La vague de chaleur précoce, amplifiée directement par changement climatique, frappe de plein fouet la France et les étudiant-e-s et lycéen-ne-s sont parmi les premiers à la subir. En ce moment même, Parcoursup et les épreuves du baccalauréat se tenant sous de fortes chaleurs stressent de nombreux-ses lycéen-ne-s car ceux-ci détermineront leur avenir dans l’enseignement supérieur.
Or, cette canicule impacte directement la tenue des examens, nos lycées sont délaissés et sont de vraies passoires thermiques depuis de très nombreuses années. Cela a forcé l’État à faire tenir les examens seulement le matin lorsqu’il fait plus frais. Cependant, ce choix n’a été fait que dans une logique élitiste et bourgeoise : les lycéen-ne-s en bac pro n’ont elles et eux pas vu leurs épreuves de l’après-midi être déplacées. L'État les considère donc comme de sous-lycéen-ne-s, une ségrégation claire apparaît.
La période de fin d’année est aussi ponctuée de périodes d’examens, d’oraux de fin d’année et de concours et autres processus d’admission pour les étudiant-e-s et lycéen-ne-s, ce qui les oblige à composer et travailler intensément dans une période où la chaleur se fait de plus en plus étouffante. Loin des recommandations de repos et de réduction de l’activité, c’est bien dans la période la plus chargée de l’année, et le plus souvent la plus décisive que le gouvernement délaisse de potentielles mesures nationales pour alléger la période et permettre aux étudiant-e-s et lycéen-ne-s de passer sereinement cette période et de rester en bonne santé.
De nombreuses universités sont aussi des passoires thermiques et ne peuvent être rénovées, faute de moyens, car le gouvernement resserre de plus en plus la vis sur les établissements publics, via la gestion par appels à projets ou l’augmentation des tarifs, privilégiant ainsi le financement sur fonds propres ou l’emprunt. Cette politique néolibérale fait payer aux étudiant-e-s le prix fort aussi bien l’hiver que l’été, et cela risque de s’accentuer tant que le gouvernement s’évertuera à rogner ses objectifs climatiques.
On le sait, l’été est aussi la période où nombre d’étudiant-e-s et lycéen-ne-s font des stages et/ou doivent travailler pour subvenir à leurs besoins. Or, travailler pendant les périodes de fortes chaleurs est peut être dangereux pour la santé. Nous rejoignons ainsi l’Union Syndicale Solidaires : “Quand une personne est exposée de manière prolongée à une chaleur excessive, elle peut développer des pathologies diverses : œdèmes, céphalées, spasmes, nausées, vomissements, et dans les cas les plus graves perte de connaissance pouvant conduire à la mort“.
Contre la chaleur au travail, on peut agir syndicalement : les employeurs sont légalement obligés de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des salarié-es.Macron avait annoncé la volonté de réduire la durée des vacances estivales à rebours des conclusions issues de la convention citoyenne sur les rythmes scolaires. Ce projet néo-libéral va directement faire trimer les étudiant-e-s et lycéen-nes en supprimant le droit au repos et en garantissant leur précarisation.
Une fois rentré-e-s chez elleux, les étudiant-e-s doivent aussi subir leurs logements très mals isolés. Que se soit au CROUS ou bien dans le secteur privé, ces logement ne sont pas entretenus et ne suffisent pas face aux nouveaux écarts de température causés par le changement climatique. Le gouvernement n’a ainsi pas pris sa part en ne permettant pas le financement de la rénovation des logements à la hauteur des besoins et en permettant une tension sur les logements qui force les étudiant-e-s à se loger dans des logements à DPE faibles (F, G)
Car la lutte écologiste est aussi une lutte sociale, nous revendiquons :
- Garantir un droit de retrait si la totalité des épreuves ne se tient pas dans des conditions de température décentes
- Une rénovation thermique des bâtiments d’enseignements et des logements à la hauteur des besoins
- La construction d’îlots de fraîcheur végétalisés à proximité de tous les lieux d’études
- La construction de 10 000 logements étudiant-e-s supplémentaires pour que toutes et tous puissent avoir accès à un logement