Luttes au travail

Après le PSE, à Saint-Denis, les salarié·es de AIDeS s’organisent.

Nous sommes salarié·es de AIDeS en Seine-Saint-Denis, organisé·es au sein de la section syndicale SUD Santé Sociaux.

Depuis plusieurs mois, nous faisons face à une réorganisation dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), annoncé en pleine rentrée sociale, et marquée par la fermeture du Lieu de Mobilisation de Bobigny et la centralisation des activités et de cette nouvelle masse salariale au Lieu de Mobilisation de Saint-Denis.

Présentée comme une rationalisation, cette décision a des effets concrets sur nos conditions de travail, en effet, Les temps de transport s’allongent pour certain·es salarié·es, dans un territoire déjà marqué par des inégalités de desserte.

Deux postes d’Accompagnateur·rices en Santé Communautaire ont été supprimés, dans un contexte de turn-over important, d’arrêts maladie fréquents et de tensions croissantes. Travailler en effectif réduit signifie aujourd’hui devoir gérer des situations d’urgence avec moins de moyens.

À Saint-Denis, nous accompagnons des personnes migrantes, des personnes vivant avec le VIH ou Séropos, des usager·ères·s de drogues, des chemsexseurs, des personnes en situation de prostitution, des travailleur·euses du sexe, souvent sans-papiers et précaires … Des personnes et des usagèr·e·s souvent sans régularité sur le territoire français, ou demandeur·euse·s d’asile, et souvent largement éloignées du système de santé publique.

Notre travail repose sur la confiance, la continuité et la présence. Chaque départ fragilise ces équilibres et impacte directement l’accès aux soins.

Comme l’a souligné Politis, les restructurations en cours ont des effets directs sur les publics concernés. Nous en constatons les conséquences au quotidien.

Par ailleurs, la question de la reconnaissance reste entière. L’extension de la prime Ségur à l’ensemble des salarié·es, mise en œuvre sans compensation financière suffisante, s’inscrit dans un contexte de baisse des subventions publiques et d’inquiétudes sur les financements internationaux de la lutte contre le VIH.

Cette situation contribue à une pression budgétaire accrue, dont les conséquences se traduisent notamment par des réorganisations et des fermetures de Lieu de Mobilisation et d’antennes de AIDeS.

Dans ce cadre, nous dénonçons également le fait que les postes de direction ne soient pas concernés par les suppressions d’emplois, contrairement à ce que nous revendiquons dans une logique d’équité.

Nos revendications sont claires : refuser la dégradation de nos conditions de travail et défendre une approche communautaire de la santé qui ne peut exister sans moyens humains suffisants.

Défendre nos conditions de travail, c’est défendre l’accès aux soins des personnes que nous accompagnons.

(SUD Santé Sociaux de AIDeS)