Nouveau congé de naissance : on fait le point

L’adoption du PLFSS 2026 entérine la création d’un nouveau congé de naissance. D’une durée d’un à deux mois par parent, il s'ajoute au congé maternité et congé d’accueil de l’enfant du second parent. Il doit entrer en vigueur au 1er janvier 2026 mais dans la réalité il ne le sera pas avant le 1er juillet 2026. On fait le point.

Pour qui ?

Ce congé peut-être pris par l’un des deux parents ou par les deux, simultanément ou séparément, dans le privé comme dans le public.

Il concernera aussi la personne vivant en couple avec la mère (mariage, pacs ou union libre), qu’elle soit une femme ou un homme. En revanche, un homme vivant en couple avec le père ne devrait pas être éligible au nouveau congé, de la même façon qu’il ne peut pas bénéficier du congé paternité (voir décision du Conseil constitutionnel en août). L’Union syndicale Solidaires dénonce cette inégalité des droits.

Quand ?

Il peut être pris dans un délai de 9 mois après la naissance. Les parents d’enfants né·es ou adopté·es entre le 1er janvier et le 31 mai 2026 disposeront d’un délai jusqu'à la fin de l’année 2026 du fait du retard dans la mise en œuvre.

L’Union syndicale Solidaires demande que les parents d’enfants né·es en 2025 dont le terme était prévu en 2026 soient concerné·es comme prévu par le texte et que des solutions soient trouvées pour accélérer la parution des décrets et la mise en place du processus. Le calendrier actuel pénalise les parents d’enfants né·es entre janvier et avril, et qui ne pourront pas enchaîner le nouveau congé de naissance avec le congé maternité et le congé d’accueil de l’enfant.

La rétroactivité partielle ne répond en effet pas à toutes les situations, et notamment à la volonté de retarder le recours à un mode de garde. Il semble par exemple compliqué de prendre le congé une fois que l’enfant est en crèche.

Quelle indemnisation ?

Le montant exact de l'indemnisation doit être prochainement précisé par décret mais le gouvernement a indiqué qu'il serait de 70% du salaire net le premier mois, puis 60% pour le second. Des accords de branche ou d’entreprise peuvent prévoir de compenser la part restante. L’Union syndicale Solidaires demandera l’ouverture de discussions urgentes sur le sujet et défendra la compensation par l’employeur de la part de rémunération restante dans les branches, les entreprises et au niveau de la Fonction publique.

L’Union syndicale Solidaires revendique la rémunération complète du congé de naissance, comme des congés maternité, paternité, d’adoption et d’accueil de l’enfant.

Combien de temps ?

Chaque parent pourra prendre un mois ou deux mois – soit un total de quatre mois maximum pour les deux. Les modalités du fractionnement seront précisées par décret mais il serait possible de prendre deux mois séparément. Pour les familles monoparentales, la durée maximale ne sera pas doublée. Les deux mois peuvent être pris simultanément par les deux parents.

Mon employeur peut-il refuser?

Non. Il faudra l’informer selon des délais qui seront précisés par décret mais son accord n’est pas requis. C’est un droit.
Selon le texte adopté, le ou la salarié·e retrouvera « son précédent emploi ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente ».

Ce congé comptera-t-il pour ma retraite ?

Comme pour le congé de maternité et le congé d’adoption, ce nouveau congé pourra permettre de gagner un trimestre « assimilé » (sauf si vous gagnez déjà quatre trimestres par vos cotisations durant l’année du congé). En revanche, aucun salaire ne sera retenu dans votre dossier pour ces périodes, contrairement aux mois cotisés – ce qui peut pénaliser le montant final de la pension de base.