Plus Jamais ça, une alliance écologique et sociale qui se développe.

À l’origine de Plus jamais ça, 8 syndicats et associations environnementales qui, début 2020, ont lancé un appel pour la justice sociale et le climat : les Amis de la Terre, ATTAC, la confédération paysanne, la CGT, la FSU, greenpeace, Oxfam et l’Union syndicale Solidaires.

Face à l’urgence de la sortie de crise du covid et à l’opportunité de penser un monde d’après, nous avons choisi de nous allier et de faire nôtre le slogan “fin du monde / fin du mois, même combat”

Convaincu·e·s de la fausse opposition entre la préservation de la planète et la création d’emplois, entre la fin du mois et la fin du monde, nous avons décidé de porter ensemble des propositions fortes de rupture avec le système capitaliste et de nous mobiliser pour appuyer et si possible impulser des luttes de terrain.

Les causes de la casse sociale et de la destruction de l'environnement sont les mêmes : le modèle économique actuel. Il existe des alternatives au capitalisme néolibéral, productiviste et autoritaire : elles sont crédibles, désirables, réalisables et nous les défendons ensemble.

Nous avons depuis été rejoints par une vingtaine d’autres organisations qui veulent, elles aussi, participer à un projet de transformation de la société vers un modèle social, écologique, féministe et démocratique, basé sur des actions concrètes, collectives et ancrées dans la réalité des luttes.

Le fonctionnement

Plus jamais ça est une alliance entre plusieurs organisations qui ont choisi de travailler ensemble sur des projets qui nous rapprochent. Nous gardons notre identité propre et unissons nos forces pour que la transition soit sociale et environnementale, en toute indépendance des organisations partisanes. S’il existe toujours des désaccords, ce qui nous unit est bien plus important..

PJC fonctionne à plusieurs niveaux :
- Le comité de pilotage regroupe les 8 organisations fondatrices, il prend l’ensemble des décisions stratégiques.
- Le cercle élargi inclut les associations qui se sont associées aux propositions

- Les collectifs locaux portent nos propositions dans leurs luttes et impulsent de nouvelles batailles. Partout en France, des militant·es de nos organisations se sont regroupé·es pour défendre des projets locaux et faire vivre sur le terrain nos propositions et notre complémentarité. Pour créer un groupe local : contact@plus-jamais.org

Propositions concrètes pour aujourd’hui, et pour demain.

Depuis 2 ans, nous travaillons à l’élaboration de nombreuses recommandations, regroupant nos combats pour la justice sociale et écologique.

Nous avons proposé en août 2021 un Plan de rupture détaillé en 36 mesures concrètes, à mettre en place dès aujourd’hui et sur la durée. Il vient d’être envoyé en brochure dans l’ensemble des Solidaires locaux et est disponible en ligne : https://solidaires.org/Collectif-Plus-jamais-ca-Propositions-pour-un-plan-de-rupture

Nous y appelons notamment à refuser les termes du débat politique actuel pour proposer des alternatives justes. Nous défendons notamment un plan de renforcement et de développement des services publics, le partage et la réduction du temps de travail avec les 32h, la hausse des salaires, la refonte du système bancaire et fiscal, une reconversion sociale et écologique de la production agricole, industrielle et de services, pour à la fois créer des centaines de milliers d’emplois de qualité, améliorer les conditions de travail de tou·tes et cesser les activités les plus néfastes pour les populations et la planète.

Dans le rapport Pas d’emploi sur une planète morte publié en 2021, nous avons souligné la complémentarité entre lutte sociale et environnementale sous le prisme du travail, rappelant qu’il est possible et désirable, tout à la fois, de créer de l’emploi, de sauver le climat et de gagner des droits. Au fil du rapport, nous répondons à toutes les idées reçues et proposons des solutions concrètes pour commencer dès maintenant à réinventer l’économie. LE rapport : https://solidaires.org/Pas-d-emplois-sur-une-planete-morte-25-propositions-pour-sauver-le-climat-et

PJC est déjà intervenu publiquement autour de plusieurs luttes.

Chapelle-Darblay

Seule usine de France à produire du papier 100% recyclé, le site de Chapelle-Darblay prêt de Rouen a fermé ses portes en 2020 alors qu’il était rentable, conduisant à la destruction de 250 emplois et à l’émission de CO2 supplémentaires. En effet, le papier usagé doit désormais être acheminé à l’étranger pour être recyclé. Face à cette aberration sociale et environnementale, Plus jamais ça s’est associé aux travailleurs·euses pour exiger de ll’Etat le maintien de l’activité. Nos 8 organisations se sont notamment retrouvées devant Bercy en avril 2021 pour défendre Chapelle-Darblay et une économie locale, bénéfique pour l’emploi et le climat. Pour qu’industrie rime avec écologie, il faut arrêter la délocalisation et sauvegarder des projets novateurs comme Chapelle-Darblay !

GrandsPuits

Grandspuits est une raffinerie historique de Total en Seine-et-Marne. La multinationale a décidé de fermer le site en 2020, supprimant près de 700 emplois sous couvert d’une pseudo reconversion verte. Solidaire avec les raffineurs·euses de GrandPuits, Plus jamais ça a co-organisé plusieurs rassemblements, en particulier pendant la grève menée par les salarié.es, pour dénoncer le greenwashing et la casse sociale de Total. Avec elleux, nous travaillons à la construction d’un plan alternatif pour une reconversion sociale et environnementale et soutenons leur plainte contre le PSE. Il est inacceptable que des multinationales comme Total justifient la destruction d'emplois sous couvert d’une fausse transition et d’une prétendue lutte contre le changement climatique !

En plus de ces deux grandes actions emblématiques, PJC soutient des initiatives qui vont dans le bon sens, comme la Coop des Masques en Bretagne (voir l’article dans le numéro 97 d’Expressions Solidaires).

Pour les mois à venir, PJC a déterminées trois priorités d’action :

1/ Contre les inégalités et pour financer la rupture écologique et sociale

Les profiteurs de la crise se sont enrichis de manière indécente, les versements de dividendes sont considérables. Et ces richesses accumulées, en grande partie via les aides publiques, qui alimentent une consommation écocide démontrent que des ressources existent pour financer la rupture écologique et sociale, un nouveau statut des salarié.es protecteur pour engager la transition écologique, des services publics répondant aux besoins de la population en lien avec les mesures que nous portons.

2/ Droit à l’alimentation pour tou.tes, promouvoir une agriculture paysanne et les circuits courts.

Cet axe fait écho aux remontées des Collectifs locaux très intéressés par cet enjeu, d’articuler écologie et social, besoins immédiats et modèle de société future... Il pourrait être relié aux batailles sur les mégabassines, pour une agriculture paysanne, pour des circuits courts...voire sur des enjeux de service public (cf restauration collective).

3/ Le reste à charge : fin du monde et fin de mois

Il s’agit d’articuler les besoins immédiats et une perspective d’une autre société, et de bien articuler social et écologie : il peut être question du logement, de la sobriété énergétique, des salaires....

Cette alliance à laquelle participe Solidaires est une force. Faisons la vivre pour améliorer le quotidien des travailleuses et des travailleurs, pour servir de point d'appui pour transformer les choses en profondeur.