Expression Directe - Radio France - 14 mars 2026

Expression directe 14/03

Bonjour je suis Adeline Gonin de Solidaires en compagnie de Murielle Guilbert co-déléguée générale de l’Union syndicale Solidaires.

Nous sommes à une journée du 1er tour des élections municipales. Murielle Guilbert, un syndicat a-t-il un rôle à jouer en cette période d'élections municipales ?

Notre syndicalisme c’est avant tout défendre les travailleur-euses dans leur entreprise, leur administration. Mais c’est aussi se battre pour leurs conditions de vie de tous les jours. Or les choix politiques des municipalités et des communautés de communes ont des effets importants sur la vie des travailleurs et des travailleuses.

En tant que syndicat de transformation sociale, nous avons des revendications à porter sur plusieurs des sujets qui concernent les municipales :

  • Sur le coût de la vie : comme les tarifs de cantine, l’organisation et le tarif des transports en commun, ou la gestion et le coût de l'eau. Lutter pour le maintien ou la réouverture de lignes SNCF, des gares, des guichets, comme le fait Sud rail c'est aussi possible.
  • C'est aussi une écologie protectrice des travailleurs et des travailleuses qu’il est désormais impératif de mettre en place. Solidaires œuvre en ce sens avec le collectif de l’Alliance écologique et sociale notamment.
  • Solidaires lutte aussi pour l'accès à la santé, aux services publics avec Sud santé sociaux, et d’autres collectifs : l’offre de soins, de crèches, la qualité du bâti des écoles, et de la nourriture servie dans les cantines sont des sujets qui peuvent aussi ressortir de choix de politiques municipales. Mettre en place des centres de santé à but non-lucratif, lutter pour le maintien des hôpitaux, maternités, centre IVG de proximité, c'est faire reculer les déserts médicaux !
  • Le sujet de l'accès au logement de création de logements sociaux, de réhabilitation des quartiers sont aussi centraux.
  • Les communautés de communes ont aussi la charge du développement économique de la commune, qui ont effets sur le marché de l'emploi.

2/ Est-ce bien le rôle d'un syndicat de s’exprimer dans cette période électorale ?

Oui, En tant que syndicat, nous sommes indépendants des partis politiques. Nous n'appelons pas à voter pour tel ou tel parti ou candidat-e.

Mais nous portons un projet de transformation sociale, d'amélioration de la vie des travailleurs et des travailleuses dans les lieux de travail et en dehors. C'est pourquoi nous faisons entendre notre voix dans cette période.

3/ Vous pointez l'extrême droite comme une menace pour les travailleurs et les travailleuses. Pourquoi ?

Tout d’abord nous nous sommes toujours exprimé·es sur la menace de l'extrême droite qui est incompatible avec les valeurs d’égalité, de défense des libertés et de justice sociale notre syndicat. L’extrême droite, c'est la haine de l'autre, des immigrés, des musulmans et musulmanes, désignés comme boucs émissaires, l’extrême droite c’est aussi la haine des juifs et juives, des LGBTQI, des femmes, des personnes en situation de handicap.

L'extrême droite est violente, contrairement à ce qu'elle a essayé de faire croire ces dernières semaines, en inversant les valeurs et les repères.

Dans les villes déjà tenues par l'extrême droite, on a vu la privatisation et la destruction de services publics.

Les municipalités d’extrême droite attaquent les associations de solidarité, économiquement ou directement.

Elles mettent sous tutelle l'accès à la culture qu’elle réorientent vers ses idées réactionnaires, racistes ou anti-avortement. Par exemple à Hénin-Beaumont, la municipalité a mis la main sur un théâtre associatif, en évinçant celles et ceux qui le faisaient vivre et s'assurer d'une programmation conforme à ses idéaux réactionnaires. Les municipalités d’extrême droite exercent également une répression anti-syndicale importante.

Et ceci n’est pas étonnant. On le voit à l’assemblée nationale où l’extrême droite vote contre l’augmentation du SMIC, contre l’augmentation de l’ISF, et se range de fait le plus souvent du côté des grands patrons contrairement à ses discours.

Parce que Solidaires se bat pour les droits de tous les travailleurs, contre toutes les discriminations au travail, pour des droits et des services publics pour toutes et tous, à chaque élection, nous appelons à ce que pas une voix du monde du travail n'aille à l'extrême droite.

Se syndiquer, parler du travail, de la justice sociale avec ses collègues, gagner des victoires sur ces sujets, c'est aussi construire un rempart contre l'extrême droite.

Merci Murielle Guilbert.