tract pour le 1er mai co-signé par Solidaires, Sud PTT et le Collectif des travailleurs sans-papiers de Vitry-sur-Seine

Soutenons les travailleurs grévistes sans-papiers RSI, DPD et Chronopost en lutte depuis 6 mois.

Depuis fin octobre 2021, trois grèves de travailleurs sans-papiers ont démarré successivement. Ces derniers ont formé des piquets devant leurs entreprises : RSI, une société d’intérim, basée à Gennevilliers (92), DPD, filiale de La Poste pour le colis, au Coudray-Montceaux (91) et Chronopost à Alfortville (94), autre filiale colis de La Poste. Ils réclament leur régularisation auprès des préfectures qui, depuis, font la sourde oreille.

Les patrons et le pouvoir ferment les portes et manœuvrent !

Dans le Val-de-Marne, la Préfecture de Créteil a reçu une délégation le 31 janvier, mais sans retour depuis, et a refusé de recevoir les grévistes sans papiers lors de nos dernières manifestations.

Dans les Hauts-de-Seine, la préfecture de Nanterre campe dans son refus de recevoir une délégation des grévistes de RSI, qui ont pourtant obtenu de l’employeur, par la lutte, les documents (CERFAs) réclamés pour demander la régularisation. La préfecture n’accepte de communiquer qu’avec des élu-es.

Dans l’Essonne, la préfecture d’Évry tente de disloquer le groupe des grévistes de DPD. Elle a fait exécuter avec zèle, le 1er février, un arrêté d’expulsion du piquet pris par la mairie du Coudray-Montceaux. Elle régularise au compte-gouttes, selon des indications et documents que lui donne Derichebourg (sous-traitant de La Poste et DPD), documents qui par ailleurs ne nous sont pas communiqués. Elle s’assoit sur un rapport de l’inspection du travail reconnaissant la réalité du travail d’au moins 62 grévistes, et pointant les multiples pratiques illégales de Derichebourg. Un signalement a été fait au procureur de la République. Manifestement, la préfecture préfère manœuvrer avec les employeurs en vue de diviser le groupe.

La Direction des Étrangers du ministère de l’Intérieur nous a reçus le 9 février, a enregistré nos demandes, mais n’a donné aucun retour, refusant de recevoir les grévistes lors de notre manifestation du 4 mars, se justifiant par sa priorité à traiter l’arrivée des réfugiés d’Ukraine.

Le mépris pour « ceux qui ne sont rien » !

Cette attitude des préfectures face aux grèves traduit une complicité affichée du pouvoir avec les employeurs, publics ou privés, qui profitent massivement de l’exploitation du travail précaire et des travailleurs sans titre, pour s’assurer des profits colossaux basés sur la négation des droits du travail et des droits sociaux élémentaires.

Être sans papiers, c’est être contraint d’accepter les emplois les plus durs, mal ou pas payés, c’est s’exposer aux accidents du travail non reconnus et pas indemnisés, c’est renoncer aux congés payés, c’est l’absence de protection sociale (contrairement aux balivernes racistes véhiculées par l’extrême droite), c’est le licenciement par texto et l’absence de droits aux prestations chômage, c’est la crainte permanente du contrôle au faciès dans le métro, dans le bus, au coin de la rue, dans les foyers de travailleurs, c’est vivre à chaque instant avec la peur de l’expulsion...

Bien souvent, ce sont des grandes entreprises, y compris publiques ou à capitaux publics, comme La Poste, qui puisent dans ce « marché » des travailleurs sans titre, ultra précaires, pour faire baisser sans cesse les coûts de production et la masse salariale au profit des actionnaires !

Ces patrons sans vergogne masquent et diluent leurs responsabilités d’employeurs par la cascade de sous-traitance et la filialisation généralisée des activités !

Ils profitent à fond de ce système, qui développe sans cesse une armée de réserve de travailleurs sans droits, pour contourner toutes les lois sociales, toutes leurs obligations légales, et organiser un dumping social sans fin.

Cette attitude des autorités publiques face aux grévistes est en droite ligne avec le mépris de classe affiché par le pouvoir pour

« ceux qui ne sont rien », qui font pourtant tourner entreprises et services au quotidien, mais ne se voient concéder que le droit de subir et de se taire !

La façon dont l’État désorganise et liquide les services d’accueil en préfecture pour les demandeurs de papiers, maltraite ces personnes dans des procédures informatiques sans fin, le plus souvent infructueuses, témoigne aussi de ce mépris et de cette malveillance.

Face à La Pen et Zemmour, dans la campagne électorale, Macron et ses ministres se sont présentés comme les champions de la défense des libertés démocratiques.

Ce qui n’a pas empêché la police aux ordres de Lallemand et Dar- manin d’interdire le « point fixe » d’information et de collecte des grévistes sans-papiers, sur le parcours de la manifestation du sa- medi 16 avril à Paris contre l’extrême droite, de « nasser» notre regroupement au départ de la manif, puis de tenter d’interpeller des camarades sans-papiers en lutte qui distribuaient des tracts aux manifestants ! Il a fallu l’intervention des syndicalistes pré- sent-e-s pour les faire relâcher !

Nouvelle illustration, s’il en était besoin, du durcissement constant de ce pouvoir sur les droits d’expression et de manifestation !

Les grévistes sans-papiers décidés à ne plus subir, à ne plus se taire !

Leur mouvement collectif, leur solidarité et leur courage à affronter ce patronat cynique et protégé par l’État, malgré la ré- pression et la menace, est un exemple et un encouragement à re- lever la tête, à affirmer et à défendre ses revendications, à exiger ses droits, pour tous-tes les « invisibles » qui n’en peuvent plus de ce monde d’exploitation et de mépris !

Elles doivent recevoir la pleine solidarité de tous les travailleurs, avec ou sans papiers, car une victoire des plus précaires tire tou- jours vers le haut les droits de toutes et tous, c’est une victoire pour toutes et tous !

Régularisation de tous les sans-papiers ! Et dans l’immédiat le gouvernement doit régulariser les occupants des trois piquets de grève RSI, DPD et Chronopost

Pour contacter et soutenir les grévistes, venez sur nos piquets :
RSI : 10 rue de la Sablière, Gennevilliers (92),
DPD : rue du Bois de l’Ecu, le Coudray-Montceaux (91)
Chronopost : 2 chemin de Villeneuve-ST-Georges, Alfortville (94) https://lydia-app.com/collect/48135-caisse-de-grave/fr https://www.cotizup.com/sanspapiersdpd