduc’action 93 / Daniel Blondet, CGT Éduc’action Paris / Pascal Boissel, Président de l’Union Syndicale de la Psychiatrie / Antoine Boulangé, Ferc-Sup CGT Espé Paris-Sorbonne Université / Ludovic Brumant, militant CGT / Dominique Brunet, CGT EDF-GDF Ouest Île-de-France / Nara Cladera, Union locale Solidaires Comminges / Julie Couprié, co-secrétaire départementale du Snuipp-FSU des Deux-Sèvres / Julien Cristofoli, secrétaire départemental du Snuipp-FSU de la Sarthe / Amel Dahmani, SUD Collectivités territoriales Mairie de Saint-Denis / Clara Demeure, syndicat ASSO-Solidaires Isère / Etienne Deschamps, CNT-Solidarité Ouvrière / Thomas Dessalles, CGT TEFP / Gaëlle Differ, Union locale SUD-Solidaires Saint-Denis / Frank Duport, CGT Carsat Aquitaine / Virginie Duval, syndicat ASSO-Solidaires Île-de-France / Hervé Falcetta, CGT Construction Toulouse / Béatrice Fauvinet, militante Snuter-FSU 37, Tours / Julien Fonte, militant Snuter-FSU 93, Bobigny / André Forest, secrétaire général de l’USTKE, Kanaky / Vincent Gay, militant Snesup-FSU, Université Paris Diderot / Cécile Gondard-Lalanne, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires / Kamel Guémari, délégué syndical McDo Saint-Barthélémy, Marseille / Marie Guidon, CGT TEFP 77 / Rock Hacoas, secrétaire aux relations internationales de l’USTKE, Kanaky / Hervé Heurtebize, secrétaire national du Snuter-FSU / Djamal Issahnane, CGT CCRF / Anasse Kazib, SUD-Rail Paris-Nord / Mina Kerfi, représentante en France de l’USTKE / Salim Khamallah, secrétaire général du syndicat CGT Mines-Energie Ouest Île-de-France / Christian Leblanc, SYNPTAC-CGT, UD CGT des Bouches-du-Rhône / Margaux Leduc-Leroy, SUD Santé-sociaux Paris / Jean-Yves Lesage, Livre CGT, animateur du blog des Communistes libertaires de la CGT / Carlos Lopez, secrétaire national du Snpes-PJJ-FSU / Christian Mahieux, Union départementale Solidaires Val-de-Marne / Jean-Claude Mamet, animateur du blog Syndicollectif / Zalie Mansoibou, MNCP / Alain Mathieu, CGT TEFP / Erik Meyer, Fédération SUD-Rail / Adrien Nicolas, délégué du personnel et délégué syndical CGT dans l’hôtellerie / Sonia Ollivier, secrétaire nationale du Snpes-PJJ-FSU / Lydie Palpacuer, co-secrétaire départementale du Snuipp-FSU des Deux-Sèvres / Blandine Paulet, co-secrétaire départementale du Snes-FSU Seine-Saint-Denis / Albane Pelissier, professeure en lycée professionnel, CGT éduc’action / Isabelle Petit, professeure en lycée professionnel, Snuep-FSU / Hélène Peytavi, CGT Paris / Véronique Ponvert, syndicaliste FSU / Cécile Ropiteau, syndicaliste FSU / Théo Roumier, professeur en lycée professionnel, SUD éducation Loiret / Kamta Ryam, militante Snes-FSU 93, Aulnay-sous-bois / Linda Sehili, Solidaires Finances publiques Paris / Céline Sierra, co-secrétaire départementale du Snuipp-FSU Loire Atlantique / Tony Rodriguez, délégué syndical SUD-Solidaires McDo Saint-Barthélémy, Marseille / Eddy Talbot, Fédération SUD PTT / Valérie Tavernier, co-secrétaire départementale du Snuipp et de la FSU Aveyron / Grégory Thuizat, co-secrétaire départemental du Snes-FSU Seine-Saint-Denis / Julien Troccaz, SUD-Rail Chambéry / Sébastien Velasco, CGT FAPT 95 / Ophélie Vildey, Solidaires Finances publiques / Louis Weber, ancien secrétaire national de la FSU / Sophie Zafari, syndicaliste FSU

Pour signer cet appel : syndicalistesavecrosaparks@gmail.com

Disparaitre ensemble, marcher ensemble - En soutien au Collectif Rosa Parks

(texte signé par les deux co-délégué-e général-e de notre Union syndicale)

Nous avons entendu l’appel du collectif Rosa Parks[1] porté par les héritiers de l’immigration coloniale, dénonçant la persistance du racisme structurel qui frappe notre société. Nous revendiquons d’être leurs alliés, et de joindre nos forces aux leurs : le 30 novembre, d’une manière ou d’une autre, nous disparaîtrons. Et le 1er décembre, nous réapparaîtrons et marcherons à leur côté.

