Rookie Historian Goo Hae-Ryung
Thèmes : Série historique / Féminisme / Censure / Liberté de la presse / Romance / Émancipation féminine.

Rookie Historian Goo Hae-Ryung est le premier Kdrama que j’ai regardé. Et je me suis dit en le voyant :”Wahou ! la Corée du Sud prend le patriarcat à bras le corps”. Bon des dizaines et dizaines de Kdramas plus tard, ce n’est pas le cas …
Ce kdrama se distingue des dramas historiques traditionnels par son approche moderne et résolument féministe. L'histoire suit Gu Hae-Ryeong, une jeune femme brillante qui refuse les conventions de l'époque pour devenir historienne au palais royal.
Le drama aborde avec finesse des thèmes toujours pertinents aujourd'hui : le féminisme, l'inégalité entre les genres et la recherche de la vérité. L'héroïne est une figure forte et inspirante, qui fait preuve d'une détermination sans faille. Loin d'être une simple romance, l'intrigue se concentre sur sa lutte pour l'indépendance et la reconnaissance de son travail.
Bien que le prince Lee Rim soit d'abord dépeint comme naïf, son personnage évolue et devient un allié de poids, s'éloignant du cliché du sauveur. C'est une œuvre qui parle de l'autonomie des femmes, de la force des convictions et de l'importance des écrits historiques.
LGBTQIA+ 0% - Romance 70% - Féminisme 90% - Paternalisme 30% - Kimchi40 %
Le mystérieux regard du flamant rose de Diego Céspedes
Nous voilà transporté·es dès les premières images dans le désert chilien près d’une immense mine en cours d’exploitation dans les années 1980. Paysage aride, âpre et désolé comme la vie de ces mineurs loin de tout, sous-payés et travaillant dans des conditions inhumaines. Puis nous basculons dans un univers chatoyant : une maison habitée par une communauté de travestis installée non loin de la mine (et seule distraction de ce lieu pour les mineurs), qui a recueilli une jeune fille « indigène ».

Tout bascule quand le Mal apparait et que la superstition et la peur prennent le dessus. La rumeur se répand que ce mal appelé la peste se transmet par le simple regard de ces travestis, qui deviennent donc des pestiférés.
Ce film retrace le parcours très différent de deux communautés (les mineurs d’une part et les travestis de l’autre) vivant côte à côte, mais similaire dans leur misère sociale, leur solitude et leur mise à l’écart.
Le film est violent, il heurte à souhait, mais il est pourtant plein d’humanité et l’issue est une note d’espoir. Il rappelle que les gens qu’on opprime, qui sont réprouvés ou qui sont oubliés de la société devraient plutôt s’unir que s’affronter. Alors, tout deviendrait possible.
Nourrices de Séverine Cressan

Beau récit poétique autour d’un thème éminemment féminin et féministe, mais aussi mercantile : le commerce de lait maternel autorisé et organisé dans la France du XXe siècle. Le livre traite d’un sujet assez méconnu : ces femmes du milieu rural qui allaitent étaient amenées à vendre leur lait à des familles bourgeoises au détriment de leurs propres enfants qui, pour certains, mourront de faim. Non seulement elles sont sous-payées (car il y a des intermédiaires à rémunérer, des hommes bien sûr) et leur salaire est confié à leur mari.
Cela met en évidence l’exploitation des femmes de la campagne par des hommes et par leurs hommes, mais aussi un aspect plus ignoré, celui des femmes des villes qui ne pouvaient pas allaiter leur progéniture parfois pour des raisons de santé, mais aussi par souci esthétique imposé. Enfin, les maris imposaient également leurs exigences et leurs besoins : l’enjeu, pour eux, était de reprendre une activité sexuelle le plus rapidement possible.
Pour autant, l’écriture sensible de Séverine Cressan et l’histoire de Sylvaine, qui se situe dans une forêt presque magique, est un hymne à l’amour : amour maternel, mais aussi à l’amour universel.