Notre camarade, Jacques Denis, dit Pappy, nous a quittés ce dimanche matin 22 mai à 10h !

Pour de nombreux camarades, des militants historiques ou des plus jeunes, il était un compagnon de tous les combats politiques anti-capitalistes et syndicaux.

Il manifestait au côté des plus anciens dans les rangs du PSU, puis de la LCR, avant de trouver sa place et son identité militante au sein d'un syndicalisme de lutte et de transformation de la société. Pappy, c'était d'abord une figure du syndicat SUD PTT dans sa section des chèques postaux. Pappy c'était ensuite, dès le début, une figure de Solidaires. Il ne manquait pas un comité départemental parce que l'interpro, l'unité, le tous ensemble, était fondamental pour lui. Mais …son cheval de bataille c'était surtout les questions internationales. Au point qu'à chaque comité nous attendions ce qui était devenu sa "chronique" de fin de réunion où il nous relatait les derniers événements et luttes de Palestine, des femmes du Rojava, des Kurdes ou du Chiapas. Pour Pappy, il n'y avait pas de syndicalisme qui voulait sincèrement transformer la société sans internationalisme. Il n'y avait pas de militantisme sincère et combatif sans s'intéresser aux expériences qui, à l'autre bout de la planète, tentent de construire une société plus juste et plus humaine, des expériences qu'il fallait aider à essaimer chez nous. Pour Pappy, il n'y avait pas de peuple opprimé, où qu'il soit, dont on pouvait se désintéresser. De tout cela, c'est avec certitude que nous pouvons dire que chacun et chacune des militant·es que Pappy a croisé.e.s  lui en est reconnaissant·e, que pas un ou une d'entre nous ne serait devenu le ou la militant·e que nous sommes aujourd'hui.

Pour les plus jeunes, Pappy, c'était la bienveillance, quand il rentrait dans le local de Solidaires le premier vendredi de chaque mois, les yeux malicieux, le sourire aux lèvres, sa casquette vissée sur la tête et lançant un "salut les comiques !" aux jeunes camarades de SUD Education qui s'affairaient à tirer et massicoter des tracts. Son sourire à Pappy, c'était autant pour lui la satisfaction de voir des jeunes s'engager que pour elles et eux un encouragement à continuer. 

Pappy c'était aussi l'esprit de consensus, la conciliation. Combien de fois les inévitables engueulades en réunion s'achevaient-elles grâce à toi par une bonne rigolade. Ton humour parfois corrosif, tu l'insufflais dans toutes nos luttes et nos débats.

Quand cette saloperie de maladie s'en est prise à toi, nous avons tout de suite compris que les réunions, les débats ne seront plus les mêmes. Tu nous manquais déjà, Pappy. Quand on t'a revu dernièrement dans les manifs en soutien au peuple ukrainien, ça nous a fait du bien. Mais ton absence le premier mai dernier nous a fait comprendre que tu étais venu nous dire au revoir.

Pappy, tu vas nous manquer, tu nous manques déjà. Nous t'aimons à jamais camarade !