Syndicalisme et politique?

Cette question à quelques semaines de l’élection présidentielle est récurrente, et un numéro spécial des Utopiques sortira prochainement et approfondira ce sujet. En attendant, voici quelques constats et réflexions sur le rapport de Solidaires aux élections et partis politiques.

Pour Solidaires, la référence à la Charte d’Amiens de 1906 reste fondamentale : elle assigne un double objectif et une exigence au syndicalisme : la défense des revendications immédiates et quotidiennes et la lutte pour une transformation d’ensemble de la société, et tout ceci en toute indépendance des partis politiques, de l’Etat et des patrons.

Solidaires, par exemple, ne participera pas à un meeting politique de tel·le ou tel·le candidat·e! Et aucun appel ne sera fait pour voter un·e candidat·e.
Pour autant, nous participons habituellement à des cadres où des partis politiques sont membres, ou signons des tribunes dans lesquels ils sont en soutien. Ces combats communs portent sur les thématiques que nous partageons au fond, et en période électorale, nous sommes doublement attentifs et attentives à ce que ces cadres ne soient pas détournés dans un but électoral.

Notre  autre limite intangible c’est l’incompatibilité à être pourvoyeur d’idées d’extrême droite et de se réclamer de notre Union.
Il ne s’agit pas de défiance, nous savons avoir des combats communs sur notre fond revendicatif (par exemple le cadre du 12 juin contre l’extrême droite), mais bien d’une question de crédibilité et d’indépendance pour les combats à mener par la suite, quel que soit le parti à la tête du gouvernement : on a vu à de nombreuses reprises qu’on se retrouve à combattre sur des réformes initiées, par un gouvernement qui a-priori reprend des revendications sociales que l’on porte (un des derniers exemples: le gouvernement PS qui a imposé la loi travail et réprimé violemment tout le mouvement social.)

Le syndicalisme de Solidaires marche sur les deux pieds, défense des travailleur·euses, et lutte pour la transformation sociale: c’est tout notre travail au quotidien, en profondeur, parfois incompris, ou qui suscite des débats (utiles), sur des thématiques fondamentales de répartition des richesses, de libertés publiques, d’écologie, d’anti-racisme, de féminisme, y compris avec des perspectives internationales (la politique au sens noble du terme!) qui éclaire et conscientise les adhérente·s, travailleuses et travailleurs dans la lecture des programmes politiques.