Que nous soyons nous-mêmes descendants d’immigrés ou non, nous estimons que leur combat est le nôtre : comme elles et comme eux, nous sommes excédés de vivre et travailler dans un pays qui prétend se flatter de porter l’étendard d’un humanisme éclairé - "liberté", "égalité", "fraternité" - et qui, dans les faits, persécute sans relâche les plus faibles, quand il ne les tue pas dans l’ombre d’un fourgon de police, réduisant ces beaux principes à des slogans creux.

Les violences et crimes policiers se succèdent dans l’indifférence des autorités qui devraient les sanctionner et qui, au contraire, tendent de plus en plus à donner toute licence aux appareils de répression. Les migrants hantent désespérément les zones d’où la police ne les a pas encore chassés, sans que les pouvoirs publics proposent d’autre solution que de les en chasser encore, plutôt que d’élaborer les conditions d’un accueil décent. Les discriminations à l’embauche, à la promotion, au logement, à la scolarisation, s’accentuent sans que les « grands » médias y prêtent attention et sans que les gouvernements cherchent à les affronter.

Ces discriminations sont trop persistantes et trop omniprésentes pour ne pas faire système et ne pas impliquer l’État, dans ses pratiques les plus ordinaires. Non seulement celui-ci s’arrange très bien de ce vaste saccage social, qui génère tant de souffrances quotidiennes, mais il ajoute à l’inégalité de traitement la violence de la répression, qui s’abat en premier lieu sur les immigrés et descendants d’immigrés non-européens. En outre, les gouvernements successifs n’ont cessé d’alimenter les peurs et la haine susceptibles de maintenir la "menace d’un vote extrême" bien commode pour mobiliser massivement l’électorat en faveur des "partis de gouvernement" à chaque échéance où ils réclament d’être reconduits dans leurs mandats.

Ainsi se poursuit, décennie après décennie, la lente décomposition du tissu social, que les politiques d’austérité aggravent avec constance, au nom d’un prétendu équilibre budgétaire, lequel est dicté uniquement par les impératifs du marché, de la concurrence et du profit. Réforme après réforme, loi après loi, les services publics et le Code du travail sont démantelés, les contre-pouvoirs progressivement réduits à l’impuissance, les inégalités s’accroissent jusqu’à atteindre des niveaux monstrueux, et les classes populaires assignées à l’indignité de formes de vie de plus en plus dégradées et dégradantes.

Comme le souligne avec force le collectif Rosa Parks, cette situation ne peut qu’être replacée dans un contexte plus vaste où les interventions militaires des grandes puissances économiques ne sont plus même interrogées et passent pour une évidence. Pourtant, la présence militaire et la logique guerrière de ces Etats reconduisent une domination sur des peuples qui en sont les premières victimes.

Cet état des lieux nous fait honte, comme nous fait honte la criminalisation de ceux qui le dénoncent ou s’efforcent de le combattre. On voit trop bien quelle sinistre logique est à l’œuvre derrière ces dynamiques délétères : l’idée que certaines vies valent moins que d’autres. En nous joignant à la mobilisation des 30 novembre et 1er décembre, nous voulons affirmer que les vies des non-Blanc·he·s comptent, que toutes les vies ont un égal droit à la dignité, et que le premier devoir de la société est d’assurer à chacune et chacun les conditions d’une existence digne.

Les membres du collectif Rosa Parks ne disent pas autre chose ; aussi, nous disparaîtrons avec elles et avec eux le 30 novembre, nous marcherons à leur côté le 1er décembre, et nous vous invitons à vous associer, le plus nombreux possible, à cet appel.

Quelques visuels des rdv locaux

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Article publié le 30 novembre 2018