Ce vendredi 12 juin 2026, le « Pacte européen sur la migration et l'asile » entre officiellement en vigueur. Fruit d'une alliance honteuse entre la droite et l’extrême-droite au Parlement européen, cet ensemble de textes organise le tri, l’enfermement de masse — y compris d’enfants dès l’âge de 6 ans avec le fichage biométrique — et le refoulement systématique aux frontières. Sous couvert de réformer la politique européenne, ce pacte attaque le droit d’asile et repose sur la suspicion, la déshumanisation et la répression.
Avec l'adoption du Règlement « Retour » c’est une véritable machine de guerre raciste inspirée des méthodes de l’ICE américain qui se met en place : ce texte allonge la durée de rétention jusqu’à 24 mois, légalise des « hubs de retour » (des prisons délocalisées hors de l’UE comme les accords passés avec l'Ouganda), et autorise les perquisitions policières à domicile sans mandat et dans les lieux associatifs où vivent des personnes migrantes. Plus grave encore : il prétend imposer aux fonctionnaires et agent·es de la fonction publique une obligation de signalement et de dénonciation des personnes en séjour irrégulier !
Cette brutalité n'est que la continuité de la politique sécuritaire que nous dénoncions déjà au début de l'année dans notre analyse de la dérive autoritaire et xénophobe.
L’Union syndicale Solidaires refuse toute logique visant à précariser davantage les personnes étrangères et à recycler les propositions rejetées de la loi Darmanin. À l’instar de nos camarades gardes-côtes de Solidaires Douanes qui refusent d'être les auxiliaires d'une répression mortifère aux frontières, Solidaires réaffirme sa position : si des directives manifestement illégales et attentatoires à la dignité humaine sont imposées aux agent·es publics, nous appellerons à la désobéissance.
Nous exigeons :
- L’abrogation totale du Pacte Asile et Migration et du Règlement « Retour ».
- L’abrogation des lois et circulaires racistes nationales comme la Loi Darmanin et la circulaire Retailleau.
- Un service public de l’asile et de l’accueil digne (logement, soins, scolarisation, accès à l’emploi), totalement indépendant et doté de moyens à la hauteur. Et des moyens pour les associations qui accompagne les personnes exilées.
- La régularisation de toutes et tous les sans-papiers et l'accès inconditionnel au droit.
Quand on attaque la liberté de circulation, c’est l’ensemble de nos libertés qui sont attaquées. Il n’y a pas de crise migratoire, seulement une crise de l’accueil ! D’où que l’on vienne, où que l’on soit né·e, nous vivons ici, nous travaillons ici, nous luttons ici !
Solidaires appelle à rejoindre les mobilisations qui auront lieu demain sur l’ensemble du territoire ce vendredi 12 juin et dans les jours qui viennent.
A Paris, Solidaires appelle à se joindre au rassemblement impulsé par la CGT avec le cadre Né·es ici ou venu·es d’ailleurs à 13h place de la République et à rejoindre la manifestation à l’appel des collectifs des Sans-Papiers d’Ile de France et de la Marche des Solidarité ce vendredi 12 juin 2026 à 17h00, place de la République.
Déclaration unitaire cadre né·es ici ou venu·es d'ailleurs
12 juin : Face aux attaques contre le droit d’asile et les personnes migrantes de l’Union européenne, mobilisons-nous ! (Déclaration unitaire)
Nos organisations appellent à une mobilisation intersyndicale et unitaire le 12 juin 2026 en réaction à l’entrée en vigueur du Pacte européen sur la migration et l’asile et pour garantir un accueil digne pour toutes les personnes migrantes !
Le Pacte européen sur la migration et l’asile, adopté officiellement le 14 mai 2024, entre en vigueur le 12 juin 2026. Sous couvert de réformer la politique migratoire de l’Union européenne et d’établir un système d’asile commun, cet ensemble de textes, en compromettant l’accès au droit d’asile et aux garanties procédurales, est inique.
Enfermement dès 6 ans, placement généralisé en procédure accélérée ou à la frontière, zone de rétention, fichage biométrique, interdiction de séjour sur le territoire européen et externalisation de l’asile sont au cœur de ces textes. Le Pacte marque ainsi une accélération majeure dans la dérive répressive des politiques migratoires de l’Union européenne et repose sur la suspicion, la déshumanisation et la répression.
