Edito

De Stonewall aux lieux de travail : L’Union syndicale Solidaires en marche pour les droits des personnes LGBTQIA+

Alors que le 17 mai approche et que commencent les Marches des Fiertés 2026, l’Union syndicale Solidaires appelle à se mobiliser pour les droits des personnes LGBTQIA+. Entre mémoire des luttes et urgences syndicales, nous rappelons que les Pride ou marches des fiertés sont nées de révoltes contre l’oppression, des révoltes qui doivent aujourd'hui gagner nos entreprises et nos administrations.

Chaque année, les cortèges colorés des Marches des Fiertés parcourent nos villes. Ces manifestations sont le prolongement d’une lutte pour la survie et la dignité, entamée il y a plus d'un demi-siècle.

Un héritage de révolte : De Stonewall à nos jours

Il est essentiel de se rappeler que la première "Pride" n'était pas un défilé, mais une émeute. Dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, un groupe de personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres se rebellent contre les forces de police venues faire une descente au Stonewall Inn, un bar gay de New York situé dans Christopher Street.

C’est cette étincelle de résistance qui a donné naissance au mouvement moderne de défense des droits humains fondamentaux pour les personnes LGBTQIA+. Pour Solidaires, cet héritage est aussi syndical : c’est l’histoire de personnes opprimées qui s’organisent collectivement pour arracher des droits face à un système qui les marginalise.

Le travail : Un bastion persistant des discriminations

Pourtant, malgré ces décennies de lutte, le monde professionnel demeure l’un des lieux où la haine s'exprime le plus violemment. Selon les rapports 2025-2026 de la Défenseure Des Droits et de SOS Homophobie, le travail est le 4ème lieu le plus recensé pour les LGBTQIA+phobies.

Le constat est : 1 jeune sur 2 (18-34 ans) a subi une discrimination lors de sa recherche d'emploi ou du déroulé de sa carrière. Qu’il s’agisse de harcèlement (49 % des cas signalés), d’"outing" forcés ou de blocages de carrière, la réalité est celle d'une souffrance au travail qui mène trop souvent à la précarité. L'Union syndicale Solidaires le rappelle : les employeurs ont l’obligation légale d’assurer la sécurité physique et mentale de tous et toutes. L’inaction est une faute.

Face à l'extrême droite, l'urgence de l'unité

Le contexte politique de 2026 renforce l'urgence de notre mobilisation. La montée de l'extrême droite, qui s'approprie le débat public, libère une parole violente et multiplie les attaques contre les personnes trans et les droits reproductifs.

Historiquement, l’extrême droite a toujours été l’ennemie des libertés : elle divise les travailleurs et travailleuses pour affaiblir notre camp social. Solidaires s'inquiète particulièrement pour les personnes LGBTI+ migrantes, cibles de politiques xénophobes qui les privent de leurs droits les plus élémentaires.

Nos revendications :

Nous ne marchons pas seulement pour la mémoire, mais pour transformer la société. L'Union syndicale Solidaires exige :

Travail et État civil

  • Le respect immédiat de l'identité : Le droit au respect du prénom et des pronoms d’usage dans toutes les entreprises et administrations.
  • Des transitions simplifiées : Le changement d’état civil libre et gratuit par simple déclaration en mairie, sans psychiatrisation ni judiciarisation.
  • Une mention "autre genre" : La création d'une mention neutre sur les documents d’identité pour sortir du binaire imposé.

Santé et Autodétermination

  • Droit des personnes intersexes : La fin immédiate des mutilations et traitements hormonaux non consentis. L'autodétermination doit être la règle.
  • Droit des personnes trans : Le remboursement à 100 % des frais médicaux de transition
  • Droits reproductifs : La PMA pour toustes, sans exclusion des personnes trans. Ainsi qu’un accès libre et gratuit aux options de préservation de la fertilité et de conservation des gamètes pour les personnes trans et intersexes.

Solidarité et Moyens Publics

  • Éducation : Des modules de formation obligatoires sur les problématiques de genre dès la formation initiale et tout au long de la carrière.
  • Service Public : Le renforcement de l’Inspection du Travail et des moyens pour les associations de lutte contre le VIH/Sida et les LGBTQIA+phobies.
  • Asile : Un droit d’asile automatique pour les personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre.

La lutte continue

Les insultes LGBTQIAphobes, même banalisées, sont les outils d'un système que nous combattons. Elles n'ont leur place ni dans nos syndicats, ni dans nos entreprises. Pour Solidaires, l’émancipation sera totale ou ne sera pas. C’est par la lutte collective que nous ferons de l'égalité une réalité sur chaque lieu de travail.