L’Union syndicale Solidaires exprime sa profonde tristesse et sa colère, et envoie ses sincères condoléances à la famille, aux ami·es et aux proches de Noahm, tué à l'âge de 19 ans.
Dans la nuit du 30 mai à Metz, Noahm a été mortellement agressé et roué de coups en raison de son expression de genre et de son homosexualité présumée par ses agresseurs. Alors que le mois des Fiertés débute, ce meurtre vient rappeler une réalité : en France, en 2026, un pas de côté hors des normes patriarcales cis-hétéronormées peut encore coûter la vie.
Au-delà des minutes de silence institutionnelles ou des hommages hypocrites au sommet de l'État, nous exigeons des actes et de la justice. Nous dénonçons le refus initial du parquet de retenir la circonstance aggravante de l'homophobie. Dissimuler la haine derrière le récit d'une simple « rixe », c'est invisibiliser la violence systémique que subissent les personnes LGBTQIA+.
Ce meurtre ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans un climat de haine décomplexée, alimenté par la montée des discours d'extrême droite, des réseaux conservateurs et des médias Bolloré qui ciblent quotidiennement les existences de celleux qu’iels ne considèrent pas dans la “norme”. Nous n'oublions pas qu'au lendemain des élections européennes, des militants néofascistes du GUD, proches de cadres du RN, s'étaient déchaînés dans les rues en affirmant vouloir « casser du PD » en attendant la victoire de leur camp.
Cette offensive réactionnaire se traduit par une explosion des agressions dans la rue, mais aussi par une violence quotidienne sur nos lieux de travail, où les discriminations et le harcèlement brisent des vies dans l'indifférence des employeurs et des institutions. Ce meurtre fait écho au suicide de Caroline Grandjean, professeure des écoles et directrice d'école dans le Cantal, poussée à bout par le harcèlement lesbophobe de parents d’élèves et par l'inaction de son administration. Au travail comme dans la rue, le silence des institutions tue.
Pour l'Union syndicale Solidaires, la lutte contre le fascisme et le capitalisme est indissociable du combat pour les droits, l'autodétermination et la sécurité des personnes LGBTQIA+. Face à la haine qui s'organise, la riposte doit être collective et syndicale.
Nous appelons l'ensemble des travailleurs et travailleuses à rejoindre massivement les rassemblements de soutien et les Marches des Fiertés partout sur le territoire.
Nous ne plierons pas, nous ne nous cacherons pas.
Justice pour Noahm et pour toutes les victimes des LGBTQIA+phobies !
Paris le 8 juin 2026