Alors que les syndicats et associations alertent depuis des années sur la criminalisation constante des personnes étrangères et l’absence de moyens pour offrir des conditions d’accueil dignes, nous ne pouvons rester sans réagir devant une telle politique !
Nos organisations refusent toute logique visant à précariser davantage les étrangers vivant sur le territoire national et tendant à encore durcir les textes et recycler des propositions rejetées de la loi Darmanin de 2024.
Cette tendance répressive qui ne s’arrête pas là se retrouve dans un nouveau texte, le Règlement « Retour », qui vient d’être adopté dans sa version finale par les institutions européennes dans la continuité du Pacte et, qui avec cette version va inclure des éléments dignes de l’ICE aux Etats-Unis en autorisant des « mesures de détection » pouvant prendre la forme de descentes de police dans les domiciles privés sans mandat, d’intensification des contrôles d’immigration dans les espaces publics. Il est même question d’une obligation de signalement aux forces de l’ordre imposée aux fonctionnaires pour dénoncer les personnes en séjour irrégulier !
Nous exigeons :
- Un accès au droit inconditionnel pour toutes les personnes migrantes, à l’instar de ce qu’il devrait être pour toutes et tous.
- Des conditions d’accueil dignes pour toutes les personnes migrantes, et ce, sans privation de liberté (logement, accès aux soins, accompagnement administratif, scolarisation, accès à l’emploi).
- Un service public de l’asile à hauteur des besoins de protection et complètement indépendant de toute influence extérieure.
- Des moyens suffisants pour les associations.
- Il n’y a pas de crise migratoire, seulement une crise de l’accueil !
Nos organisations, avec le collectif né-es ici ou venu-es d’ailleurs appellent à se mobiliser, à Paris le 12 juin contre cette politique migratoire européenne indigne, répressive et dangereuse.
Le 12/06/2026 Rendez-vous à 13h00 - Place de la République
Signataires : CGT – FSU - Solidaires – UNEF – Syndicat de la Magistrature - LDH - Mrap – SOS Racisme – Femmes Egalité – CLARA – OXFAM
Le collectif né.es ici venu.es d’ailleurs
Appel de la coordination des Sans Papiers d'Ile de France, de la Marche des Solidarités, Guerre à la guerre, etc
Contre le pacte asile et migration
Contre le Règlement "Retour"

ENFERMEMENT, EXPULSION, EXTERNALISATION DES FRONTIÈRES
Ce sont les mots d’ordre des projets racistes et répressifs de l’Union Européenne : le « Pacte européen sur la migration et l’asile », qui entrera en vigueur le 12 juin, et le « Règlement retour », qui en est à l’étape des dernières négociations.
C’est l’alliance de la droite avec l’extrême-droite au Parlement européen qui a permis le vote de ces textes. Face au danger fasciste, notre riposte doit être massive !
PLUS D’EXPULSIONS, MOINS DE LIBERTÉ DE CIRCULATION :
- Allongement de la durée de rétention jusqu’à 24 mois ;
- Expulsion sur la base d’une décision prise par un autre Etat (l’Italie pourrait expulser une personne qui fait l’objet d’une OQTF en France) ;
- Toute demande d’asile peut être rejetée sans examen si la personne est passée par un pays sur la liste des “pays tiers sûrs” (Tunisie, Maroc, Kosovo...) ;
- Perquisitions de la police dans des domiciles ou lieux associatifs où vivent des personnes migrantes.
EXTERNALISATION : L’UE DÉLOCALISE LE FLICAGE ET L’ENFERMEMENT
- Enfermement des demandeurs d’asile à la frontière pendant 3 mois ;
- Expulsion de personnes vers des prisons dans des pays sans lien avec où elles vivent ou d’où elles viennent (comme les accords entre les Pays-Bas et l’Ouganda).
Ces deux textes s’inscrivent dans une politique sécuritaire inhérente au projet même de l’Union Européenne, grâce à laquelle elle s’est construite et se maintient. Ce n’est pas l’immigration qui la détruit, ce sont les politiques, le racisme et l’injustice.
D’où que l’on vienne, où que l’on soit né.es, nous vivons ici, nous travaillons ici, nous étudions ici. Quand on attaque la liberté de circulation, c’est l’ensemble de nos libertés qui sont attaquées. Alors chaque fois que l’on s’attaquera à l’un.e d’entre nous, nous nous lèverons ensemble !