Retour sur la mobilisation de Carcassonne contre l'extrème droite du 6 juin 2026

Intervention de Julie Ferrua, co-déléguée générale de l'Union syndicales Solidaires

Bonjour à toutes et tous

Aujourd’hui, je prends la parole au nom de l’Union syndicale Solidaires au niveau national. Si nous sommes venu·es de partout pour nous tenir aux côtés de la jeunesse et des travailleurs et travailleuses de Carcassonne, c’est parce que ce qui se joue ici dépasse les frontières de l'Aude. Ce qui se joue ici, c'est l'avenir de nos libertés partout en France !

Ici, le couperet idéologique est tombé très vite : criminalisation de la misère par un arrêté anti-mendicité, attaques contre la culture, et menaces d'expulsion des locaux syndicaux visant la CGT, la CFDT, la FSU et Solidaires. Le message du RN est limpide : si vous contestez, on vous asphyxie, on vous retire vos locaux, on tente de vous faire taire.

Mais nous sommes là pour leur rappeler une vérité historique : les Bourses du travail n’appartiennent pas au RN. Ce sont des lieux de solidarité et de défense de celles et ceux qui bossent ! Attaquer un syndicat, c’est attaquer l’ensemble du monde du travail.

Et ce harcèlement n'est pas un cas isolé. Partout où l'extrême droite s'installe, elle applique la même recette de terreur administrative :

  • C’est le maire RN d’Hénin-Beaumont qui exclut de la fonction publique, contre l’avis du conseil du discipline, pour un et deux ans sans traitement 2 de nos camarades de SUD Collectivités Territoriales pour briser le syndicat.
  • C’est le maire RN de Carpentras qui, hier soir encore, a supprimé les subventions d'associations historiques, dont le Planning Familial, et qui annonce dans le même temps 11 nouveaux flics municipaux ! Le flicage plutôt que les droits des femmes, la répression plutôt que la santé : voilà leur projet de société !

Ici, à Carcassonne, avec la jeunesse, LDH, la Cimade, la Conf Paysanne et tout le tissu associatif et syndical nous répondons : touchez à l'un·e d’entre nous, et vous nous trouverez tous et toutes sur votre chemin !

Alors oui, certain·es voudraient nous enfermer dans des débats de gestion municipale. Mais face au fascisme qui s'installe dans nos mairies et frappe aux portes du pouvoir, nous refusons de regarder ailleurs. Nous devons nous souvenir. Nous le répèterons encore et encore l'extrême droite tue !

Cela fait déjà 13 ans que notre camarade Clément Méric a été assassiné par l'extrême droite. Le combat que portait Clément contre l'extrême droite, il l'a payé de sa vie et les condamnations de ses meurtriers n'effacent pas la peine et la rage. Pour l'Union syndicale Solidaires, se souvenir de Clément des combats qu'il menait, se souvenir de son assassinat par l'extrême droite est plus qu'un devoir de mémoire. C'est aussi un devoir de justice et d'action pour nous. C’est rappeler une réalité brute que les médias Bolloré tentent de nous faire oublier : l’extrême droite est intrinsèquement violente. Ses idées racistes, sexistes, lgbtqiphobes et anti-sociales amènent au pire !

Le combat de Clément contre le fascisme et le capitalisme qui génère la misère, c’est notre combat d'aujourd’hui dans les rues de Carcassonne. Clément est dans nos cœurs, et sa mémoire nous donne la force de ne rien céder.

Camarades, Carcassonne ne sera pas le laboratoire docile de l'extrême droite. Carcassonne sera un bastion de la Résistance ! Face à la haine, opposons-leur notre unité et notre solidarité inflexible.

On ne lâche rien, la lutte continue !

Siamo tutti antifascisti ! No pasarán !