Face aux arrêtés préfectoraux liberticides pris hier par la préfecture des Deux-Sèvres, nous, organisations paysannes, citoyennes, syndicales, écologistes réaffirmons le maintien de la grande mobilisation populaire contre les méga-bassines prévue les 25 26 et 27 mars.

La préfecture qui ne peut pas interdire purement et simplement une mobilisation festive, organisée avec la commune de la Rochénard, espère qu'en réduisant drastiquement notre liberté de manifester et de nous exprimer, elle endiguera ce grand rassemblement citoyen et paysan. Mais il est pour nous impensable que des milliers de personnes venues de toute la France pour la défense des éco-systèmes ne puissent cheminer ensemble samedi pour se rendre compte de l'état des cours d'eau, ainsi que du gigantisme et de l'absurdité des méga-bassines en chantier qui menacent de les assécher plus encore. Nous ne pouvons accepter que des milliers d'autres habitant.es du territoire, amoureux.ses de leurs terres et marais, ne puissent se mouvoir librement pour exprimer leur désir profond d'en prendre soin.

Interdire toute présence d'engins agricoles, symbole de l'engagement paysan dans cette lutte et dans la défense du territoire, participe de cette même volonté de décourager la mobilisation. Il est pour nous inenvisageable que les tracteurs ne puissent manifester à nos côtés.

Nous allons donc lancer ce jeudi des référés libertés contre ces arrêtés préfectoraux qui tentent d'asphyxier la mobilisation du Printemps maraîchin.

Alors que le dérèglement climatique s'aggrave et que le mouvement contre les méga-bassines prend de l'ampleur - + de 50 organisations locales et nationales ont appelé à cette mobilisation -, le gouvernement s'enferme dans une réponse uniquement répressive et continue de faire preuve d'une surdité profonde face aux enjeux écologiques et paysans.

Le seul signe d'écoute des autorités ne peut se limiter à cacher du matériel d'espionnage militaire en face de la maison du père du porte-parole du collectif Bassines Non Merci. Ce dernier a d'ailleurs porté plainte. Encore moins, d'annoncer un déploiement policier ahurissant pour créer un climat anxiogène. Nous restons serein.es et déterminé.es pour réussir l'accueil des milliers de citoyen.nes et paysan.nes qui viendront de toute la France. Nous sommes certain·es de la nécessité de nous rassembler et de stopper les projets de méga-bassines avant qu'ils ne se répandent dans le reste du pays.

Que notre parole qui exprime haut et fort notre désaccord face à l'accaparement de l'eau au profit d'un unique modèle agricole qui empoisonne les sols ne plaise pas au gouvernement en place est un fait. Mais le droit de manifester, de s'exprimer, pour des citoyen.nes et des syndicats est un droit inaliènable garanti par la Constitution. Nous sommes l'eau vive qui circule, finit par trouver sa voie et converger !

Nous appelons toutes celles et ceux qui estiment aujourd'hui crucial de penser la préservation et le partage de l'eau, à être plus nombreux·ses encore à rejoindre ce week-end de mobilisation populaire, revendicatif et festif.