La Poste : la grève des plis électoraux impose le report de la réorganisation à Paris 15

Habitué à bloquer ou retarder les réorgs en utilisant le CHSCT la PPDC de Paris 15 n’en a subi que deux entre 2014 et 2024. Ce CHSCT était composé de 2 membres SUD, un CGT et un FO, la majorité SUD/CGT était uni et en capacité de répondre aux nombreuses attaques de La Poste, unité qui s’était élargi à FO ces dernières années.

L’attaque a été à la hauteur de ces années de résistance. Une nouvelle équipe de direction méprisante et incompétente a annoncé en février la mise en place d’une nouvelle organisation supprimant une trentaine d’emploi dès la prise des quartiers en avril puis vingt autres au cours des deux prochaines années, c’est bien entre 15 et 20 % des emplois qui sont menacés !

Un carnage. En plus de voir les tournées considérablement alourdies avec des découpages fait en dépit du bon sens, on se retrouve avec 70 positions de titulaires pour 140 agents sur la liste de ventes. La boîte annonce, tranquillement, que plusieurs dizaines de collègues se retrouveront sans position de travail. Il faudra entre 10 et 15 ans d’ancienneté pour avoir une position de titulaire, intolérable ! Ils seront affectés à des tournées renforts intégrés aux casiers des titulaires qui sont destinés à disparaitre d’ici deux ans. Ils n’auront pas de position de travail à leur prise de service et rouleront deux jours par semaine et à terme ils n’auront plus de poste.

Et tous les collègues précaires seront mis à la porte. Cela n’a pas abattu les agents de Paris 15, au contraire la mobilisation s’est accrue. D’abord à l’attaque de notre RPX Paul qui a été mis à pied une semaine pour avoir répondu aux provocations d’une cadre. Devant la DEX un rassemblement d’une centaine de personnes dont trente collègues de P15 étaient présents pour dénoncer cette attaque et l’attitude de la nouvelle direction.

Mais les élections ont été le moment choisi pour taper fort. Les agents de P15 avaient déjà fait grève pour le paiement des plis en 2025. Cette fois-ci c’est aussi contre la réorg qu’il a été décidé de se mobiliser. Tout a été décidé en AG et discuté avec les collègues.

Une liste de revendication a été établie et signée sous la forme d’une pétition par 152 collègues et remise en délégation de masse à la direction.

Puis dès l’arrivée des plis lundi 9 mars les collègues ont débrayé majoritairement. 70 grévistes aux plus fort de la mobilisation, un piquet de grève quotidien jamais en dessous d’une vingtaine de personnes. Une délégation a été reçu à la mairie du quinzième.

Un rassemblement a eu lieux devant la DEX pendant la réunion du CSE et des agents ont pu s’y exprimer et interpeller directement les responsables de ce massacre.

Au deuxième tour la mobilisation continue et devrait être massive. Pour l’instant les collègues de P15 n’ont obtenu qu’un report mais l’unité syndicale SUD-CGT-FO peut permettre de voter une expertise en CSE, trois réorgs ont déjà été reporté au dernier CSE grâce à P15. Le rapport de force se maintient. La mobilisation est elle-même une victoire.

Un travail de longue haleine de militants locaux rompus à la lutte, une unité syndicale solide et un collectif maintenu au long des années sont les ingrédients qui permettent à Paris 15 de continuer de résister malgré le recul qu’a été la mise en place des CSE.