Livre
Qui a peur des vieilles ? de Marie Charrel
Il s’agit du premier essai de Marie Charrel, journaliste au Monde et romancière. L’essai tente de décrire une triste réalité : celle des femmes de plus de 50 ans qui deviennent « inutiles » à la société et au regard des hommes (ne sont plus reproductives, soi disant moins performantes dans le monde du travail suite à la ménopause et moins séduisantes dans un monde qui idolâtre la jeunesse et la beauté).
La plupart des femmes interrogées se sentent en effet invisibilisées, ignorées voire bannies et dans le même temps beaucoup d’autres se redécouvrent et découvrent une nouvelle voie dans une liberté retrouvée loin des injonctions patriarcales. Seule l’industrie cosmétique s’intéresse à elles et se gave.
A travers cet essai très documenté et sensible, Marie Charrel fait le portrait de femmes indociles et audacieuses qui, avec les années (débarrassées de leur rôle de mère, de femme qui doivent rester jeunes et belles), sont enfin libres d’être tout simplement femmes.
Film
Rue Malaga de Maryam Touzani
Maryam Touzani, réalisatrice franco-marocaine a déjà à son actif plusieurs films dont «Le Bleu du Caftan » traitant de l’homosexualité au Maroc. Aujourd’hui, elle s’attaque au sujet de la femme vieillissante mais aussi du déracinement.
Il s’agit de l’histoire d’une sexagénaire veuve issue de la communauté hispanique installée depuis plusieurs générations à Tanger qui suite à la décision brutale de sa fille de vendre l’appartement tangerois et de rapatrier sa mère à Madrid (ville et pays qu’elle ne connait pas) décide de résister.
Suite à une rencontre avec l’antiquaire à qui sa fille a vendu les meubles, elle redécouvre l’amour et surtout le désir et la sensualité. Il fallait oser filmer des corps nus vieillissants, des scènes de sexe pleines de douceur et sensibilité. Car OUI on peut encore aimer (charnellement), désirer et jouir comme le dit l’actrice principale, Carmen Maura, avec espièglerie et un naturel désarmant même à un âge avancé.
A aucun moment face à ces scènes nous ne ressentons de gêne mais plutôt une joie de vivre et une urgence à croquer la vie à pleines dents. Le tout loin des canons traditionnels de notre époque et du cinéma qui s’acharnent à véhiculer des clichés esthétiques des femmes en particulier (qui doivent rester jeunes, belles et attirantes).