Depuis plusieurs années, l’extrême droite diffuse ses idées nauséabondes partout dans la société. Elle essaie de séduire avec des arguments dits “féministes” et une image de plus en plus féminisée. Sa politique aurait-elle changé ? Ou brouille-t-elle les pistes pour accéder au pouvoir en récupérant les sujets importants comme l’émancipation des femmes ?

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En 2017, l’extrême droite a constaté qu’il lui était difficile de s’attirer un électorat féminin si elle gardait un discours de régression sur les droits des femmes. Une nouvelle stratégie est mise en place. Marine Le Pen joue ainsi sur son image de femme moderne, qui travaille, divorcée. Elle se construit une identité dite « féministe ». Elle n’hésite d’ailleurs pas à citer Simone de Beauvoir.

Dans le même temps, les porte-parole de Génération identitaire sont quasi systématiquement des jeunes femmes, telles Anaïs Lignier ou Thaïs d’Escurfon. Ces militantes donnent une meilleure image de ces groupuscules, elles offrent une meilleure vitrine, moins agressive et plus glamour, plus lisse, que celle que pourraient donner de vieux militants identitaires, passés par le GUD, par Unité radicale (des formations connues pour leur violence), ou par la mouvance skinhead d’extrême droite. Cela ne signifie pas pour autant qu’elles sont là uniquement pour faire de la figuration ou pour changer l’image de ces groupuscules, au contraire. Elles sont convaincues des idées d’extrême droite et agissent. Et c’est dans cette mouvance qu’apparaît le groupe Némésis qui porte l’idée selon laquelle l’immigration serait «un frein à l’épanouissement des femmes en Europe». Le mouvement, créé à la suite de #MeToo et de la prétendue agression par un migrant d’une jeune femme à Calais en 2019, s’est construit sur «l’invisibilisation des violences faites aux femmes par les immigrés» et revendique «la préservation de la femme blanche face à la menace des hommes dits extra-européens.»

Dans de nombreux pays c’est cette même technique qui est utilisée. Tout·es se portent en défen- seurs·es de la sécurité des femmes et de la famille nucléaire hétéro-normée à des fins suprémacistes, nationalistes, racistes, xénophobes, islamophobes, transphobes, lesbophobes, homophobes, et certainement pas féministes.

Leurs objectifs sont toujours les mêmes et opposent des blocs présumés homogènes, d’un côté la civilisation européenne paienne et permissive contre un monde arabo-musulman considéré comme patriarcal, réactionnaire et misogyne. Leur discours est donc faussement progressiste et laïque et purement réactionnaire. Pour l’extrême droite, les ennemi des femmes, ce sont les musulman·e·s, les “immigré·e·s” ou sup- posé·e·s comme tel·le·s mais aussi la “théorie du genre” (tentatives de censure et de pression de l’école à la fac, recrudescence des violences extrémistes contre les LGBTI+ depuis la Manif pour tous) et celleux qu’elle nomme “les transactivistes”.

A Solidaires nous le redisons : l’extrême-droite est l’ennemi des femmes et des personnes LGBTI +.

Les idéologies d’extrême droite essentialisent les femmes, prétendent à une crise de la masculinité et veulent reconquérir l’idée de l’homme et de la femme comme biologiquement différenciés et lier cette différence naturelle à des préceptes divins, dont ils font un étendard. Ces différences naturelles seraient bien sûr liées à une certaine image de la femme comme celle qui prend soin, qui est fille puis mère, et liée aussi à une certaine image de la famille comme famille traditionnelle hétérosexuelle, où les fonctions sont réparties selon les sexes. C’est donc la négation du genre comme construction socioculturelle et l’affirmation de celui-ci comme réalité naturelle, ce qui est le précepte même du patriarcat! Cette idéologie s’incarne avec violence : stages virilistes, plaidoyers natalistes, tabassage d’une militante antiraciste au meeting de Villepinte, etc.

L’extrême-droite est aussi profondément transphobe et considère les discriminations per- sistantes contre les personnes trans comme allant de soi. En cette année électorale, notre vigilance et notre solidarité doivent être accrues.

L'extrême droite est l'ennemi des personnes LGBTI+

Être féministe, c’est se battre pour toutes les femmes, peu importent leur nationalité, leur religion, leur couleur de peau, leur orientation sexuelle, leur classe sociale. Être féministe, ce n’est pas stigmatiser une catégorie de la population, et notamment la plus précaire, la plus vulnérable.

Toustes soyons uni·es contre le fascisme et l’extrême droite, contre les masculinistes, contre la haine envers les femmes, les étranger-es, les personnes LGBTI+ !

Pour rappel Solidaires se bat contre le patriarcat, les LGBTphobies, exige une éducation non sexiste dès l’enfance, une politique de régularisation des sans-papiers, l’abrogation de la loi dite Séparatiste, la fin des contrôles au faciès, la suppression des moyens de répression contre les migrant.es, et se bat au quotidien pour l’égalité, la solidarité internationale et le respect des droits pour toustes.